Publié le Mis à jour le 13 min de lecture
Endométriose digestive : symptômes, intestin et diagnostic
Douleurs à la défécation, troubles digestifs ou atteinte intestinale : comprendre ce que peut recouvrir l’endométriose digestive et pourquoi des symptômes digestifs ne suffisent pas à localiser les lésions.

L’endométriose peut toucher différentes structures du bassin. Lorsque des lésions atteignent la paroi digestive, en particulier le rectum ou le côlon sigmoïde, on parle souvent d’endométriose digestive ou d’atteinte digestive de l’endométriose.
Mais un point est essentiel :
avoir des symptômes digestifs lorsqu’on souffre d’endométriose ne prouve pas qu’il existe des lésions sur l’intestin.
Ballonnements, constipation, diarrhée ou douleurs abdominales peuvent aussi être liés :
- au syndrome de l’intestin irritable ;
- aux règles elles-mêmes ;
- à certains traitements ;
- à une alimentation modifiée par peur des symptômes ;
- à une autre maladie digestive.
À l’inverse, une atteinte digestive profonde peut parfois produire des symptômes relativement peu spécifiques.
Le diagnostic repose donc sur l’ensemble du tableau :
- symptômes ;
- examen clinique ;
- imagerie adaptée ;
- expertise de l’équipe.
Une fois le parcours médical engagé, Holia peut compléter certains besoins : un nutritionniste pour un accompagnement alimentaire structuré lorsque les symptômes digestifs le justifient, un psychologue si l’anxiété, l’évitement ou la peur des crises deviennent importants, un sexologue lorsque la douleur perturbe la sexualité, ou un sophrologue pour des outils complémentaires de relaxation.
Qu’est-ce que l’endométriose digestive ?
L’endométriose correspond à la présence de tissu semblable à l’endomètre en dehors de la cavité utérine.
Elle peut atteindre :
- péritoine ;
- ovaires ;
- ligaments ;
- vessie ;
- tube digestif ;
- autres structures.
Dans les atteintes digestives profondes, les localisations les plus fréquentes concernent le rectum et le sigmoïde.
L’ESHRE souligne que les lésions colorectales peuvent s’accompagner de symptômes comme :
- constipation ;
- diarrhée ;
- difficulté ou douleur à la défécation ;
- ténesme ;
- parfois saignement rectal.
Mais ces symptômes ne sont pas spécifiques de l’endométriose.
Quels symptômes doivent particulièrement attirer l’attention ?
Le caractère cyclique est souvent une information importante.
Par exemple :
- douleur à la défécation surtout pendant les règles ;
- aggravation digestive autour des menstruations ;
- douleur pelvienne cyclique associée ;
- dyspareunie profonde ;
- symptômes urinaires cycliques ;
- infertilité.
La HAS et l’Assurance Maladie considèrent notamment les douleurs à la défécation pendant les règles comme un signe pouvant orienter le diagnostic d’endométriose.
Les ballonnements signifient-ils qu’il existe une lésion intestinale ?
Non.
Les ballonnements sont fréquents dans de nombreuses situations.
Ils peuvent exister dans :
- syndrome de l’intestin irritable ;
- constipation ;
- alimentation riche en certains glucides fermentescibles ;
- modification du transit ;
- périodes menstruelles.
Une personne atteinte d’endométriose peut donc avoir beaucoup de ballonnements sans atteinte digestive profonde démontrée.
Diarrhée et constipation sont-elles typiques ?
Elles peuvent être présentes.
Mais elles ne permettent pas de localiser les lésions.
Un transit alternant entre diarrhée et constipation peut également évoquer un trouble fonctionnel digestif.
Voir : Comprendre le syndrome de l’intestin irritable.
L’objectif n’est pas de choisir soi-même entre « endométriose » et « intestin irritable ».
Les deux peuvent d’ailleurs coexister.
Endométriose et syndrome de l’intestin irritable peuvent-ils coexister ?
Oui.
Les symptômes peuvent se recouvrir :
- douleur abdominale ;
- ballonnements ;
- constipation ;
- diarrhée.
Cela peut compliquer le parcours diagnostique.
Une amélioration digestive avec une stratégie alimentaire ne permet donc pas de conclure que l’endométriose était absente.
Inversement, une endométriose connue n’explique pas nécessairement tous les symptômes digestifs.
Voir : Existe-t-il un lien entre digestion et douleurs chroniques ?.
Un saignement rectal pendant les règles prouve-t-il une endométriose digestive ?
Non.
Il peut constituer un élément d’orientation dans un contexte compatible, mais il faut rechercher d’autres causes.
Du sang dans les selles doit être signalé à un professionnel de santé.
Il ne faut pas l’attribuer soi-même à l’endométriose.
Pourquoi les symptômes ne correspondent-ils pas toujours à l’étendue des lésions ?
L’Assurance Maladie rappelle que l’intensité de la douleur d’endométriose n’est pas corrélée à la taille ou au nombre des lésions.
Une petite lésion peut être très douloureuse.
