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Kyste endométriosique ou endométriome : diagnostic, traitement et fertilité
Un endométriome est un kyste ovarien lié à l’endométriose. Symptômes, échographie, surveillance, traitement médical, chirurgie et réserve ovarienne : les repères essentiels.

Un endométriome est un kyste ovarien associé à l'endométriose. Il contient souvent un liquide brunâtre issu de saignements anciens, d'où l'expression parfois utilisée de "kyste chocolat".
Cette appellation ne doit pas conduire à banaliser la situation ni à interpréter soi-même une échographie.
Un endométriome peut être découvert pendant un bilan de douleurs, une échographie réalisée pour une autre raison ou un parcours de fertilité. Sa présence ne signifie pas automatiquement qu'il faut l'opérer.
La décision dépend surtout des symptômes, de l'aspect du kyste, du projet de grossesse, de la réserve ovarienne, des antécédents chirurgicaux et de l'ensemble du dossier d'endométriose.
Endométriome et kyste ovarien : quelle différence ?
Tous les kystes ovariens ne sont pas des endométriomes.
Les kystes fonctionnels apparaissent en lien avec le fonctionnement normal du cycle et peuvent disparaître spontanément.
Un endométriome correspond à une atteinte ovarienne d'endométriose.
D'autres masses ovariennes bénignes ou plus rarement préoccupantes peuvent également exister.
L'imagerie sert donc autant à identifier un aspect compatible avec un endométriome qu'à vérifier si certains éléments imposent d'envisager un autre diagnostic.
Quels symptômes peut provoquer un endométriome ?
Il peut être totalement asymptomatique.
Lorsqu'il provoque ou accompagne des symptômes, on peut retrouver :
- douleurs pendant les règles ;
- douleurs pelviennes chroniques ;
- douleur pendant ou après les rapports ;
- douleurs lors de certaines activités ;
- difficultés à concevoir.
Ces symptômes peuvent provenir de l'endométriome lui-même ou d'autres lésions d'endométriose associées.
La taille du kyste ne prédit pas à elle seule l'intensité de la douleur.
Un petit endométriome peut coexister avec des douleurs importantes, tandis qu'un kyste plus volumineux peut être découvert fortuitement.
Comment le diagnostic est-il posé ?
L'échographie pelvienne est centrale.
Lorsque la voie endovaginale est possible et acceptée, elle permet souvent de caractériser précisément les ovaires et de rechercher d'autres signes d'endométriose.
L'IRM peut compléter le bilan lorsque l'échographie est insuffisante, lorsque certaines localisations doivent être mieux cartographiées ou dans des situations complexes.
La HAS a actualisé la place de l'imagerie dans l'endométriose avec l'objectif d'homogénéiser les pratiques et la description des différentes localisations.
Une image typique peut fortement orienter le diagnostic, mais toute masse atypique doit être évaluée par un professionnel.
Faut-il surveiller sa taille ?
Oui, lorsqu'une stratégie de surveillance est choisie.
Mais il n'existe pas un rythme universel valable pour toutes les patientes.
Le suivi dépend notamment :
- de l'âge ;
- de la taille et de l'aspect du kyste ;
- de son évolution ;
- des symptômes ;
- du projet de grossesse ;
- du traitement en cours ;
- d'éventuels antécédents chirurgicaux.
L'objectif n'est pas uniquement de mesurer quelques millimètres de différence. Il faut interpréter l'évolution dans son contexte.
Un endométriome doit-il toujours être traité ?
Non.
Chez une personne qui ne cherche pas immédiatement une grossesse, un traitement hormonal peut être proposé dans certaines situations pour contrôler les symptômes liés à l'endométriose.
Une surveillance peut également être retenue lorsqu'elle est adaptée au dossier.
Le traitement ne vise pas nécessairement à "faire disparaître le kyste" à tout prix.
Il vise surtout à contrôler les symptômes, surveiller l'ovaire et préserver les options futures.
Dans quelles situations la chirurgie peut-elle être discutée ?
La chirurgie peut être envisagée lorsque plusieurs facteurs le justifient, par exemple :
- douleur importante insuffisamment contrôlée ;
- aspect d'imagerie atypique ou incertain ;
- croissance préoccupante ;
- complication ;
- problème d'accès aux follicules dans un parcours d'AMP ;
- stratégie globale d'endométriose nécessitant une intervention.
La décision ne repose pas sur la présence du kyste seule.
L'ESHRE recommande de prendre en compte la douleur, l'âge, les préférences de la patiente, les antécédents chirurgicaux, les autres facteurs d'infertilité et la réserve ovarienne.
Pourquoi la chirurgie peut-elle diminuer la réserve ovarienne ?
Un endométriome est situé dans l'ovaire.
Lorsqu'on retire sa paroi, il existe un risque d'enlever ou d'endommager une partie du tissu ovarien sain adjacent.
Ce risque est particulièrement important à considérer lorsque :
- les deux ovaires sont atteints ;
- la réserve ovarienne est déjà diminuée ;
- une chirurgie ovarienne a déjà eu lieu ;
- le projet de grossesse est proche ;
- une AMP est envisagée.
