Publié le Mis à jour le 12 min de lecture
Douleurs aux genoux
Douleur au genou : activité, traumatisme, articulation ou autre cause peuvent intervenir. Comment raisonner sans conclure trop vite à l'usure ou au manque de mouvement ?

Une douleur au genou - ou gonalgie - peut apparaître après :
- une activité inhabituelle ;
- une chute ;
- un mouvement de torsion ;
- une reprise sportive ;
- ou sans événement précis.
Elle peut venir :
- de l'articulation ;
- d'un tendon ;
- d'un ligament ;
- d'un ménisque ;
- de la rotule ;
- d'une inflammation ;
- d'une arthrose ;
- parfois d'une autre région comme la hanche.
Le premier piège est donc de conclure trop vite :
« mon genou est usé »
ou, à l'inverse :
« c'est seulement un manque de mouvement ».
Le traitement dépend du type de douleur, de son apparition, du gonflement éventuel, de la stabilité du genou et de la capacité à marcher.
Qu'est-ce qu'une gonalgie ?
Gonalgie signifie simplement :
douleur du genou.
Ce n'est pas un diagnostic.
Le médecin cherche notamment à savoir :
- où se trouve la douleur ;
- quand elle apparaît ;
- si le genou gonfle ;
- s'il se bloque ;
- s'il se dérobe ;
- si un traumatisme a précédé ;
- si d'autres articulations sont atteintes.
Ces éléments orientent beaucoup plus que la seule intensité de la douleur.
Quelles structures peuvent provoquer une douleur du genou ?
Le genou comprend :
- fémur ;
- tibia ;
- rotule ;
- cartilage ;
- ménisques ;
- ligaments ;
- tendons ;
- capsule ;
- membrane synoviale.
Une douleur peut venir de plusieurs de ces structures.
Une douleur après traumatisme : que faut-il envisager ?
Après :
- chute ;
- torsion ;
- choc ;
- sport,
on peut notamment observer une atteinte :
- ligamentaire ;
- méniscale ;
- osseuse ;
- tendineuse.
Quels signes doivent inquiéter ?
Après un traumatisme, une évaluation urgente est nécessaire notamment si :
- vous ne pouvez pas poser le pied ;
- vous ne pouvez pas marcher ;
- le genou est gravement déformé ;
- la douleur est très intense.
Ameli recommande alors de contacter le 15 ou le 112 en cas de traumatisme grave.
Qu'est-ce qu'un genou qui se bloque ?
Un blocage correspond à l'impossibilité d'étendre normalement le genou après l'avoir fléchi.
Il peut être lié à différents problèmes intra-articulaires.
Ameli distingue également le pseudo-blocage, où la douleur elle-même empêche de plier ou tendre complètement.
Des épisodes répétés de blocage doivent être évalués.
Et si le genou « lâche » ?
Une impression de dérobement peut survenir lorsqu'il existe :
- instabilité ;
- douleur importante ;
- faiblesse ;
- problème ligamentaire ;
- autre atteinte.
Si le genou vous donne l'impression de céder, notamment dans les escaliers, Ameli recommande de consulter.
Un genou rouge, chaud et gonflé est-il urgent ?
Oui, particulièrement s'il s'accompagne de fièvre ou d'une douleur très importante.
Cela peut évoquer :
- infection ;
- poussée inflammatoire ;
- autre problème articulaire aigu.
Ameli recommande une consultation dans la journée si le genou est très volumineux, rouge, chaud ou si la douleur s'accompagne de fièvre.
Que penser d'un genou gonflé sans fièvre ?
Un gonflement sans fièvre n'est pas forcément urgent, mais il mérite une consultation s'il persiste.
Il peut correspondre à :
- épanchement ;
- irritation ;
- traumatisme ;
- arthrose en poussée ;
- problème méniscal ;
- autre cause.
Le gonflement est une information clinique importante.
Qu'est-ce que l'arthrose du genou ?
L'arthrose du genou est appelée gonarthrose.
