Publié le Mis à jour le 13 min de lecture
Adénomyose : symptômes, diagnostic et traitements
Règles abondantes, douleurs, ventre gonflé ou pesanteur : comprendre ce qu’est l’adénomyose, comment elle est diagnostiquée et quelles options de traitement peuvent être discutées.

L'adénomyose est une affection gynécologique dans laquelle du tissu de type endométrial est présent à l'intérieur du muscle de l'utérus, appelé myomètre.
Elle peut provoquer :
- règles très abondantes ;
- douleurs menstruelles importantes ;
- douleur pelvienne ;
- sensation de pesanteur ;
- parfois douleurs pendant les rapports.
Certaines personnes n'ont pourtant aucun symptôme.
L'adénomyose est souvent rapprochée de l'endométriose parce que les deux maladies peuvent :
- provoquer des douleurs pelviennes ;
- coexister ;
- affecter la qualité de vie.
Ce ne sont pas la même affection.
Dans l'adénomyose, l'atteinte concerne principalement la paroi musculaire de l'utérus. Dans l'endométriose, des lésions semblables à l'endomètre se développent en dehors de la cavité utérine.
Le diagnostic repose surtout sur :
- symptômes ;
- examen clinique ;
- échographie pelvienne ;
- parfois IRM.
Le traitement dépend notamment de l'intensité des symptômes et du projet de grossesse.
Holia n'a pas vocation à diagnostiquer ni traiter l'adénomyose. La plateforme peut toutefois compléter le parcours pour des difficultés distinctes : un psychologue pour le retentissement d'une douleur chronique ou d'un parcours de fertilité, un sexologue lorsque douleurs et sexualité se mêlent, ou un sophrologue pour des outils de relaxation. Le suivi gynécologique reste central.
Quels symptômes peut provoquer l'adénomyose ?
Les manifestations les plus caractéristiques sont :
- règles abondantes ;
- règles douloureuses ;
- douleur pelvienne.
D'autres personnes décrivent :
- pesanteur ;
- pression dans le bas-ventre ;
- douleur pendant les rapports ;
- impression d'un utérus ou d'un ventre plus volumineux.
L'intensité des symptômes est très variable.
Une adénomyose visible à l'imagerie peut être relativement peu symptomatique.
À l'inverse, une atteinte moins spectaculaire peut avoir un retentissement important.
Des règles abondantes, qu'est-ce que cela signifie concrètement ?
Le volume est difficile à mesurer précisément à domicile.
Des signes pratiques peuvent être plus parlants :
- protections saturées très rapidement ;
- besoin de double protection ;
- fuites nocturnes ;
- caillots fréquents ;
- règles qui perturbent les activités ;
- fatigue ou essoufflement associés.
Des saignements importants peuvent provoquer une carence en fer ou une anémie.
Un bilan peut être utile si une fatigue inhabituelle apparaît.
Les douleurs sont-elles toujours limitées aux règles ?
Non.
La douleur peut être :
- surtout menstruelle ;
- présente avant les règles ;
- pelvienne en dehors des règles chez certaines personnes.
Il ne faut pas attribuer toute douleur pelvienne à une adénomyose connue.
Une nouvelle douleur ou une modification importante mérite une réévaluation.
L'adénomyose peut-elle donner un ventre gonflé ?
Oui, une sensation de :
- ballonnement ;
- pesanteur ;
- plénitude
peut accompagner l'adénomyose.
Dans certaines formes, l'utérus augmente de volume.
Mais un ventre gonflé est très peu spécifique.
Il peut aussi être lié à :
- digestion ;
- syndrome prémenstruel ;
- constipation ;
- fibromes ;
- autres causes gynécologiques ou digestives.
Un gonflement isolé ne permet donc pas de diagnostiquer une adénomyose.
Adénomyose et prise de poids : existe-t-il un lien direct ?
L'adénomyose n'est pas diagnostiquée par une prise de poids.
Une personne peut avoir l'impression que son ventre a changé en raison :
- des ballonnements ;
- du cycle ;
- d'une augmentation de volume de l'utérus.
Cela ne correspond pas nécessairement à une augmentation de masse grasse.
Une variation de poids persistante ou inexpliquée doit être évaluée pour elle-même.
Quelle différence avec l'endométriose ?
L'endométriose correspond à la présence de lésions semblables à l'endomètre en dehors de la cavité utérine.
L'adénomyose concerne le muscle utérin.
Les symptômes peuvent se chevaucher :
- dysménorrhées ;
- douleur pelvienne ;
- dyspareunie ;
- parfois difficultés de fertilité.
Les deux maladies peuvent également coexister.
Voir : Endométriose digestive : symptômes, intestin et diagnostic.
Quelle différence avec un fibrome ?
Un fibrome est une tumeur bénigne du muscle utérin.
Il peut provoquer lui aussi :
- règles abondantes ;
- pression pelvienne ;
- augmentation du volume utérin.
L'imagerie permet souvent de distinguer :
- fibrome bien individualisé ;
- modifications plus diffuses compatibles avec une adénomyose.
