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Souffrance psychique au travail : ce que révèlent les nouvelles données françaises
Santé publique France publie en 2026 un bilan de surveillance couvrant 2019 à 2023. La souffrance psychique liée au travail est davantage signalée chez les femmes, les cadres et professions intermédiaires, et elle est presque toujours associée à des facteurs d’organisation, de relations ou d’éthique au travail.

Quand une personne va mal à cause de son travail, le problème vient-il d’elle ou de son environnement professionnel ?
Un nouveau rapport publié en juillet 2026 par Santé publique France apporte des éléments particulièrement utiles pour sortir de cette opposition simpliste.
Le document analyse les données du Programme de surveillance des maladies à caractère professionnel, ou MCP, recueillies entre 2019 et 2023 par des équipes de santé au travail participantes.
Deux grandes familles de problèmes dominent les signalements : les troubles musculo-squelettiques et la souffrance psychique.
Pour cette dernière, plusieurs résultats ressortent nettement.
La souffrance psychique liée au travail est deux à trois fois plus souvent signalée chez les femmes que chez les hommes. En fin de période, Santé publique France indique une prévalence de 6,7 % chez les femmes et d’environ 2,3 % chez les hommes.
Elle touche aussi davantage, dans ce dispositif, les cadres et les professions intermédiaires que les ouvriers.
Mais surtout, lorsque les médecins du travail identifient des facteurs professionnels associés à la souffrance psychique, plus de 98 % relèvent de facteurs organisationnels, relationnels ou éthiques.
Charge de travail, fonctionnement de l’organisation, relations avec la hiérarchie ou les collègues, violences internes, manque de moyens et déficit de reconnaissance reviennent au premier plan.
Ce résultat mérite une attention particulière pour un site consacré au bien-être.
Il rappelle qu’une personne peut apprendre à respirer, méditer, mieux récupérer ou gérer son stress sans que cela suffise à corriger une organisation du travail qui reste nocive.
Que mesure exactement le rapport de Santé publique France ?
Le rapport publié en 2026 ne repose pas sur un questionnaire envoyé à l’ensemble de la population française.
Il s’appuie sur le Programme de surveillance des maladies à caractère professionnel.
Une maladie à caractère professionnel est définie ici comme une maladie ou un symptôme susceptible d’être lié au travail mais n’ayant pas fait l’objet d’une reconnaissance comme maladie professionnelle par un régime de Sécurité sociale.
Pendant deux semaines consécutives chaque semestre, des médecins du travail volontaires signalent les situations qu’ils considèrent comme pouvant avoir un lien professionnel.
Les données recueillies permettent ensuite d’étudier les différences selon le sexe, l’âge, la catégorie socioprofessionnelle ou le secteur d’activité.
Sur la période 2019-2023, le programme couvrait six régions de France hexagonale et deux départements ou régions d’outre-mer.
La participation des équipes de santé au travail a diminué pendant la période Covid, passant de 13 % en 2018 à 9 % en 2020-2021, avant de remonter à 12 % en 2022-2023.
Cette méthodologie est importante pour comprendre les chiffres.
Le rapport constitue un excellent outil de surveillance.
Il ne signifie pas pour autant que 6,7 % de toutes les femmes salariées françaises souffraient nécessairement d’un trouble psychique causé par leur travail.
Il mesure ce qui est repéré et signalé dans le cadre précis du programme.
Pourquoi parler de « souffrance psychique » plutôt que simplement de burnout ?
Parce que les situations observées sont plus larges que l’épuisement professionnel.
Dans le programme MCP, la souffrance psychique peut correspondre à plusieurs symptômes ou pathologies.
La dépression est la catégorie la plus fréquemment signalée.
Sur l’ensemble de la période étudiée depuis 2007, sa prévalence dans le dispositif varie de 0,6 à 1,5 % chez les hommes et de 1,5 à 3,8 % chez les femmes.
Viennent ensuite les syndromes d’épuisement professionnel et l’anxiété, qui progressent également sur la période de surveillance.
Les troubles du sommeil et les syndromes post-traumatiques apparaissent moins fréquemment dans les signalements.
Le terme « burnout » ne couvre donc qu’une partie du problème.
Une personne en difficulté au travail peut présenter de l’épuisement, mais aussi de l’anxiété, une dépression, des troubles du sommeil, une irritabilité importante, une perte de motivation ou d’autres symptômes.
Réduire toute souffrance liée au travail au burnout peut faire passer à côté de situations différentes qui ne nécessitent pas la même réponse.
Quelle est l’ampleur de la souffrance psychique liée au travail ?
La tendance de long terme montre une progression.
Chez les hommes suivis dans le programme, la prévalence de la souffrance psychique liée au travail est passée de 1,3 % en 2007 à 2,9 % en 2020-2021, avant une légère baisse en fin de période.
