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Bore-out : définition, symptômes et différence avec le burn-out
Ennui durable, sous-charge, sentiment d'inutilité : comprendre le bore-out, ses signes possibles et ce qui le distingue du burn-out sans en faire un diagnostic automatique.

Le bore-out décrit une situation de mal-être associée à un ennui professionnel durable, une sous-charge de travail ou un sentiment d'inutilité. Le terme est de plus en plus utilisé, mais il ne doit pas être traité comme un diagnostic médical automatique.
L'INRS a consacré un article à ce risque psychosocial en décrivant un décalage chronique entre le temps de présence au travail et un faible volume d'activité. La recherche sur l'ennui professionnel montre par ailleurs qu'il peut être distingué statistiquement du burn-out, même si certaines conséquences ressenties peuvent se ressembler.
Qu'est-ce que le bore-out ?
Le bore-out est généralement associé à une sous-stimulation durable : peu de tâches, travail perçu comme sans intérêt, faible utilisation des compétences, longues périodes d'attente ou impression de ne pas avoir d'utilité sociale dans son poste.
Cela dépasse le simple fait de s'ennuyer un vendredi après-midi. Le problème apparaît lorsque cette situation devient chronique et altère progressivement le rapport au travail, l'énergie ou le bien-être psychologique.
Quels symptômes ou signes peuvent être associés au bore-out ?
Les publications disponibles décrivent surtout de la fatigue, de la lassitude, une baisse d'engagement, un sentiment d'inutilité et parfois une culpabilité liée au fait de ne pas être suffisamment sollicité. Des difficultés de concentration ou une perte d'intérêt peuvent aussi être rapportées.
Ces manifestations ne sont pas spécifiques. Une fatigue importante, une tristesse durable ou une perte d'intérêt peuvent également être liées à une dépression, un trouble anxieux, un problème de sommeil ou une autre difficulté de santé. Il faut donc éviter l'auto-diagnostic à partir d'une liste de symptômes.
Bore-out et burn-out : quelle différence ?
L'OMS définit le burn-out comme un phénomène résultant d'un stress professionnel chronique qui n'a pas été correctement géré. Le bore-out renvoie plutôt à une sous-charge et à un manque durable de stimulation ou de sens.
Les deux situations peuvent aboutir à une fatigue, un désengagement et une relation au travail très dégradée, mais leurs contextes ne sont pas identiques. Une personne peut aussi connaître une organisation paradoxale, avec beaucoup de contraintes mais très peu de travail réellement utile ou valorisant.
Bore-out, brown-out et simple ennui : faut-il tout mélanger ?
Les expressions bore-out, brown-out et burn-out circulent beaucoup dans les médias et les entreprises. Elles peuvent aider à mettre des mots sur un vécu, mais elles ne possèdent pas toutes le même statut scientifique ou clinique.
Le plus utile est de décrire précisément ce qui se passe : volume réel de travail, autonomie, intérêt des tâches, reconnaissance, possibilités d'évolution, fatigue, humeur, sommeil et effets sur la vie quotidienne.
Pourquoi le bore-out peut-il être difficile à dire ?
Dire que l'on souffre parce que l'on n'a pas assez de travail peut provoquer de la honte ou la peur de ne pas être pris au sérieux. Certaines personnes cherchent donc à paraître occupées, étirent les tâches ou cachent leurs longues périodes d'inactivité.
Ce silence peut entretenir la situation. L'INRS souligne l'intérêt du médecin du travail et des relais professionnels pour identifier les risques liés à l'ennui et envisager des évolutions.
Que faire en cas de bore-out au travail ?
Commencez par objectiver la situation : depuis quand la sous-charge existe-t-elle ? Le problème concerne-t-il le volume, le contenu, l'autonomie, la reconnaissance ou l'absence de perspective ? Garder quelques exemples concrets peut faciliter une discussion.
Selon le contexte, un échange avec le manager, les ressources humaines, le médecin du travail ou un conseiller en évolution professionnelle peut aider à explorer des changements de missions, une formation ou une mobilité. Si des symptômes psychiques ou physiques importants sont présents, un médecin peut rechercher d'autres causes et proposer une prise en charge adaptée.
Un test de bore-out suffit-il ?
Non. Des échelles de recherche sur l'ennui au travail existent et certaines ont été validées psychométriquement, mais un questionnaire ne remplace pas une évaluation individuelle. Il peut aider à structurer une réflexion, pas certifier à lui seul l'origine des symptômes.
Quand consulter ?
Il est pertinent de consulter si la fatigue devient persistante, si le sommeil ou l'humeur se dégradent, si l'on se sent durablement inutile ou bloqué, ou si la situation provoque une souffrance importante. Cela permet de distinguer le vécu professionnel d'un trouble de santé qui nécessiterait une prise en charge spécifique.
Si le problème ressemble davantage à une surcharge et à une dégradation progressive du rapport au travail, le guide burn-out : symptômes et premiers signes apporte les repères correspondants.
Sources et références
- INRS - Le bore-out, nouveau risque psychosocial ? Quand s'ennuyer au travail devient douloureux (ouvre un site externe) (consulté le 2026-08-18)
- Frontiers in Psychology (2021) - French validation of the Dutch Boredom Scale (ouvre un site externe) (consulté le 2026-08-18)
- Reijseger et al. - Dutch Boredom Scale, PubMed (ouvre un site externe) (consulté le 2026-08-18)
- Organisation mondiale de la Santé (OMS) - Burn-out an occupational phenomenon (ouvre un site externe) (consulté le 2026-08-18)
- INRS - Épuisement professionnel ou burnout (ouvre un site externe) (consulté le 2026-08-18)
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