Les deux peuvent également coexister.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Le diagnostic commence par :
- description des symptômes ;
- examen gynécologique lorsque nécessaire et accepté ;
- imagerie.
L'échographie pelvienne est généralement l'examen de première intention.
Une IRM peut compléter l'évaluation lorsque :
- l'échographie est difficile à interpréter ;
- le diagnostic reste incertain ;
- une cartographie plus précise est utile.
Il n'existe pas de prise de sang qui confirme à elle seule l'adénomyose.
L'échographie transvaginale est-elle obligatoire ?
Elle est souvent très informative chez l'adulte lorsque cette voie est :
- possible ;
- acceptée.
Mais toute exploration doit respecter :
- consentement ;
- contexte ;
- situation individuelle.
D'autres modalités d'imagerie peuvent être discutées lorsque cette voie n'est pas appropriée.
Une IRM est-elle toujours nécessaire ?
Non.
Une échographie de bonne qualité peut suffire lorsque le tableau est clair.
L'IRM est surtout utile lorsqu'elle apporte une information supplémentaire.
Faire systématiquement une IRM à toute personne ayant des règles douloureuses n'est pas nécessaire.
Une échographie normale exclut-elle toujours l'adénomyose ?
Pas nécessairement.
L'interprétation dépend notamment :
- de la qualité de l'examen ;
- de l'expérience de l'opérateur ;
- de la forme de l'atteinte.
Si les symptômes restent très évocateurs malgré une première imagerie non concluante, le médecin peut décider de poursuivre l'évaluation.
Le diagnostic nécessite-t-il une chirurgie ?
Non.
Aujourd'hui, l'imagerie permet souvent d'établir un diagnostic compatible avec une adénomyose sans chirurgie.
Historiquement, le diagnostic définitif reposait souvent sur l'examen de l'utérus après hystérectomie.
Ce n'est plus la seule manière de prendre en charge la maladie.
Quels traitements peuvent être proposés ?
Le traitement dépend de plusieurs facteurs :
- règles abondantes ;
- douleur ;
- âge ;
- contre-indications ;
- désir de grossesse ;
- tolérance des traitements ;
- préférences.
Il peut associer selon le cas :
- antalgiques ;
- traitements réduisant les saignements ;
- traitements hormonaux ;
- gestes interventionnels ou chirurgie dans certaines situations.
Il n'existe pas un traitement unique adapté à tout le monde.
Quelle place pour le dispositif intra-utérin au lévonorgestrel ?
NICE recommande de considérer le système intra-utérin au lévonorgestrel comme une option de première intention pour certaines règles abondantes, notamment lorsqu'une adénomyose est suspectée ou diagnostiquée et que cette méthode convient à la personne.
Il peut réduire :
- volume des règles ;
- douleur chez certaines personnes.
Son intérêt dépend bien sûr :
- du projet de grossesse ;
- des contre-indications ;
- de la tolérance.
Quelles autres options hormonales existent ?
D'autres traitements hormonaux peuvent être discutés selon le contexte.
L'objectif peut être de réduire :
- saignements ;
- douleurs ;
- stimulation cyclique.
Le choix dépend :
- des antécédents ;
- des contre-indications ;
- du besoin ou non de contraception ;
- du projet de grossesse.
Il ne faut pas arrêter ou modifier seul un traitement hormonal.
Quels traitements non hormonaux peuvent être utilisés ?
Selon les symptômes, le médecin peut proposer des traitements visant :
- la douleur ;
- les saignements.
Le choix dépend notamment :
- des contre-indications ;
- de l'intensité des règles ;
- des autres traitements.
Une automédication prolongée n'est pas idéale si les règles sont très abondantes ou si une anémie est possible.
Quand une chirurgie est-elle discutée ?
Une chirurgie peut entrer en discussion lorsque :
- symptômes restent sévères ;
- traitements médicaux ne suffisent pas ;
- qualité de vie est fortement altérée.
La stratégie dépend fortement du projet de grossesse.
L'hystérectomie, qui retire l'utérus, constitue un traitement définitif de l'adénomyose utérine, mais elle supprime la possibilité de porter une grossesse avec cet utérus.
Cette décision nécessite donc une discussion complète.
Existe-t-il des traitements conservateurs de l'utérus ?
Certaines techniques interventionnelles ou chirurgicales peuvent être discutées dans des centres spécialisés selon le type d'adénomyose et le projet de la personne.
Le niveau de preuve et les indications varient.
Elles ne doivent pas être présentées comme une solution universelle.
Le choix repose sur :
- symptômes ;
- localisation ;
- fertilité ;
- expérience du centre.
Adénomyose et fertilité : que sait-on ?
L'adénomyose est associée dans certaines études à des difficultés de fertilité et à certains résultats obstétricaux moins favorables.
Mais l'effet individuel varie beaucoup.
L'âge, la présence d'une endométriose, les paramètres de fertilité du couple et d'autres facteurs comptent également.
Une personne ayant une adénomyose n'est pas automatiquement infertile.
Pourquoi le projet de grossesse doit-il être discuté tôt ?
Parce qu'il influence directement le choix du traitement.