Elle correspond à une maladie articulaire dans laquelle plusieurs structures de l'articulation évoluent au fil du temps.
Le cartilage fait partie du processus, mais réduire l'arthrose à :
« cartilage usé »
est trop simpliste.
Quels symptômes sont typiques ?
Ameli décrit notamment une douleur :
- favorisée par la marche ;
- présente dans les escaliers ;
- déclenchée par le passage assis-debout ;
- généralement soulagée par le repos.
Le matin, la raideur est souvent courte, typiquement moins de quinze minutes.
Une radio montrant de l'arthrose explique-t-elle forcément toute la douleur ?
Non.
La prise en charge moderne de l'arthrose doit être guidée par :
- symptômes ;
- fonction ;
- retentissement.
NICE recommande d'ailleurs de ne pas utiliser systématiquement l'imagerie pour suivre l'arthrose ou guider sa prise en charge non chirurgicale.
Une image et une expérience douloureuse ne sont pas parfaitement superposables.
Le genou peut-il faire mal sans arthrose ?
Oui.
Selon l'âge, l'activité et le contexte, d'autres causes existent :
- douleur fémoro-patellaire ;
- tendinopathie ;
- ménisque ;
- ligament ;
- bursopathie ;
- maladie inflammatoire ;
- douleur référée.
Il faut éviter de transformer toute gonalgie chez l'adulte en :
« usure du cartilage ».
Qu'est-ce qu'une douleur fémoro-patellaire ?
Elle concerne la zone autour ou derrière la rotule.
Elle peut être favorisée par :
- escaliers ;
- accroupissement ;
- course ;
- position assise prolongée.
La prise en charge repose souvent sur :
- adaptation temporaire de la charge ;
- renforcement progressif ;
- reprise de l'activité.
Une douleur devant le genou ne signifie pas automatiquement arthrose.
Une douleur du genou peut-elle venir de la hanche ?
Oui.
Certaines pathologies de hanche peuvent donner une douleur ressentie vers :
- cuisse ;
- genou.
C'est particulièrement important lorsqu'un examen du genou n'explique pas bien les symptômes.
Le médecin peut donc examiner :
- genou ;
- hanche ;
- parfois dos
dans la même consultation.
Le stress peut-il provoquer une douleur du genou ?
Pas à lui seul dans la plupart des cas.
Le stress peut modifier :
- sommeil ;
- récupération ;
- vigilance ;
- activité ;
- perception de la douleur.
Mais il ne doit pas servir à expliquer :
- genou gonflé ;
- traumatisme ;
- instabilité ;
- blocage ;
- inflammation.
L'ancien réflexe :
« la douleur est amplifiée par le système nerveux »
peut être pertinent dans certaines douleurs chroniques, mais seulement après avoir compris le problème articulaire.
Qu'est-ce que la sensibilisation dans une douleur chronique du genou ?
Chez certaines personnes, une douleur persistante peut s'accompagner d'une augmentation de la sensibilité du système nociceptif.
Cela peut contribuer à :
- douleur plus diffuse ;
- sensibilité accrue ;
- intensité moins directement liée à la charge.
Mais une sensibilisation ne remplace pas le diagnostic.
Voir : Douleur chronique et hypersensibilisation du système nerveux.
Pourquoi la douleur varie-t-elle d'un jour à l'autre ?
Plusieurs facteurs peuvent modifier les symptômes :
- activité ;
- volume de marche ;
- sommeil ;
- inflammation ;
- fatigue ;
- charge sportive ;
- récupération.
Une fluctuation n'indique pas automatiquement :
« le cartilage s'abîme les mauvais jours ».
L'arthrose elle-même peut évoluer par périodes de poussées et d'accalmie.
La météo influence-t-elle réellement le genou ?
Certaines personnes rapportent clairement des variations liées à :
- froid ;
- humidité ;
- changements de pression.
Les études sur ce sujet retrouvent des associations variables.
