Publié le Mis à jour le 12 min de lecture
Douleurs aux épaules
Douleur à l'épaule : plusieurs structures et situations peuvent être en cause. Quels repères observer et pourquoi éviter d'attribuer automatiquement la douleur à la posture ?

Une douleur à l'épaule peut rendre difficiles des gestes très simples :
- enfiler un vêtement ;
- se coiffer ;
- attraper un objet en hauteur ;
- dormir sur le côté ;
- porter un sac ;
- travailler avec le bras élevé.
Mais « douleur à l'épaule » ne désigne pas une seule maladie.
Chez l'adulte, les causes fréquentes concernent notamment les tendons de la coiffe des rotateurs, les bourses autour de l'articulation, la capsule articulaire ou, plus rarement, l'articulation elle-même. Une douleur venant du cou peut aussi être ressentie vers l'épaule et le bras.
Le stress, la fatigue, les positions prolongées ou une sensibilisation du système de douleur peuvent modifier le vécu d'une douleur déjà installée. Ils ne doivent toutefois pas devenir une explication automatique.
La bonne question est donc :
« Quel mouvement déclenche la douleur, depuis quand, avec quelle perte de mobilité ou de force, et existe-t-il un signe qui nécessite une évaluation médicale ? »
Quelles structures peuvent faire mal à l'épaule ?
L'épaule est un ensemble complexe comprenant :
- l'articulation gléno-humérale ;
- l'articulation acromio-claviculaire ;
- la coiffe des rotateurs ;
- le tendon du long biceps ;
- plusieurs bourses ;
- la capsule articulaire ;
- les muscles autour de l'omoplate.
Ameli indique que, dans la majorité des épaules douloureuses chroniques, les atteintes concernent surtout les structures péri-articulaires, en particulier les tendons.
La coiffe des rotateurs, c'est quoi ?
La coiffe des rotateurs regroupe plusieurs muscles et tendons qui contribuent à :
- stabiliser l'épaule ;
- lever le bras ;
- effectuer certaines rotations.
Une tendinopathie ou une rupture de la coiffe peut provoquer :
- douleur lors de l'élévation du bras ;
- douleur à l'effort ;
- gêne nocturne ;
- diminution de force.
Mais une anomalie tendineuse vue à l'imagerie n'est pas toujours douloureuse.
Qu'est-ce qu'une tendinopathie de l'épaule ?
Une tendinopathie correspond à une atteinte d'un tendon.
À l'épaule, elle touche souvent :
- un tendon de la coiffe ;
- parfois le long biceps.
Le terme « tendinite » est encore utilisé dans le langage courant, mais toutes les tendinopathies chroniques ne correspondent pas à une inflammation aiguë permanente.
Quels gestes peuvent déclencher la douleur ?
Ameli cite notamment :
- lever le bras vers l'avant ;
- lever le bras sur le côté ;
- mettre la main derrière le dos ;
- faire une rotation externe ;
- réaliser certains efforts répétitifs.
La localisation seule ne permet cependant pas d'identifier avec certitude le tendon responsable.
Une douleur à l'épaule vient-elle forcément d'un tendon ?
Non.
D'autres situations existent.
Bursopathie
Une bourse située autour de l'épaule peut devenir irritée.
Capsulite rétractile
La capsule se rétracte progressivement.
La personne perd fortement la mobilité active et passive de l'épaule.
On parle souvent d'« épaule gelée ».
Arthrose
L'arthrose de l'épaule existe, mais Ameli rappelle qu'elle est moins fréquente que l'arthrose du genou ou de la hanche.
Calcification tendineuse
Des calcifications peuvent être découvertes autour des tendons.
Elles sont parfois totalement silencieuses.
Lorsqu'elles se résorbent, elles peuvent en revanche provoquer une crise douloureuse très intense.
Qu'est-ce qu'une capsulite rétractile ?
La capsulite entraîne une diminution progressive et importante de l'amplitude.
Les gestes deviennent difficiles dans plusieurs directions :
- lever le bras ;
- passer la main dans le dos ;
- tourner le bras vers l'extérieur.
La douleur peut être forte au début, notamment la nuit.
