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Bore-out : définition, symptômes et différence avec le burn-out
Ennui durable, sous-charge, sentiment d'inutilité : comprendre le bore-out, ses signes possibles et ce qui le distingue du burn-out sans en faire un diagnostic automatique.

Le bore-out décrit un mal-être professionnel associé à un ennui durable, une sous-charge, un manque de stimulation ou l'impression que son travail n'a plus d'utilité.
Le terme est utile pour mettre des mots sur certaines situations de travail, mais il faut garder une limite importante : le bore-out n'est pas un diagnostic médical standardisé. Une fatigue, une perte d'intérêt ou une baisse d'humeur ne permettent donc pas de conclure à elles seules que l'on souffre d'un bore-out.
L'enjeu est plutôt de comprendre ce qui se passe réellement dans le poste et ce que cette situation produit sur la santé.
Qu'est-ce que le bore-out ?
Dans les travaux consacrés à l'ennui professionnel, plusieurs situations peuvent se combiner :
- volume de travail durablement trop faible ;
- tâches très répétitives ou peu stimulantes ;
- compétences largement sous-utilisées ;
- longues périodes d'attente ;
- absence de mission claire après une réorganisation ;
- manque d'autonomie ;
- sentiment de ne produire rien d'utile ou de reconnu.
L'INRS a décrit le bore-out comme un risque psychosocial lié au manque d'activité et à l'ennui au travail, notamment dans des contextes de réorganisation où certains postes se vident progressivement de leur contenu.
Ce n'est donc pas simplement "ne rien avoir à faire un vendredi après-midi". Le problème est la chronicité et le retentissement.
Quels symptômes peuvent être associés au bore-out ?
L'ennui professionnel durable peut s'accompagner de :
- fatigue ;
- lassitude ;
- baisse de motivation ;
- difficulté à se concentrer ;
- procrastination ;
- sentiment d'inutilité ;
- culpabilité de ne pas avoir assez à faire ;
- désengagement ;
- irritabilité ;
- baisse du bien-être psychologique.
Des études longitudinales récentes sur l'ennui au travail retrouvent également des associations avec une dégradation de certains indicateurs de santé mentale, dont davantage de symptômes anxieux ou dépressifs.
Mais ces signes restent non spécifiques.
Une dépression, un trouble anxieux, une insomnie, un problème médical ou un burn-out professionnel peuvent provoquer des manifestations proches.
Bore-out et burn-out : quelle différence ?
Le burn-out défini par l'OMS concerne un stress professionnel chronique qui n'a pas été correctement géré. Il se caractérise par épuisement, distance mentale accrue vis-à-vis du travail et baisse de l'efficacité professionnelle.
Le bore-out part plutôt d'un problème de sous-stimulation, sous-charge ou manque de sens dans l'activité.
La distinction n'est pas toujours aussi propre dans la réalité.
Une personne peut avoir peu de tâches réellement utiles mais subir en même temps :
- une forte pression hiérarchique ;
- une obligation permanente de paraître occupée ;
- une grande incertitude sur son poste ;
- des journées longues ;
- des objectifs contradictoires.
Il est donc possible de vivre une situation à la fois pauvre en activité réelle et très stressante.
Bore-out, brown-out et simple ennui
Les termes se multiplient facilement.
Le "brown-out" est généralement utilisé pour parler d'une perte de sens ou d'une incompréhension de l'utilité du travail. Le "bore-out" insiste davantage sur l'ennui et la sous-stimulation.
Ces expressions n'ont pas toutes un statut clinique clairement défini.
Il est souvent plus utile de décrire précisément :
- combien de temps vous restez sans activité ;
- quelles tâches vous sont confiées ;
- si vos compétences sont utilisées ;
- si vous comprenez votre rôle ;
- si le problème est temporaire ou durable ;
- ce que cette situation provoque sur votre humeur, votre sommeil et votre fonctionnement.
Cette description sera plus exploitable qu'une étiquette seule.
Pourquoi peut-on être épuisé alors que l'on ne travaille "pas beaucoup" ?
Parce que fatigue et quantité de tâches ne sont pas parfaitement proportionnelles.
Passer des heures à attendre, masquer son inactivité, faire semblant d'être occupé ou travailler dans une incertitude permanente peut être psychologiquement coûteux.
L'ennui demande également de lutter contre une baisse de vigilance et peut s'accompagner de rumination.
Il ne faut cependant pas en déduire un mécanisme universel du type "l'ennui épuise le cerveau". Les effets dépendent de la situation, de la personne et de la durée.
Pourquoi est-il difficile d'en parler au travail ?
Dire "je n'ai pas assez de travail" peut sembler risqué.