Une atteinte plus importante peut parfois produire moins de symptômes.
C’est l’une des raisons pour lesquelles le diagnostic ne repose pas uniquement sur l’intensité ressentie.
Comment commence le diagnostic ?
Le parcours débute généralement par :
- entretien médical ;
- examen clinique selon la situation ;
- échographie pelvienne.
Une IRM peut ensuite être réalisée selon :
- les symptômes ;
- les résultats de l’échographie ;
- la suspicion de lésions profondes ;
- le projet thérapeutique.
L’expertise de l’opérateur est importante dans l’endométriose.
Une échographie normale exclut-elle l’endométriose ?
Non.
Une imagerie normale ne permet pas toujours d’exclure la maladie, particulièrement certaines formes superficielles.
L’interprétation dépend :
- du type de lésions recherchées ;
- de la technique ;
- de l’expérience du professionnel.
C’est pourquoi une forte suspicion clinique peut justifier une orientation spécialisée malgré une première imagerie rassurante.
L’IRM est-elle toujours nécessaire ?
Non.
Elle est utilisée lorsque la situation le justifie.
L’IRM peut notamment aider à cartographier des lésions profondes et à préparer certaines décisions thérapeutiques.
Mais elle n’est pas une étape obligatoire identique pour toutes les personnes.
Quels examens spécifiques peuvent être proposés pour une atteinte digestive ?
Dans certains parcours spécialisés, l’équipe peut proposer des examens plus spécifiques pour préciser :
- localisation ;
- profondeur ;
- longueur d’une atteinte digestive ;
- conséquences sur la lumière intestinale.
Selon la situation, cela peut inclure notamment :
- examens d’imagerie spécialisés ;
- écho-endoscopie rectale ;
- autres explorations ciblées.
Ces examens ne constituent pas une checklist à demander systématiquement.
Ils répondent à une question clinique précise.
La coloscopie permet-elle de diagnostiquer l’endométriose digestive ?
Pas toujours.
Les lésions d’endométriose digestive atteignent souvent la paroi depuis l’extérieur de l’intestin et ne traversent pas nécessairement la muqueuse.
Une coloscopie peut donc être normale malgré une atteinte digestive.
Elle peut en revanche être indiquée pour rechercher :
- autre cause de saignement ;
- autre maladie digestive ;
- anomalie de la muqueuse.
Son indication relève du médecin.
La cœlioscopie est-elle obligatoire pour poser le diagnostic ?
Non.
La stratégie diagnostique moderne ne repose plus sur une cœlioscopie systématique pour toutes les personnes suspectes d’endométriose.
L’imagerie et le contexte clinique peuvent suffire dans de nombreuses situations.
Une chirurgie est discutée selon :
- symptômes ;
- localisation ;
- désir de grossesse ;
- réponse aux traitements ;
- projet thérapeutique.
Que penser du test salivaire Endotest ?
Le test salivaire Endotest ne doit pas être présenté comme un dépistage simple et universel de l’endométriose.
La HAS l’a positionné dans des situations diagnostiques complexes, en troisième intention après :
- examen clinique ;
- imagerie.
Elle a reconnu ses performances diagnostiques prometteuses mais a également souligné que l’utilité clinique devait encore être documentée.
La HAS a ensuite rendu un avis favorable à une prise en charge dérogatoire dans le cadre du forfait innovation, afin de recueillir les données encore nécessaires.
Cela ne signifie donc pas :
- test de première intention ;
- diagnostic autonome à domicile ;
- remplacement de l’échographie ou de l’IRM.
Le test salivaire dit-il si l’endométriose est digestive ?
Non.
Même un test positif d’endométriose ne cartographie pas les lésions digestives.
La localisation et l’étendue éventuelle restent des questions d’imagerie et d’expertise clinique.
Comment traite-t-on une endométriose digestive ?
La stratégie dépend de plusieurs éléments :
- symptômes ;
- âge ;
- localisation ;
- profondeur des lésions ;
- projet de grossesse ;
- efficacité des traitements antérieurs ;
- retentissement sur la qualité de vie.
Les options peuvent inclure :
- traitement hormonal ;
- traitement de la douleur ;
- chirurgie dans certaines situations ;
- accompagnements complémentaires.
Holia ne conseille pas de schéma médical personnalisé.
Toute endométriose digestive doit-elle être opérée ?
Non.
La présence d’une atteinte digestive ne signifie pas automatiquement qu’une chirurgie est nécessaire.
La décision dépend du rapport entre :
- bénéfices attendus ;
- risques chirurgicaux ;
- symptômes ;
- impact fonctionnel ;
- projet de grossesse.
Une chirurgie digestive d’endométriose peut être complexe et doit être discutée dans une équipe expérimentée lorsque cette option est envisagée.
Une alimentation spécifique peut-elle traiter les lésions ?
Non.
Aucun régime ne fait disparaître une lésion d’endométriose démontrée.
En revanche, lorsqu’une personne présente aussi :
- ballonnements ;
- diarrhée ;
- constipation ;
- syndrome de l’intestin irritable,
un accompagnement alimentaire peut parfois améliorer les symptômes digestifs.
