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Spermogramme : à quoi sert l’examen et comment comprendre les résultats ?
Nombre, mobilité, vitalité, morphologie, recueil et contrôle : à quoi sert un spermogramme, ce que mesurent les résultats et pourquoi un chiffre isolé ne permet pas de conclure seul sur la fertilité.

Le spermogramme est l’examen de référence utilisé au début de nombreux bilans de fertilité masculine. Il analyse plusieurs caractéristiques du sperme et des spermatozoïdes. Son intérêt est important, mais son interprétation est souvent plus nuancée qu’un simple verdict « normal » ou « anormal ». Un seul chiffre ne résume pas la capacité d’un homme ou d’un couple à obtenir une grossesse.
Le compte rendu peut contenir des termes techniques et des valeurs de référence qui deviennent vite anxiogènes lorsqu’on les lit seul. La bonne démarche consiste à regarder l’ensemble des paramètres, les conditions du prélèvement, l’histoire médicale et, si nécessaire, l’évolution lors d’un examen de contrôle.
Que mesure un spermogramme ?
Le laboratoire étudie d’abord le prélèvement lui-même, notamment son volume, puis plusieurs caractéristiques des spermatozoïdes. Selon le compte rendu, on retrouve en particulier la concentration, le nombre total, la mobilité, la vitalité et la morphologie. Ces paramètres décrivent des dimensions différentes du sperme et ne se remplacent pas les uns les autres.
- le volume du prélèvement et certaines caractéristiques physiques du sperme
- la concentration de spermatozoïdes et leur nombre total dans l’éjaculat
- la proportion de spermatozoïdes mobiles et la qualité de leur progression
- la vitalité lorsque cette mesure est indiquée
- la morphologie, c’est-à-dire la proportion de spermatozoïdes répondant aux critères observés au microscope
Comment se déroule le recueil au laboratoire ?
En France, le recueil est généralement réalisé par masturbation dans un laboratoire ou un centre disposant des conditions adaptées. L’Agence de la biomédecine recommande habituellement trois à cinq jours d’abstinence avant le prélèvement afin de faciliter la comparaison entre examens. Le laboratoire donne ses propres consignes, qui priment sur les informations générales trouvées en ligne.
Une fièvre récente ou certains médicaments peuvent modifier temporairement la fabrication des spermatozoïdes. Il est donc utile de signaler au professionnel de santé et au laboratoire les éléments qui pourraient influencer l’interprétation. Il ne faut pas arrêter un médicament de sa propre initiative pour préparer un spermogramme.
Pourquoi les valeurs de référence ne sont-elles pas un seuil de fertilité ?
Les références utilisées par les laboratoires servent à situer un résultat dans une distribution observée et à standardiser l’analyse. Elles ne tracent pas une frontière absolue entre homme fertile et homme infertile. Une grossesse dépend de nombreux facteurs, y compris du côté de la partenaire lorsqu’il s’agit d’un couple hétérosexuel, de la fréquence des rapports, de l’âge et d’autres éléments médicaux.
Le manuel de l’OMS insiste sur la standardisation des méthodes d’examen du sperme. En pratique clinique, le résultat se lit donc comme une pièce du bilan et non comme un diagnostic autonome. Une valeur sous une référence peut orienter les investigations sans permettre à elle seule de prédire si une grossesse sera ou non possible.
Que signifient azoospermie, oligozoospermie ou asthénozoospermie ?
Certains comptes rendus utilisent des mots qui décrivent le type d’anomalie observée. Une azoospermie correspond à l’absence de spermatozoïdes détectés dans l’éjaculat. Une oligozoospermie décrit une concentration ou un nombre de spermatozoïdes diminué. Une asthénozoospermie concerne la mobilité et une tératozoospermie la morphologie. Plusieurs anomalies peuvent être associées.
Ces termes décrivent un résultat biologique, pas l’identité ni la valeur d’une personne. Ils peuvent conduire à proposer un examen de contrôle ou des investigations complémentaires afin d’en rechercher la cause. Même en présence d’un résultat très perturbé, la suite du parcours se décide avec un professionnel de santé.
Pourquoi un spermogramme anormal est-il souvent répété ?
La production des spermatozoïdes varie au cours du temps et certains événements transitoires peuvent modifier un prélèvement. L’Assurance Maladie et l’Agence de la biomédecine indiquent qu’un spermogramme présentant des anomalies peut être répété pour confirmer ou non leur persistance. Le délai exact et les conditions du contrôle sont fixés par l’équipe qui suit le bilan.
Cette répétition évite de tirer une conclusion définitive d’un seul prélèvement. Elle ne doit pas être vécue comme une recherche du « bon chiffre », mais comme une étape permettant d’obtenir une image plus fiable de la situation.
Spermoculture et autres examens ne sont pas la même chose
Une spermoculture recherche notamment une infection dans le sperme. Elle ne remplace pas le spermogramme. Selon les résultats et le contexte, le médecin peut également demander un bilan hormonal, une échographie des organes génitaux, des examens génétiques ou d’autres analyses spécialisées. Tous ne sont pas nécessaires chez tout le monde.
Dans un parcours d’AMP, un test de migration-survie peut aussi être demandé afin d’évaluer le comportement des spermatozoïdes après préparation au laboratoire. Là encore, l’indication dépend du projet de soins.
À qui montrer un résultat de spermogramme ?
Le prescripteur, un médecin impliqué dans le bilan de fertilité, un urologue ou un andrologue selon les cas peut interpréter le résultat. L’objectif est de replacer les données dans l’ensemble du dossier : antécédents, examen clinique, traitements, exposition à certains facteurs, résultats de la partenaire et durée des essais lorsqu’il s’agit d’un couple.
Si la lecture du compte rendu déclenche beaucoup d’angoisse, il est raisonnable de limiter les recherches de valeurs en ligne jusqu’au rendez-vous. Le résultat mérite une explication médicale, mais la réaction émotionnelle mérite aussi d’être accueillie sans transformer le spermogramme en jugement sur soi.
Sources et références
- Organisation mondiale de la Santé, WHO laboratory manual for the examination and processing of human semen, 6e édition, 2021 (ouvre un site externe)
- Agence de la biomédecine, Les examens chez l'homme, Procréation médicale (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie, Bilan médical de l'infertilité, mise à jour 2025 (ouvre un site externe)
- Haute Autorité de santé, Santé sexuelle et reproductive, volet 2 : infertilité, exploration en première intention, 2025 (ouvre un site externe)
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