Même si vous observez ce lien chez vous, il ne signifie pas que la météo modifie rapidement la structure de l'articulation.
Faut-il arrêter le sport quand le genou fait mal ?
Pas systématiquement.
Il peut être nécessaire de réduire temporairement :
- volume ;
- intensité ;
- gestes très irritants.
Mais l'objectif est généralement de reprendre progressivement.
Dans l'arthrose, la HAS considère l'activité physique comme le premier traitement, avant les traitements médicamenteux.
NICE recommande également un exercice thérapeutique adapté à toutes les personnes atteintes d'arthrose.
L'exercice peut-il faire un peu mal au début ?
Oui.
NICE précise que la douleur peut augmenter temporairement au début d'un programme d'exercice.
Mais une pratique régulière et adaptée améliore à long terme :
- douleur ;
- fonction ;
- qualité de vie.
Faut-il forcer malgré une forte douleur ?
Non.
Une augmentation importante et durable du gonflement ou de la douleur indique qu'il faut adapter :
- charge ;
- fréquence ;
- amplitude.
L'exercice n'est pas un test de volonté.
Quels exercices sont généralement utilisés ?
Selon le problème, un programme peut inclure :
- renforcement du quadriceps ;
- renforcement de la hanche ;
- travail de l'équilibre ;
- marche ;
- vélo ;
- activité aquatique ;
- exercices fonctionnels.
Il n'existe pas un exercice unique valable pour tous les genoux.
Le vélo est-il bon pour les genoux ?
Il peut être très bien toléré car il permet de mobiliser l'articulation avec une charge différente de la marche ou de la course.
Mais :
- hauteur de selle ;
- résistance ;
- durée
doivent être adaptées.
Une douleur importante n'a pas à être « traversée » à tout prix.
La marche est-elle recommandée ?
Oui dans beaucoup de situations, notamment l'arthrose.
Elle contribue à :
- activité cardiovasculaire ;
- entretien musculaire ;
- autonomie.
Si la marche est très douloureuse, on peut commencer par :
- durée plus courte ;
- terrain plat ;
- fractionnement.
Le poids joue-t-il un rôle dans l'arthrose du genou ?
Oui, lorsque la personne vit avec un surpoids ou une obésité.
NICE indique que la perte de poids peut améliorer :
- douleur ;
- fonction ;
- qualité de vie
dans l'arthrose, notamment du genou.
Faut-il culpabiliser la personne sur son poids ?
Non.
Le poids est un facteur parmi d'autres.
La prise en charge doit être :
- réaliste ;
- progressive ;
- non culpabilisante.
Et l'exercice reste utile même lorsqu'aucune perte de poids n'est obtenue.
Faut-il porter une genouillère ?
Pas systématiquement.
NICE recommande de ne pas proposer de routine :
- orthèses ;
- genouillères ;
- semelles ;
- bandes
dans l'arthrose, sauf dans certaines situations comme :
- instabilité ;
- charge biomécanique anormale ;
- besoin d'aide pour améliorer la fonction.
Une genouillère ne doit pas devenir une obligation parce que le genou serait « fragile ».
Les thérapies manuelles sont-elles utiles dans l'arthrose ?
NICE conseille de ne les envisager que comme complément à l'exercice thérapeutique.
Il n'existe pas suffisamment de preuves pour les utiliser seules.
C'est un point important si vous consultez :
- ostéopathe ;
- masseur ;
- autre praticien manuel.
Le soin passif ne devrait pas remplacer la reprise d'activité.
Quelle place pour la kinésithérapie ?
Elle peut être centrale lorsqu'il existe :
- perte de force ;
- difficulté à marcher ;
- reprise sportive ;
- douleur persistante ;
- arthrose symptomatique ;
- instabilité.
Le kinésithérapeute peut proposer une progression adaptée et aider à retrouver de la capacité.
Les infiltrations ont-elles une place ?
Selon la cause, le médecin peut discuter certains traitements locaux.
