Publié le 13 min de lecture
Faire son deuil après le décès d'un proche : quels repères peuvent aider ?
Faire son deuil ne consiste ni à oublier ni à suivre un calendrier. Souvenirs, quotidien, démarches, entourage et moments de répit peuvent évoluer de façon très différente d'une personne à l'autre.

L'expression faire son deuil peut donner l'impression qu'il existe une tâche à terminer.
Pourtant, après le décès d'une personne proche, il n'existe ni :
- délai universel ;
- bonne quantité de tristesse ;
- ordre obligatoire d'émotions ;
- moment précis où il faudrait "tourner la page".
L'enjeu est plutôt de trouver progressivement une manière de vivre avec la perte.
Les premiers jours
Les premiers jours peuvent être occupés par :
- annonce aux proches ;
- obsèques ;
- démarches ;
- déplacements ;
- appels ;
- décisions pratiques.
Certaines personnes ressentent immédiatement une grande tristesse.
D'autres fonctionnent presque automatiquement.
D'autres encore ressentent :
- sidération ;
- colère ;
- soulagement lorsque la personne souffrait ;
- fatigue ;
- peu d'émotion sur le moment.
Il n'existe pas une réaction qui prouve que l'on aimait davantage la personne.
Faut-il "affronter" son deuil en permanence ?
Non.
Les modèles contemporains du coping au deuil décrivent plutôt une alternance possible entre :
- moments tournés vers la perte ;
- moments tournés vers la reconstruction du quotidien.
Travailler, regarder un film, rire ou penser à autre chose ne constitue donc pas nécessairement de l'évitement pathologique.
Les souvenirs
Photos, messages, vêtements ou objets peuvent :
- réconforter ;
- bouleverser ;
- ne rien provoquer à un moment puis devenir difficiles plus tard.
Il n'existe pas de règle imposant :
- de tout regarder ;
- de tout ranger ;
- de tout conserver ;
- de tout supprimer.
Réécouter la voix d'une personne décédée
Un ancien message vocal peut être précieux et très émouvant.
On peut choisir :
- de l'écouter ;
- de le conserver sans l'écouter ;
- d'en faire une copie ;
- d'attendre.
Il n'est pas nécessaire de se confronter volontairement à un souvenir pour "avancer".
Photos et affaires
Choisir une photo pour un faire-part ou trier les affaires d'un proche peut concentrer beaucoup d'émotions.
Prendre une décision pratique ne signifie pas :
- choisir le souvenir parfait ;
- résumer une vie ;
- décider de la place future du défunt dans sa mémoire.
Le tri peut également être différé lorsqu'aucune urgence pratique n'existe.
Le téléphone et les traces numériques
Téléphone, messagerie, compte en ligne ou rappels automatiques créent aujourd'hui de nouvelles formes de souvenirs.
Avant d'effacer un appareil ou un compte, vérifier également les éventuelles implications :
- administratives ;
- patrimoniales ;
- familiales ;
- de sauvegarde.
Cet article n'est pas un guide juridique de succession numérique.
Les dates et fêtes
Premier anniversaire, fête des pères ou des mères, Noël, date du décès ou anniversaire du défunt peuvent rendre certains jours plus sensibles.
Cela ne signifie pas que la personne :
retombe au début de son deuil.
Les dates peuvent simplement réactiver des souvenirs et émotions.
Les réactions inattendues
Une chanson dans un magasin, un courrier au nom du défunt ou une place vide à table peuvent provoquer une émotion forte.
Il n'est pas nécessaire :
- de quitter systématiquement la situation ;
- ni de se forcer à rester pour "prouver" que l'on va mieux.
S'adapter à ce que l'on peut supporter à cet instant est suffisant.
Le regard des autres
La question :
Tu tiens le coup ?
peut être difficile.
La personne endeuillée n'a pas l'obligation de rassurer son entourage.
Elle peut répondre :
- brièvement ;
- sincèrement ;
- ou simplement dire qu'elle ne souhaite pas parler à ce moment.
Manger et dormir
Le deuil peut s'accompagner temporairement de changements dans :
- sommeil ;
- énergie ;
- appétit.
Ne pas conclure automatiquement que ces changements viennent uniquement du deuil.
Lorsqu'un symptôme :
- devient important ;
- persiste ;
- entraîne perte de poids, épuisement ou autre problème préoccupant,
un avis médical peut être nécessaire.
Continuer à parler de la personne
Faire son deuil n'impose pas d'arrêter :
- de prononcer son nom ;
- de raconter des souvenirs ;
- d'avoir des photos ;
- de penser à elle.
Le lien change parce que la personne est morte.
Cela ne signifie pas que toute trace du lien doit disparaître.
L'entourage
Le soutien peut venir :
- proches ;
- amis ;
- associations ;
- groupes de parole ;
- psychologue ;
- médecin lorsque la santé est concernée.
La personne n'a pas besoin d'attendre qu'un trouble soit diagnostiqué pour chercher un espace de parole.
Approches de bien-être
Certaines personnes recherchent :
- relaxation ;
- sophrologie ;
- activité créative ;
- art-thérapie.
Ces approches peuvent être présentées comme soutien ou expérience de bien-être lorsque leur cadre le permet.
Quand consulter ?
Une souffrance intense juste après un décès n'est pas automatiquement pathologique.
En revanche, demander de l'aide est pertinent lorsque la personne :
- n'arrive plus à assurer les activités essentielles ;
- reste extrêmement isolée ;
- présente des symptômes préoccupants ;
- voit sa situation s'aggraver ;
- souhaite simplement être accompagnée.
Pour la distinction clinique avec le trouble du deuil prolongé :
Deuil prolongé : quand consulter
Voir aussi : Étapes du deuil
Sur Holia :
Sources et références
- A Systematic Review of the Dual Process Model of Coping With Bereavement (1999-2016) (ouvre un site externe) · PubMed · PMID 31829782 (consulté le 2026-08-22)
- La santé mentale, Grande cause nationale en 2025 (ouvre un site externe) · info.gouv.fr / Ministère de la Santé (consulté le 2026-08-22)
- Stages of Grief Portrayed on the Internet: A Systematic Analysis and Critical Appraisal (ouvre un site externe) · PubMed · PMID 34925174 (consulté le 2026-08-22)
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La page dédiée à ce vécu sur Holia, et quelques guides proches pour prolonger la lecture.
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