Puis la raideur devient parfois le symptôme dominant.
Peut-on simplement « forcer » l'épaule ?
Non.
Une capsulite ne se traite pas comme une simple tension musculaire.
La prise en charge doit être adaptée à la phase, à la douleur et au diagnostic.
Une rupture de la coiffe est-elle toujours brutale ?
Non.
Certaines ruptures apparaissent progressivement sur un tendon déjà fragilisé.
D'autres sont traumatiques.
Une rupture importante peut provoquer :
- douleur ;
- perte de force ;
- difficulté majeure à lever le bras.
Après un traumatisme, une incapacité nouvelle à utiliser normalement le bras mérite une évaluation rapide.
Une douleur d'épaule peut-elle venir du cou ?
Oui.
Une irritation d'une racine nerveuse cervicale peut donner une douleur qui descend vers :
- épaule ;
- bras ;
- avant-bras ;
- main.
Elle peut être associée à :
- fourmillements ;
- engourdissement ;
- faiblesse.
Dans ce cas, l'épaule elle-même n'est pas forcément la seule structure en cause.
Voir : Cervicalgies chroniques.
Comment distinguer douleur d'épaule et douleur cervicale ?
Quelques repères peuvent aider, sans remplacer l'examen.
Plutôt épaule
La douleur est surtout déclenchée par :
- lever le bras ;
- mettre la main derrière le dos ;
- certains gestes de l'épaule.
Plutôt cervical ou neurologique
La douleur est associée à :
- mouvements du cou ;
- irradiation sous le coude ;
- fourmillements ;
- engourdissement ;
- faiblesse neurologique.
Mais les deux peuvent coexister.
Une douleur de l'épaule peut-elle être liée au cœur ?
Oui, parfois.
Une douleur cardiaque peut irradier vers :
- une épaule ;
- un bras ;
- la mâchoire ;
- le dos.
Une douleur thoracique ou une oppression associée à :
- essoufflement ;
- malaise ;
- sueurs ;
- nausées ;
- irradiation vers le bras
doit faire envisager une urgence.
Dans ce contexte, appelez le 15 ou le 112.
Voir : Douleurs thoraciques : pourquoi ne pas conclure trop vite au stress ?.
Quand faut-il consulter rapidement pour une douleur d'épaule ?
Consultez rapidement si :
- la douleur suit un traumatisme important ;
- vous ne pouvez plus lever le bras ;
- une faiblesse brutale apparaît ;
- l'épaule est déformée ;
- le bras devient froid, pâle ou très gonflé ;
- une fièvre accompagne une articulation rouge, chaude ou gonflée ;
- des symptômes neurologiques apparaissent ;
- la douleur est associée à des signes thoraciques inquiétants.
Quand consulter sans urgence ?
Prenez rendez-vous si :
- la douleur persiste ;
- elle s'aggrave ;
- elle réveille régulièrement la nuit ;
- la force diminue ;
- la mobilité se réduit ;
- les gestes professionnels deviennent difficiles ;
- l'automédication ne suffit pas.
Une douleur chronique ne doit pas simplement être attribuée à :
« une épaule fragile ».
Comment le médecin examine-t-il une épaule douloureuse ?
L'examen porte notamment sur :
- localisation ;
- mouvements déclencheurs ;
- mobilité active ;
- mobilité passive ;
- force ;
- cou ;
- contexte professionnel ;
- antécédent traumatique.
Il peut déjà orienter vers :
- tendinopathie ;
- capsulite ;
- atteinte neurologique ;
- autre cause.
L'imagerie est-elle toujours nécessaire ?
Non.
La HAS recommande une stratégie d'imagerie adaptée au contexte plutôt que des examens systématiques.
Selon le tableau, le médecin peut demander :
- radiographie ;
- échographie ;
- IRM ;
- autre examen.
Pourquoi ne pas demander une IRM immédiatement ?
Parce que des anomalies peuvent être présentes sans expliquer les symptômes.
Ameli rappelle notamment que certaines lésions dégénératives ou calcifications peuvent rester asymptomatiques.
L'imagerie doit donc répondre à une question clinique.
