Publié le Mis à jour le 13 min de lecture
Douleurs pelviennes chroniques
Douleur pelvienne persistante : gynécologique, digestive, urinaire, musculosquelettique ou autre, son origine peut être multiple et nécessite une évaluation adaptée.

Une douleur pelvienne chronique est une douleur qui persiste ou revient dans la région du bassin, du bas-ventre ou des organes génitaux.
Elle peut être :
- gynécologique ;
- digestive ;
- urinaire ;
- musculosquelettique ;
- neuropathique ;
- ou liée à plusieurs mécanismes en même temps.
C'est précisément pour cela qu'une douleur pelvienne ne doit pas être résumée à un « système nerveux en hypervigilance ».
Une endométriose, une maladie digestive, une atteinte urinaire, une douleur du plancher pelvien, une séquelle chirurgicale ou une douleur neuropathique peuvent toutes produire des symptômes pelviens.
Chez certaines personnes, aucun mécanisme unique n'explique tout le tableau. La douleur peut alors devenir un problème chronique à part entière, avec des facteurs de sensibilisation, de sommeil, de stress ou de fonctionnement qui s'ajoutent à la cause initiale.
La première priorité est donc médicale : identifier les causes qui doivent être traitées, puis construire un accompagnement adapté au retentissement réel de la douleur.
Sur Holia, certains professionnels peuvent ensuite avoir une place complémentaire : un psychologue lorsque la douleur s'accompagne d'anxiété, d'évitement ou d'épuisement psychologique, un sexologue lorsque les rapports sexuels deviennent douloureux ou difficiles à vivre, ou un sophrologue pour travailler respiration, détente et gestion du stress.
Où se situe exactement une douleur pelvienne ?
La région pelvienne comprend notamment :
- le bas de l'abdomen ;
- le petit bassin ;
- les organes génitaux internes ;
- la vessie ;
- le rectum ;
- les muscles du plancher pelvien ;
- les structures musculosquelettiques proches.
Une douleur décrite comme « bas-ventre » peut donc venir de systèmes très différents.
Qu'appelle-t-on douleur pelvienne chronique ?
Les définitions varient légèrement selon les recommandations.
L'ACOG décrit la douleur pelvienne chronique comme une douleur de la région pelvienne qui dure au moins six mois.
Dans la pratique de la douleur chronique, une douleur persistante ou récurrente au-delà de trois mois mérite déjà une évaluation structurée.
Le plus important n'est pas de débattre d'un seuil exact.
Il faut surtout regarder :
- la durée ;
- la fréquence ;
- le retentissement ;
- les symptômes associés.
Quelles sont les causes possibles ?
Les causes peuvent être nombreuses.
Causes gynécologiques
Par exemple :
- endométriose ;
- adénomyose ;
- fibrome ;
- kyste ovarien ;
- séquelles d'infection pelvienne ;
- autres pathologies gynécologiques.
Causes digestives
Par exemple :
- syndrome de l'intestin irritable ;
- maladie inflammatoire digestive ;
- constipation sévère ;
- autre maladie digestive.
Causes urinaires
Par exemple :
- cystite interstitielle ou syndrome de vessie douloureuse ;
- infection ;
- autre problème urologique.
Causes musculosquelettiques
Les muscles, articulations ou structures du bassin peuvent également participer.
Causes neuropathiques
Un nerf peut être :
- irrité ;
- comprimé ;
- lésé.
Et plusieurs de ces mécanismes peuvent coexister.
Pourquoi l'endométriose est-elle souvent recherchée ?
Parce qu'elle peut provoquer des douleurs :
- pelviennes ;
- abdominales ;
- lombaires ;
- pendant les règles ;
- pendant les rapports sexuels ;
- lors de la défécation ;
- parfois lors de la miction.
Ameli rappelle que l'intensité de la douleur n'est pas proportionnelle à la taille ou au nombre des lésions.
Une petite lésion peut être très douloureuse et une endométriose étendue peut parfois être peu symptomatique.
Quels symptômes font davantage penser à une endométriose ?
Les recommandations HAS-CNGOF insistent notamment sur :
- dysménorrhées intenses ;
- dyspareunies profondes ;
- douleurs à la défécation pendant les règles ;
- symptômes urinaires cycliques ;
- infertilité.
Ces éléments ne prouvent pas à eux seuls une endométriose.
Ils justifient surtout une évaluation adaptée.
Une échographie normale exclut-elle l'endométriose ?
Pas toujours.
Le parcours diagnostique dépend :
- des symptômes ;
- de l'examen ;
- de l'échographie ;
- parfois d'une IRM ou d'un examen spécialisé.