L'objectif chirurgical est donc de traiter la lésion tout en préservant autant que possible le tissu ovarien fonctionnel.
AMH basse après chirurgie : est-ce possible ?
Oui, une diminution des marqueurs de réserve ovarienne peut être observée après certaines chirurgies d'endométriome.
Mais l'interprétation ne doit pas se limiter à un chiffre isolé.
L'AMH décrit surtout la réserve ovarienne et la réponse probable à une stimulation. Elle ne prédit pas à elle seule une grossesse spontanée.
Avant une intervention, le bénéfice attendu de la chirurgie doit donc être mis en balance avec ce risque, particulièrement lorsqu'un projet reproductif existe.
Faut-il opérer un endométriome avant une FIV ?
Pas systématiquement.
C'est probablement le message le plus important pour une personne qui découvre un endométriome pendant un parcours d'AMP.
L'ESHRE déconseille de réaliser routinièrement une chirurgie d'endométriome avant assistance médicale à la procréation dans le seul but d'améliorer le taux de naissance vivante.
Les données disponibles ne montrent pas de bénéfice clair sur ce résultat, tandis que la chirurgie peut réduire la réserve ovarienne.
Une intervention peut néanmoins être discutée pour d'autres raisons, notamment :
- douleur importante ;
- difficulté d'accès aux follicules lors de la ponction ;
- doute diagnostique ;
- autre indication chirurgicale.
La bonne question n'est donc pas "endométriome = chirurgie ?", mais "quel bénéfice précis attend-on de l'intervention dans mon dossier ?"
Un endométriome empêche-t-il forcément une grossesse naturelle ?
Non.
L'endométriose est associée à l'infertilité chez certaines personnes, mais un endométriome n'entraîne pas automatiquement une impossibilité de concevoir.
Le pronostic dépend aussi :
- de l'âge ;
- de la réserve ovarienne ;
- des trompes ;
- d'autres lésions d'endométriose ;
- du spermogramme du partenaire lorsqu'il y en a un ;
- des antécédents ;
- de la durée des essais.
Une prise en charge de fertilité doit donc regarder l'ensemble du couple ou du projet reproductif, pas uniquement le kyste.
Faut-il préserver ses ovocytes avant une chirurgie ?
La question peut être pertinente dans certaines situations d'endométriose ovarienne étendue, bilatérale ou lorsque plusieurs chirurgies sont envisagées.
L'ESHRE recommande de discuter avantages et limites de la préservation de fertilité dans les formes d'endométriose ovarienne étendue, tout en soulignant que le bénéfice réel n'est pas connu pour toutes les patientes.
Ce n'est donc pas une indication automatique.
La discussion doit avoir lieu avec une équipe de médecine de la reproduction suffisamment tôt pour que les options restent ouvertes.
Que faire en cas de douleur brutale ?
Une douleur pelvienne soudaine, intense ou très différente des douleurs habituelles mérite une évaluation rapide.
Consultez rapidement si elle s'accompagne notamment de :
- malaise ;
- vomissements ;
- sensation de faiblesse importante ;
- aggravation aiguë inhabituelle.
Une torsion ovarienne, une rupture de kyste ou une autre cause abdominale ou gynécologique aiguë ne peuvent pas être distinguées à distance avec fiabilité.
En cas de douleur très intense, malaise sévère ou urgence médicale, appelez le 15 ou le 112.
Et si l'échographie parle d'un aspect atypique ?
Un endométriome typique possède des caractéristiques d'imagerie connues.
Mais une masse ovarienne qui ne présente pas un aspect habituel, qui change ou comporte des éléments atypiques doit être évaluée par l'équipe médicale.
Le but n'est pas de conclure immédiatement à une maladie grave.
Il s'agit de ne pas attribuer automatiquement toute masse ovarienne à l'endométriose parce que cette maladie est déjà connue.
Quel professionnel Holia peut accompagner le parcours ?
Le diagnostic, la surveillance et la décision de traitement relèvent du gynécologue, du médecin et, lorsque la fertilité est concernée, d'une équipe spécialisée en médecine de la reproduction.
Sur Holia, un psychologue peut accompagner l'impact émotionnel d'une endométriose, de douleurs chroniques ou d'un parcours de fertilité.
Un sexologue peut être pertinent lorsque les douleurs pendant les rapports modifient durablement la sexualité, le désir ou la vie de couple. Cet accompagnement reste complémentaire et ne remplace pas l'évaluation gynécologique de la douleur.
Aucun praticien complémentaire ne doit promettre de faire régresser un endométriome ou de restaurer la réserve ovarienne.
Sources et références
- Assurance Maladie - Kyste ovarien : définition et causes (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Traitement d'un kyste ovarien (ouvre un site externe)
- Haute Autorité de Santé - Actualisation de la place des examens d'imagerie pour le diagnostic d'endométriose (ouvre un site externe)
- ESHRE - Guideline: Endometriosis (ouvre un site externe)
- ESHRE - Endometriosis guideline 2022 (ouvre un site externe)
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