La réponse dépend moins du nom de la technique que de ce qui est réellement fait et de la finalité revendiquée. Une ventouse sèche proposée comme simple bien-être ne doit pas être confondue avec un acte destiné à diagnostiquer ou traiter une maladie. L'Hijama humide ajoute en plus une effraction cutanée.
Pratiquer de son côté
Des kits de ventouses sèches existent pour le grand public, mais il est préférable de rester sur une aspiration modérée, non invasive et sans interprétation diagnostique. N'improvisez ni ventouses à feu ni scarification. Une douleur inquiétante ne doit pas être utilisée comme terrain d'expérimentation.
Quand se faire accompagner
Une douleur nouvelle importante, une faiblesse, des troubles neurologiques, une infection, une lésion cutanée, un traumatisme ou des symptômes généraux nécessitent une évaluation adaptée. Après wet cupping, un saignement persistant, une fièvre, une rougeur qui s'étend, une douleur profonde ou un malaise justifient également un avis médical.
Critères utiles pour choisir
- Demander explicitement si la séance utilise des ventouses sèches ou une effraction cutanée.
- Ne pas accepter une incision simplement parce que la prestation est appelée Hijama.
- Demander la qualification professionnelle réelle du praticien.
- Demander la durée et le contenu de sa formation aux ventouses.
- Vérifier si son certificat est privé ou s'il correspond à un titre réglementé.
- Ne pas considérer une formation cupping ou Hijama comme une autorisation automatique à réaliser des actes médicaux.
- Demander dans quel but les ventouses sont proposées.
- Préférer un cadre de bien-être clairement annoncé lorsqu'il n'y a pas de professionnel médical.
- Écarter une personne non habilitée qui prétend diagnostiquer une maladie à partir des marques.
- Écarter une personne non habilitée qui prétend traiter une maladie par les ventouses.
- Écarter les diagnostics de sang impur ou toxique fondés uniquement sur l'apparence du sang recueilli.
- Écarter les promesses selon lesquelles plus la marque est noire, plus le traitement est nécessaire.
- Écarter les promesses de guérison de listes très longues de maladies par Hijama.
- Écarter les affirmations selon lesquelles l'Hijama remplace un traitement médical.
- Demander comment le matériel est nettoyé et désinfecté.
- Pour tout contact avec le sang, considérer l'hygiène comme un critère indispensable et non optionnel.
- Vérifier que du matériel susceptible d'être contaminé par du sang n'est pas réutilisé sans procédure adaptée.
- Signaler anticoagulants, troubles de coagulation et anémie.
- Signaler eczema, psoriasis ou autres maladies de peau.
- Signaler opérations et blessures récentes.
- Demander comment l'intensité de la dépression est ajustée.
- Vérifier que vous pouvez demander le retrait immédiat d'une ventouse.
- Écarter un praticien qui considère une brûlure ou une douleur importante comme une réaction nécessaire.
- Demander ce qu'il recommande en cas de réaction cutanée après la séance.
- Écarter toute personne qui vous demande d'arrêter un médicament ou une rééducation.
- Pour une formation, demander le code RNCP ou RS exact lorsqu'une reconnaissance officielle ou une éligibilité CPF est revendiquée.
- Vérifier ce code directement dans le registre officiel plutôt que sur la seule publicité de l'école.
- Ne pas confondre popularité religieuse, traditionnelle ou sportive et validation clinique.
Métiers associés sur Holia
- Praticien en médecine chinoise
Pour comprendre l'utilisation traditionnelle des ventouses sèches dans un cadre MTC, tout en vérifiant les qualifications et limites professionnelles du praticien.
- Masseur bien-être
Pour une prestation non invasive clairement limitée au bien-être et sans diagnostic ni promesse de traitement d'une maladie.
- Kinésithérapeute
Pour une douleur ou une limitation nécessitant une véritable évaluation et une rééducation. L'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes indique toutefois depuis son avis de 2021 que les kinésithérapeutes ne peuvent pas proposer les ventouses.
Le cadre français mérite d'être écrit noir sur blanc. Dans son rapport sur les pratiques de soins non conventionnelles, le Conseil national de l'Ordre des médecins indique que l'effraction cutanée utilisée pour l'Hijama humide est réservée aux médecins. Le même rapport rappelle qu'une pose de ventouse découlant d'un diagnostic et destinée à traiter une maladie peut relever d'un acte médical réservé. L'article L4161-1 du Code de la santé publique sanctionne plus généralement la participation habituelle au diagnostic ou au traitement d'une maladie par une personne qui n'en possède pas les titres requis. Enfin, l'Ordre des masseurs-kinésithérapeutes a adopté en 2021 un avis indiquant que ses professionnels ne peuvent proposer les ventouses en raison de preuves jugées insuffisantes et du risque de lésions. Une attestation privée « cupping » ou « Hijama » ne contourne aucune de ces règles.