La HAS recommande une stratégie graduée.
Une imagerie rassurante ne signifie donc pas automatiquement que la douleur n'a pas de cause gynécologique.
Et si la douleur survient surtout pendant les rapports ?
Une douleur pendant les rapports sexuels est appelée dyspareunie.
Elle peut avoir plusieurs causes :
- endométriose ;
- infection ;
- sécheresse ;
- douleur du plancher pelvien ;
- cicatrice ;
- autre problème gynécologique.
La première étape est donc médicale lorsque la douleur est :
- nouvelle ;
- importante ;
- persistante.
Ensuite, le retentissement sur la sexualité peut lui aussi nécessiter un accompagnement.
Quel rôle pour un sexologue ?
Un sexologue peut être pertinent lorsque la douleur entraîne :
- peur des rapports ;
- évitement ;
- difficulté à communiquer avec le partenaire ;
- perte de désir liée à l'anticipation de la douleur ;
- retentissement important sur la vie intime.
Son rôle n'est pas de poser le diagnostic gynécologique.
Il intervient plutôt sur :
- sexualité ;
- communication ;
- adaptation ;
- vécu émotionnel.
Le plancher pelvien peut-il participer à la douleur ?
Oui.
Les muscles du plancher pelvien peuvent devenir :
- douloureux ;
- trop contractés ;
- difficiles à relâcher ;
- ou insuffisamment coordonnés.
Cela peut accompagner certaines douleurs pelviennes.
Une rééducation pelvi-périnéale réalisée par un professionnel de santé formé peut alors être utile selon le diagnostic.
Il ne faut pas conclure automatiquement que :
« tout vient d'un plancher pelvien tendu ».
Une douleur pelvienne peut-elle être digestive ?
Oui.
Le syndrome de l'intestin irritable peut provoquer des douleurs abdominales basses.
D'autres maladies digestives peuvent également donner :
- douleurs ;
- ballonnements ;
- troubles du transit.
Voir : Comprendre le syndrome de l'intestin irritable.
Des symptômes digestifs associés doivent être évalués dans leur propre contexte.
Une douleur pelvienne peut-elle être urinaire ?
Oui.
Des symptômes comme :
- brûlures ;
- envies fréquentes ;
- douleur avec vessie pleine ;
- sang dans les urines
doivent orienter vers une évaluation adaptée.
Ils ne doivent pas être attribués automatiquement à :
- stress ;
- endométriose ;
- douleur chronique.
Pourquoi plusieurs causes peuvent-elles coexister ?
Parce que les organes et structures du bassin sont proches et partagent certaines voies nerveuses.
Une personne peut par exemple présenter :
- endométriose ;
- douleur du plancher pelvien ;
- syndrome de l'intestin irritable.
Cela ne signifie pas qu'un « dérèglement global » explique tout.
Cela signifie qu'un parcours multidisciplinaire peut parfois être nécessaire.
La sensibilisation du système nerveux peut-elle participer ?
Oui, dans certains tableaux chroniques.
Une douleur persistante peut s'accompagner d'une augmentation de la sensibilité.
Cela peut contribuer à :
- douleur provoquée par des stimulations normalement peu douloureuses ;
- douleur plus diffuse ;
- maintien du symptôme au-delà de la cause initiale.
Voir : Douleur chronique et hypersensibilisation du système nerveux.
Mais la sensibilisation ne doit pas être invoquée avant d'avoir examiné les causes gynécologiques, digestives, urinaires ou neurologiques pertinentes.
Le stress augmente-t-il la douleur pelvienne ?
Il peut la modifier chez certaines personnes.
Le stress peut influencer :
- sommeil ;
- tension musculaire ;
- digestion ;
- attention ;
- récupération.
Mais il n'est pas une cause universelle.
Voir : Stress et douleur : quel lien ?.
Et les émotions ?
Une douleur chronique peut évidemment affecter :
- humeur ;
- sexualité ;
- confiance ;
- relations.
Ce retentissement peut à son tour rendre les journées plus difficiles.
Mais il ne faut pas dire :
« la douleur vient de vos émotions ».
Un accompagnement psychologique traite le retentissement, pas l'existence même de la douleur.
Quand un psychologue peut-il aider ?
Un psychologue peut être particulièrement pertinent lorsque la douleur entraîne :
- anxiété importante ;
- peur des poussées ;
- évitement ;
- dépression ;
- isolement ;
- sentiment de perte de contrôle.
La TCC peut notamment travailler sur :
- peur ;
- évitement ;
- stratégies d'adaptation.
Quel rôle pour un sophrologue ?
Un sophrologue peut proposer :
- respiration ;
- relaxation ;
- exercices attentionnels.