Par exemple :
- une contraception hormonale n'a pas le même objectif lorsqu'une grossesse est souhaitée immédiatement ;
- une hystérectomie est incompatible avec un projet de grossesse porté par l'utérus ;
- certaines stratégies interventionnelles nécessitent une discussion spécialisée.
Il est donc important d'annoncer clairement son projet au gynécologue.
Faut-il consulter un spécialiste de fertilité ?
Cela dépend :
- de l'âge ;
- de la durée des essais ;
- des antécédents ;
- d'autres facteurs de fertilité.
Une adénomyose connue peut faire partie du raisonnement, mais elle ne doit pas empêcher un bilan complet.
Voir : Quand consulter un professionnel de santé pour sa fertilité.
La dyspareunie est-elle toujours due à l'adénomyose ?
Non.
Une douleur pendant les rapports peut avoir de nombreuses causes :
- endométriose ;
- hypertonie du plancher pelvien ;
- sécheresse ;
- infection ;
- problème vulvaire ;
- contexte relationnel ou traumatique.
L'adénomyose peut faire partie du tableau, mais elle ne doit pas devenir l'explication automatique.
Quel rôle pour un sexologue Holia ?
Un sexologue peut accompagner les conséquences sexuelles de douleurs chroniques :
- peur de la douleur ;
- baisse du désir ;
- communication ;
- adaptation de l'intimité.
Il ne traite pas la lésion utérine.
Si la douleur elle-même nécessite une évaluation, le gynécologue et les autres professionnels de santé restent prioritaires.
Quel rôle pour un psychologue ?
Un psychologue peut être utile lorsque l'adénomyose entraîne :
- anxiété ;
- découragement ;
- retentissement professionnel ;
- difficultés de couple ;
- parcours de fertilité éprouvant.
Il ne s'agit pas de psychologiser la douleur.
Le rôle est de prendre en charge les conséquences d'une maladie chronique.
La sophrologie peut-elle aider ?
Un sophrologue peut proposer :
- respiration ;
- relaxation ;
- exercices attentionnels.
Cela peut améliorer le vécu d'une période douloureuse chez certaines personnes.
Mais cela ne traite pas :
- saignements ;
- adénomyose ;
- anémie.
La hiérarchie médicale doit rester claire.
Et la naturopathie ?
Un naturopathe ne doit pas présenter l'adénomyose comme conséquence :
- d'un « déséquilibre hormonal » qu'il pourrait corriger ;
- d'un foie « surchargé » ;
- d'un excès de toxines ;
- d'une inflammation qu'un régime pourrait faire disparaître.
Les plantes et compléments peuvent aussi interagir avec :
- traitements ;
- grossesse ;
- coagulation.
Toute utilisation doit être signalée à l'équipe médicale.
L'alimentation peut-elle traiter l'adénomyose ?
Il n'existe pas de régime démontré capable de faire disparaître l'adénomyose.
Une alimentation équilibrée est utile pour la santé générale.
Si des règles abondantes ont provoqué une carence en fer, la prise en charge repose sur :
- confirmation biologique ;
- traitement adapté ;
- parfois conseils alimentaires.
Cela ne justifie pas des régimes d'exclusion non ciblés.
Que faire si les règles sont très abondantes ?
Il faut consulter pour :
- évaluer la cause ;
- rechercher une anémie ;
- discuter un traitement.
Des signes comme :
- essoufflement ;
- fatigue inhabituelle ;
- palpitations ;
- pâleur ;
- malaise
peuvent être compatibles avec une anémie importante.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Une évaluation rapide est nécessaire en cas de :
- saignement très abondant avec malaise ;
- essoufflement important ;
- douleur pelvienne brutalement différente ;
- fièvre ;
- suspicion de grossesse avec douleur ou saignement ;
- aggravation rapide des symptômes.
Le fait d'avoir une adénomyose connue ne doit pas conduire à attribuer automatiquement tout nouveau symptôme à cette maladie.
Quand demander un avis gynécologique spécialisé ?
Il est particulièrement utile si :
- règles abondantes persistent malgré le traitement ;
- douleurs restent importantes ;
- diagnostic est incertain ;
- endométriose ou fibrome sont également suspectés ;
- projet de grossesse existe ;
- chirurgie ou intervention est envisagée.
Comment utiliser Holia ?
Le parcours principal reste gynécologique.
Holia peut compléter lorsque la maladie crée un besoin distinct :
- psychologue pour le retentissement émotionnel ou un parcours de fertilité difficile ;
- sexologue lorsque douleur et sexualité se mêlent ;
- sophrologue pour des outils de relaxation.
Vous pouvez aussi chercher un praticien près de chez vous.
Sources et références
- NHS - Adenomyosis (ouvre un site externe)
- University College London Hospitals - Understanding Adenomyosis (ouvre un site externe)
- NICE - Heavy menstrual bleeding: assessment and management (ouvre un site externe)
- Royal College of Obstetricians and Gynaecologists - Long-term pelvic pain (ouvre un site externe)
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La page dédiée à ce vécu sur Holia, et quelques guides proches pour prolonger la lecture.
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