La personne peut craindre :
- qu'on considère son poste inutile ;
- qu'on lui reproche son manque de productivité ;
- d'être enviée par des collègues surchargés ;
- de perdre une partie de ses responsabilités ;
- que sa souffrance soit tournée en dérision.
Certaines personnes vont donc étirer artificiellement les tâches, masquer les périodes creuses ou se rendre constamment disponibles pour donner l'impression d'être occupées.
Cette stratégie peut protéger à court terme, mais elle empêche parfois le problème organisationnel d'être visible.
Comment objectiver la situation avant d'agir ?
Pendant quelques semaines, si cela est possible sans vous exposer professionnellement, notez des éléments factuels :
- périodes réellement sans activité ;
- tâches confiées ;
- tâches supprimées après une réorganisation ;
- compétences que vous n'utilisez plus ;
- demandes de travail restées sans réponse ;
- changements de mission ;
- moments où l'ennui ou le mal-être est le plus marqué.
L'objectif n'est pas de constituer un dossier juridique mais de sortir du sentiment vague "je ne fais rien".
Une description concrète facilite la discussion avec un manager, les ressources humaines ou le médecin du travail.
Que peut-on demander à son employeur ou à son manager ?
Selon le contexte, plusieurs pistes peuvent être explorées :
- clarification des missions ;
- nouveaux objectifs ;
- redistribution de tâches ;
- formation ;
- participation à un autre projet ;
- mobilité interne ;
- augmentation de l'autonomie ;
- révision du poste après une réorganisation.
Toutes les entreprises ne pourront pas répondre favorablement, mais le problème ne peut pas toujours être résolu par une meilleure "motivation personnelle".
Si le contenu du poste est devenu objectivement vide, la réponse est en partie organisationnelle.
Quelle place pour le médecin du travail ?
Elle est importante.
Le médecin du travail peut évaluer le retentissement de la situation sur la santé et discuter des liens avec les conditions de travail.
Il ne se substitue pas à l'employeur pour redéfinir le poste, mais il constitue un interlocuteur de santé indépendant du management direct.
Si vous présentez en parallèle une forte fatigue, une insomnie, une anxiété ou une baisse marquée de l'humeur, votre médecin traitant peut également rechercher d'autres causes et proposer une prise en charge adaptée.
Un test de bore-out peut-il confirmer le problème ?
Non.
Il existe des échelles de recherche sur l'ennui professionnel, comme la Dutch Boredom Scale, qui ont fait l'objet de validations psychométriques.
Cela ne transforme pas un score obtenu sur internet en diagnostic médical.
Un questionnaire peut être utile pour structurer une réflexion ou une étude. Il ne permet pas à lui seul de déterminer pourquoi vous êtes fatigué, démotivé ou déprimé.
Quand le problème peut-il être une dépression plutôt qu'un bore-out ?
La distinction ne doit pas être faite seul à partir de la cause supposée.
Si la perte d'intérêt, la tristesse, la fatigue ou le ralentissement dépassent largement le contexte du travail et touchent également les loisirs, les relations et la vie quotidienne, une dépression doit notamment être envisagée.
De même, une anxiété importante, des attaques de panique, des troubles du sommeil sévères ou des idées suicidaires nécessitent une évaluation clinique.
Le fait que le travail ait déclenché ou aggravé la situation n'empêche pas qu'un trouble psychique puisse être présent.
Quel professionnel Holia peut aider ?
Le problème professionnel lui-même doit être abordé avec les interlocuteurs du travail, notamment le médecin du travail lorsque la santé est touchée.
Sur Holia, un psychologue peut être pertinent lorsque l'ennui professionnel s'accompagne de dévalorisation, d'anxiété, de perte de motivation, de difficultés à se projeter ou de symptômes dépressifs.
Le psychologue ne remplace pas une modification nécessaire du poste. Il peut en revanche aider à travailler les conséquences psychologiques et à clarifier les choix lorsque la situation devient bloquée.
En cas d'idées suicidaires ou de crise suicidaire, le 3114 est accessible gratuitement en France, 24 h/24 et 7 j/7. En cas d'urgence médicale immédiate, appelez le 15 ou le 112.
Sources et références
- INRS - Le bore-out, nouveau risque psychosocial ? (ouvre un site externe)
- Reijseger et al. - Dutch Boredom Scale (ouvre un site externe)
- Harju et al., 2024 - Job boredom as an antecedent of four states of mental health (ouvre un site externe)
- Boredom and engagement at work: different antecedents and consequences (ouvre un site externe)
- Organisation mondiale de la Santé - Burn-out an occupational phenomenon (ouvre un site externe)
- 3114 - Numéro national de prévention du suicide (ouvre un site externe)
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La page dédiée à ce vécu sur Holia, et quelques guides proches pour prolonger la lecture.
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