Dans l'arthrose, les recommandations pharmacologiques dépendent :
- du niveau de douleur ;
- des traitements déjà essayés ;
- des risques individuels.
Une infiltration ne doit pas être décidée uniquement parce qu'une radio montre de l'arthrose.
Quand parle-t-on de chirurgie ?
La chirurgie n'est pas la première réponse à une douleur chronique du genou.
Dans l'arthrose, NICE recommande d'envisager une orientation pour prothèse lorsque :
- douleur ;
- raideur ;
- limitation fonctionnelle ;
- déformation
affectent fortement la qualité de vie et que la prise en charge non chirurgicale est insuffisante ou inadaptée.
La décision repose sur la clinique, pas seulement sur une image.
Un massage peut-il aider ?
Un masseur bien-être peut apporter :
- détente ;
- confort ;
- diminution temporaire de certaines tensions autour de la cuisse ou de la jambe.
Mais un genou :
- rouge ;
- chaud ;
- très gonflé ;
- traumatisé
ne doit pas être traité comme une simple tension.
Et l'ostéopathie ?
Un ostéopathe peut être recherché comme complément manuel dans certaines douleurs musculosquelettiques.
Mais face à une douleur chronique du genou, une stratégie exclusivement passive risque de négliger :
- force ;
- activité ;
- contrôle du mouvement ;
- fonction.
Voir : Ostéopathie et douleurs chroniques.
Le stress ou la peur du mouvement prennent beaucoup de place : que faire ?
Une douleur chronique peut conduire à :
- appréhension ;
- évitement ;
- peur de « user » davantage l'articulation ;
- perte de confiance.
Un psychologue peut aider lorsque ces dimensions deviennent importantes.
Une sophrologue ou un sophrologue peut apporter relaxation et gestion du stress en complément.
Cela ne remplace pas le travail physique du genou.
Quand faut-il consulter un médecin ?
Ameli conseille de consulter dans les jours qui viennent notamment si :
- la douleur persiste ;
- elle s'aggrave ;
- le genou gonfle ;
- il se déforme ;
- il se dérobe ;
- il se bloque ;
- la raideur limite l'extension ou la flexion.
Consultez dans la journée si :
- la douleur est très intense ;
- vous avez de la fièvre ;
- le genou est très rouge, chaud et volumineux ;
- le genou est gonflé avec un contexte de traitement anticoagulant ou de trouble de coagulation.
Après un traumatisme grave avec impossibilité de marcher ou blessure majeure, contactez le 15 ou le 112.
Une stratégie simple pour une douleur du genou non urgente
1. Regardez le contexte
Traumatisme ? reprise sportive ? apparition progressive ?
2. Repérez le gonflement
Absent, léger, important, chaud ?
3. Testez la fonction
Pouvez-vous :
- marcher ;
- monter un escalier ;
- tendre le genou ;
- le plier ?
4. Adaptez temporairement la charge
Réduisez ce qui déclenche fortement sans arrêter toute activité.
5. Reprenez progressivement
Marche, renforcement ou autre activité adaptée.
6. Consultez si cela ne s'améliore pas
Ou immédiatement si un signe d'alerte apparaît.
Comment utiliser Holia ?
Après clarification médicale, certains accompagnements complémentaires peuvent être explorés :
Vous pouvez aussi chercher un praticien près de chez vous.
Pour une douleur du genou avec perte de force, instabilité ou arthrose symptomatique, médecin et kinésithérapeute gardent une place prioritaire.
Sources et références
- Assurance Maladie - Douleurs du genou : que faire et quand consulter ? (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Gonalgie : consultation médicale et traitement (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Arthrose du genou : symptômes et diagnostic (ouvre un site externe)
- HAS - Arthrose des membres : l'activité physique pour votre santé (ouvre un site externe)
- HAS - Prescription d'activité physique : arthroses périphériques (ouvre un site externe)
- NICE - Osteoarthritis in over 16s: diagnosis and management (ouvre un site externe)
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