Pourquoi « j'ai une lésion sur l'IRM » ne résume-t-il pas la situation ?
Parce qu'une image ne mesure pas directement :
- douleur ;
- capacité ;
- force ;
- sommeil ;
- handicap.
Une lésion peut être pertinente.
Mais son importance dépend de sa concordance avec :
- symptômes ;
- examen ;
- évolution.
La prise en charge ne doit pas consister à traiter uniquement le compte rendu radiologique.
Faut-il arrêter de bouger lorsque l'épaule fait mal ?
Pas automatiquement.
Dans de nombreuses épaules douloureuses non traumatiques, une immobilisation complète prolongée peut favoriser :
- perte de mobilité ;
- perte de force ;
- appréhension.
Le mouvement doit toutefois être adapté.
Une règle pratique
Différenciez :
- gêne tolérable pendant un exercice ;
- forte aggravation persistante ;
- douleur aiguë inhabituelle ;
- perte de force.
L'objectif n'est pas de forcer malgré n'importe quel symptôme.
Quelle place pour la kinésithérapie ?
Elle est importante dans de nombreuses douleurs de l'épaule.
Ameli indique que la rééducation vise notamment à retrouver :
- mobilité ;
- force musculaire ;
- fonctionnement de l'épaule.
Elle comprend généralement une participation active du patient et de l'autorééducation.
Pourquoi l'exercice compte-t-il ?
Parce qu'une épaule douloureuse peut conduire à :
- moins lever le bras ;
- moins porter ;
- éviter certains gestes ;
- perdre progressivement de la capacité.
La rééducation cherche à reconstruire cette fonction.
Faut-il renforcer la coiffe des rotateurs ?
Souvent, un programme peut inclure du renforcement.
Mais il ne s'agit pas d'un protocole identique pour tout le monde.
Selon la douleur, le professionnel peut travailler :
- coiffe ;
- muscles autour de l'omoplate ;
- mobilité ;
- gestes fonctionnels ;
- charge progressive.
Les étirements sont-ils indispensables ?
Non.
Ils peuvent aider certaines personnes.
Mais une sensation de raideur ne signifie pas forcément qu'il faut :
« étirer plus fort ».
Dans une capsulite ou une épaule très irritable, la stratégie doit être individualisée.
Le repos est-il parfois utile ?
Oui, surtout après une surcharge ou pendant une poussée.
Mais il vaut mieux parler de repos relatif :
- réduire temporairement les gestes les plus irritants ;
- conserver les mouvements bien tolérés ;
- reprendre progressivement.
Le repos complet prolongé est rarement l'objectif.
Le travail peut-il entretenir une douleur d'épaule ?
Oui.
Ameli et l'INRS classent les atteintes de la coiffe parmi les troubles musculosquelettiques fréquents du membre supérieur.
Les facteurs professionnels peuvent inclure :
- gestes répétés ;
- travail bras en hauteur ;
- charges ;
- contraintes soutenues ;
- récupération insuffisante.
Quand parler au médecin du travail ?
Si la douleur :
- réapparaît systématiquement au poste ;
- empêche certains gestes ;
- entraîne des arrêts répétés ;
- nécessite un aménagement.
Le but est d'adapter la situation avant que le problème ne devienne plus invalidant.
La posture est-elle la cause principale ?
Pas nécessairement.
Une position prolongée peut contribuer à l'inconfort.
Mais la douleur d'épaule n'est pas réductible à :
- épaules arrondies ;
- tête en avant ;
- « mauvaise posture ».
La charge, le type de mouvement et la capacité physique comptent aussi.
Voir : Douleurs cervicales et posture.
Le stress peut-il augmenter la douleur ?
Oui.
Il peut influencer :
- tension musculaire ;
- sommeil ;
- vigilance ;
- récupération ;
- perception de la douleur.
Mais il ne faut pas utiliser le stress pour expliquer une perte de force, une capsulite ou une rupture tendineuse.
Le système nerveux peut-il participer à une douleur chronique d'épaule ?
Oui, chez certaines personnes.
Après plusieurs mois, une sensibilisation peut contribuer à :
- douleur plus diffuse ;
- sensibilité accrue ;
- réaction plus forte à certains mouvements.