L’objectif doit alors être clairement défini :
améliorer le confort digestif, pas « traiter l’endométriose par l’alimentation ».
Quel rôle pour un nutritionniste ?
La page nutritionniste de Holia permet de distinguer les différents statuts derrière ce terme.
Pour une stratégie alimentaire thérapeutique ou très restrictive, vérifiez la qualification réelle du professionnel, notamment s’il s’agit :
- d’un médecin nutritionniste ;
- d’un diététicien-nutritionniste.
Cela est particulièrement important si vous envisagez un régime pauvre en FODMAPs ou plusieurs exclusions alimentaires.
Faut-il supprimer gluten, lactose ou sucre ?
Pas systématiquement.
Une suppression peut être pertinente lorsqu’il existe :
- maladie cœliaque ;
- intolérance identifiée ;
- stratégie digestive encadrée.
Mais éliminer plusieurs familles alimentaires parce qu’elles seraient « inflammatoires » peut entraîner :
- restrictions inutiles ;
- carences ;
- anxiété alimentaire ;
- charge mentale.
Quel rôle pour un naturopathe ?
Un naturopathe peut éventuellement accompagner certaines habitudes de vie :
- organisation des repas ;
- sommeil ;
- activité ;
- gestion du stress.
Mais il ne doit pas :
- diagnostiquer une endométriose digestive ;
- remplacer l’imagerie ;
- promettre de réduire les lésions ;
- demander d’arrêter un traitement hormonal.
Voir : Comment la naturopathie peut accompagner les douleurs chroniques.
Quel rôle pour un psychologue ?
Un psychologue peut être utile si la maladie entraîne :
- anxiété ;
- peur des crises ;
- évitement de sorties ;
- hypervigilance digestive ;
- dépression ;
- épuisement.
Cela ne signifie évidemment pas que la douleur digestive est psychologique.
Il s’agit d’accompagner le retentissement d’une maladie chronique.
Quel rôle pour un sexologue ?
Une sexologue ou un sexologue peut être particulièrement pertinent si l’endométriose s’accompagne de :
- douleur pendant les rapports ;
- peur de la pénétration ;
- baisse de désir liée à l’anticipation de la douleur ;
- difficultés de communication dans le couple.
Le diagnostic et le traitement de la dyspareunie restent médicaux.
Le sexologue intervient sur la dimension sexuelle et relationnelle.
Voir : Douleurs pelviennes chroniques.
Et la sophrologie ?
Un sophrologue peut proposer des outils de :
- respiration ;
- relaxation ;
- gestion du stress.
Cela peut soutenir le quotidien lors de périodes douloureuses.
La sophrologie ne modifie pas les lésions d’endométriose.
Quand consulter rapidement ?
Une évaluation rapide est nécessaire en cas de :
- douleur abdominale brutalement très intense ;
- vomissements importants ;
- ventre fortement distendu avec arrêt des selles ou des gaz ;
- saignement digestif important ;
- malaise ;
- fièvre ;
- autre symptôme aigu inhabituel.
Une endométriose connue ne doit pas conduire à attribuer automatiquement tout symptôme abdominal à la maladie.
Comment préparer une consultation spécialisée ?
Il peut être utile de noter :
- moment du cycle ;
- douleur à la défécation ;
- constipation ou diarrhée ;
- sang dans les selles ;
- douleur pendant les rapports ;
- traitements essayés ;
- conséquences sur alimentation et activités.
Un suivi simple sur quelques semaines ou cycles peut aider.
Il n’est pas nécessaire de surveiller chaque aliment ou chaque sensation.
Comment choisir le bon professionnel Holia ?
Alimentation et symptômes digestifs
Nutritionniste, en vérifiant le statut et la qualification réelle.
Anxiété, évitement ou épuisement psychologique
Sexualité perturbée par la douleur
Sexologue, en complément du suivi gynécologique.
Relaxation et gestion du stress
Habitudes de vie générales
Naturopathe, uniquement en complément et avec des limites claires.
Comment utiliser Holia ?
Le médecin, le gynécologue, le gastro-entérologue et l’équipe spécialisée restent prioritaires pour confirmer le diagnostic et traiter une éventuelle atteinte digestive.
Holia peut ensuite aider à travailler ce que la maladie change au quotidien :
- nutritionniste pour l’alimentation ;
- psychologue pour l’anxiété ou l’évitement ;
- sexologue pour la sexualité ;
- sophrologue pour relaxation ;
- naturopathe pour certaines habitudes générales.
Vous pouvez aussi chercher un praticien près de chez vous.
Sources et références
- Assurance Maladie - Endométriose : symptômes, diagnostic et évolution (ouvre un site externe)
- Haute Autorité de santé - Prise en charge de l’endométriose (ouvre un site externe)
- ESHRE - Endometriosis Guideline (ouvre un site externe)
- Haute Autorité de santé - Diagnostic complexe d’endométriose : place du test salivaire Endotest (ouvre un site externe)
Explorer ce sujet
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