Cela peut être utile lorsque la douleur s'accompagne de :
- stress ;
- difficulté à relâcher les tensions ;
- anxiété modérée.
La sophrologie ne traite pas :
- endométriose ;
- infection ;
- pathologie urinaire ;
- cause digestive.
Et l'ostéopathie ?
Un ostéopathe peut éventuellement intervenir sur certains objectifs musculosquelettiques complémentaires lorsque le diagnostic est suffisamment clarifié.
Il ne doit pas présenter la douleur pelvienne comme la conséquence automatique :
- d'un bassin « déplacé » ;
- d'un sacrum « bloqué » ;
- d'une mauvaise circulation des organes.
Si la douleur est nouvelle ou mal expliquée, l'évaluation médicale passe d'abord.
Le cycle menstruel peut-il modifier la douleur ?
Oui.
Une douleur peut :
- apparaître surtout pendant les règles ;
- augmenter avant ou pendant les règles ;
- varier autour de l'ovulation.
Cela peut orienter vers certaines causes, notamment l'endométriose ou la dysménorrhée.
Voir : Cycle menstruel et douleurs persistantes.
Les douleurs pendant les règles sont-elles toujours normales ?
Non.
Des règles peuvent être douloureuses sans maladie grave.
Mais une douleur qui :
- empêche les activités ;
- résiste aux traitements usuels ;
- augmente avec les années ;
- apparaît alors que les règles étaient auparavant peu douloureuses
mérite d'être évaluée.
Ameli distingue notamment dysménorrhée primaire et secondaire.
Pourquoi suivre le calendrier des symptômes ?
Un suivi simple peut aider à repérer :
- lien avec les règles ;
- ovulation ;
- rapports sexuels ;
- transit ;
- miction.
Cela fournit des informations utiles au médecin.
Mais il n'est pas nécessaire de noter dix variables chaque jour.
Un suivi excessif peut augmenter la charge mentale.
Quelles informations noter avant une consultation ?
Vous pouvez noter :
- localisation ;
- intensité ;
- fréquence ;
- moment du cycle ;
- lien avec les rapports ;
- symptômes urinaires ;
- symptômes digestifs ;
- traitements essayés ;
- impact sur travail et sommeil.
Ces informations permettent de mieux orienter le bilan.
Quand consulter rapidement ?
Une douleur pelvienne nécessite une évaluation rapide ou urgente lorsqu'elle s'accompagne notamment de :
- grossesse possible ;
- saignement important ;
- malaise ;
- fièvre ;
- douleur brutale intense ;
- vomissements importants ;
- ventre très douloureux ;
- autre symptôme aigu inhabituel.
Une grossesse extra-utérine, une infection ou une complication ovarienne peuvent nécessiter une prise en charge urgente.
Et si la douleur est chronique mais stable ?
Même sans urgence, une douleur pelvienne qui dure et retentit sur :
- sexualité ;
- travail ;
- sommeil ;
- activité physique
mérite une prise en charge.
La chronicité n'est pas une raison pour banaliser le symptôme.
Comment organiser le parcours ?
Une logique simple peut être :
1. Médecin ou gynécologue
Pour le diagnostic et les traitements.
2. Rééducation adaptée si nécessaire
Notamment lorsqu'un problème pelvi-périnéal ou fonctionnel est identifié.
3. Professionnel complémentaire selon le retentissement
- sexologue pour sexualité et dyspareunie après bilan médical ;
- psychologue pour anxiété, peur ou détresse ;
- sophrologue pour respiration et relaxation ;
- ostéopathe pour certains objectifs musculosquelettiques complémentaires lorsque le cadre est clair.
Comment utiliser Holia ?
Holia ne remplace pas le diagnostic d'une douleur pelvienne.
Une fois le cadre médical posé, la plateforme peut aider à trouver le professionnel correspondant au retentissement réel :
- sexologue si la douleur perturbe la vie sexuelle ;
- psychologue si anxiété, évitement ou moral deviennent centraux ;
- sophrologue pour relaxation et gestion du stress ;
- ostéopathe pour certains objectifs musculosquelettiques complémentaires.
Vous pouvez aussi chercher un praticien près de chez vous.
Sources et références
- Assurance Maladie - Endométriose : symptômes, diagnostic et évolution (ouvre un site externe)
- HAS - Prise en charge de l'endométriose (ouvre un site externe)
- ACOG - Chronic Pelvic Pain (ouvre un site externe)
- HAS - Parcours de santé d'une personne présentant une douleur chronique (ouvre un site externe)
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La page dédiée à ce vécu sur Holia, et quelques guides proches pour prolonger la lecture.
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