Mais elle ne doit pas être supposée automatiquement.
Voir : Douleur chronique et hypersensibilisation du système nerveux.
Le massage peut-il aider ?
Un masseur bien-être peut apporter :
- détente ;
- confort ;
- diminution temporaire de certaines tensions.
Cela peut être agréable.
Mais le massage ne traite pas :
- rupture de tendon ;
- capsulite ;
- atteinte neurologique.
Voir : Massages bien-être et douleurs chroniques.
Et l'ostéopathie ?
Un ostéopathe peut être envisagé comme approche manuelle complémentaire après clarification du tableau.
Soyez prudent avec les explications du type :
- épaule « déplacée » ;
- omoplate « bloquée » ;
- besoin d'être « réaligné ».
L'objectif devrait rester :
- confort ;
- mouvement ;
- autonomie.
Voir : Ostéopathie et douleurs chroniques.
Quand un psychologue ou un sophrologue peut-il être utile ?
Une douleur persistante peut provoquer :
- anxiété ;
- peur du mouvement ;
- frustration ;
- sommeil perturbé ;
- hypervigilance.
Un psychologue peut accompagner ces dimensions.
Une sophrologue ou un sophrologue peut proposer relaxation et respiration en complément.
Cela ne signifie pas que la cause de l'épaule est psychologique.
Une stratégie simple si votre épaule reste douloureuse
1. Repérez les gestes déclencheurs
Élévation ? rotation ? sommeil sur le côté ? port de charge ?
2. Observez la mobilité
Pouvez-vous lever le bras ?
Mettre la main dans le dos ?
3. Vérifiez la force
Une perte nouvelle de force mérite une évaluation.
4. Adaptez la charge
Réduisez temporairement les gestes les plus irritants sans arrêter tout mouvement.
5. Consultez si cela persiste
Surtout si la mobilité ou la force diminuent.
Comment utiliser Holia ?
Une fois le diagnostic ou le cadre médical clarifié, vous pouvez utiliser Holia pour chercher certains accompagnements complémentaires :
Vous pouvez aussi chercher un praticien près de chez vous.
Ces professionnels ne remplacent pas le médecin ou le kinésithérapeute lorsque leur intervention est nécessaire.
Sources et références
- Assurance Maladie - Épaule douloureuse chronique : définition, causes et facteurs favorisants (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Symptômes, diagnostic et évolution de l'épaule douloureuse chronique (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Traitement de l'épaule douloureuse chronique (ouvre un site externe)
- HAS - Conduite diagnostique devant une épaule douloureuse non traumatique de l'adulte et prise en charge des tendinopathies de la coiffe des rotateurs (ouvre un site externe)
Explorer ce sujet
La page dédiée à ce vécu sur Holia, et quelques guides proches pour prolonger la lecture.
Guides liés
Cervicalgies chroniques : comprendre une douleur du cou qui persiste
Une douleur du cou qui dure ne se résume pas à une mauvaise posture ou au stress. Repères sur les cervicalgies persistantes, le mouvement, l'imagerie, la kinésithérapie et les situations qui nécessitent un avis médical.
Lire le guideDouleurs cervicales et posture : pourquoi le lien n'est-il pas si simple ?
Écran, position assise ou téléphone sont souvent accusés des douleurs cervicales. La posture peut influencer le confort, mais elle ne permet pas à elle seule d'expliquer une cervicalgie.
Lire le guideDouleur chronique et hypersensibilisation du système nerveux
Vous souffrez de douleurs persistantes sans cause claire ? Découvrez le rôle de l’hypersensibilisation du système nerveux dans la douleur chronique.
Lire le guideMassages bien-être et douleurs chroniques
Vous souffrez de douleurs chroniques et vous vous demandez si les massages peuvent aider ? Découvrez leur rôle dans la détente, le stress et la perception de la douleur.
Lire le guide
Approches associées
Des méthodes souvent explorées autour de ce vécu, pour prolonger la lecture sans multiplier les pistes.
Trouver un accompagnement adapté aux douleurs chroniques
Indiquez votre ville pour découvrir les professionnels disponibles près de chez vous.