Chez les femmes, elle est passée de 2,4 % en 2007 à 6,2 % en 2018, a légèrement diminué pendant la période 2019-2021 puis est remontée pour atteindre 6,7 % en 2022-2023.
Santé publique France souligne que les résultats de 2019 à 2023 ont été influencés par la crise sanitaire.
Ils devront donc être comparés à des données post-Covid pour savoir quelles évolutions se prolongent réellement.
Ce point évite une conclusion trop rapide.
Le rapport publié en 2026 donne une photographie très utile de plusieurs années particulièrement atypiques.
Il ne permet pas encore de dire que tous les changements observés sont devenus structurels.
Pourquoi les femmes sont-elles davantage concernées ?
Dans le programme MCP, la souffrance psychique est deux à trois fois plus fréquemment signalée chez les femmes que chez les hommes, quelle que soit l’année considérée.
L’écart reste visible à âge et catégorie socioprofessionnelle comparables.
Mais le rapport ne permet pas de réduire cette différence à une explication unique.
Les expositions professionnelles peuvent différer.
Les secteurs et métiers occupés ne sont pas les mêmes.
Les contraintes relationnelles ou organisationnelles peuvent varier.
Des inégalités plus larges entre vie professionnelle et responsabilités hors travail peuvent également influencer la santé mentale.
Santé publique France a d’ailleurs consacré d’autres travaux aux déterminants sociaux des différences de genre en santé mentale.
Ce qu’il faut retenir du rapport MCP est plus simple : les femmes apparaissent systématiquement davantage concernées dans ce dispositif de surveillance.
Cette différence mérite donc une attention particulière en prévention, sans chercher une cause unique là où plusieurs facteurs peuvent se combiner.
Les cadres sont-ils vraiment plus touchés que les ouvriers ?
Dans ce programme, oui pour la souffrance psychique signalée comme liée au travail.
C’est même l’un des résultats les plus frappants du rapport.
La situation est exactement inverse de celle observée pour les troubles musculo-squelettiques.
Pour les TMS, la prévalence augmente lorsqu’on descend l’échelle socioprofessionnelle et atteint son maximum chez les ouvriers.
Pour la souffrance psychique, les chercheurs observent ce qu’ils appellent un gradient social inversé.
En 2022-2023, chez les hommes, la souffrance psychique concernait 4,4 % des cadres contre 0,9 % des ouvriers.
Chez les femmes, elle concernait 11,2 % des cadres contre 3,3 % des ouvrières.
Cela ne signifie pas que les cadres seraient globalement « plus malheureux » ou que les ouvriers seraient protégés des difficultés psychologiques.
Le programme mesure des situations identifiées par la médecine du travail comme ayant un lien potentiel avec l’activité professionnelle.
Les différences de repérage, de consultation, de conditions d’emploi et de nature des expositions peuvent intervenir.
Mais le résultat rappelle que les risques psychosociaux ne suivent pas exactement les mêmes lignes sociales que les contraintes physiques du travail.
Quels secteurs sont les plus concernés ?
La réponse dépend du sexe et de la manière dont on regarde les données.
En prévalence brute, les secteurs avec les chiffres les plus élevés varient d’une année à l’autre.
Chez les hommes, Santé publique France retrouve notamment des niveaux élevés dans l’information et la communication, les activités financières et d’assurance et les activités immobilières.
Chez les femmes, les niveaux élevés concernent selon les périodes l’information et la communication, l’enseignement, la finance et l’assurance, l’immobilier ou encore l’industrie.
Les effectifs sont parfois faibles, ce qui impose de ne pas transformer ces tableaux en classement des « métiers les plus toxiques ».
Les analyses ajustées apportent une autre information.
Après prise en compte de plusieurs caractéristiques socioprofessionnelles, le risque de souffrance psychique apparaît le plus élevé dans les activités financières et d’assurance chez les hommes et dans la construction chez les femmes, par comparaison avec le secteur industriel utilisé comme référence.
Ces résultats montrent surtout que le secteur compte, mais qu’il ne suffit pas à expliquer une situation individuelle.
Deux entreprises du même domaine peuvent présenter des organisations du travail extrêmement différentes.
Qu’est-ce qui est le plus souvent mis en cause ?
C’est probablement le résultat le plus important du rapport pour comprendre la prévention.
Dans plus de 98 % des facteurs professionnels associés à une souffrance psychique, les médecins du travail identifient des facteurs organisationnels, relationnels ou éthiques.
En 2022-2023, plus de la moitié de ces facteurs relevaient de l’organisation fonctionnelle du travail.
La surcharge ou la sous-charge de travail était le problème le plus fréquemment cité chez les hommes comme chez les femmes.
Chez les hommes, venaient ensuite notamment le déficit de reconnaissance et le manque de moyens.
Chez les femmes, les changements dans l’organisation étaient particulièrement présents.
Les relations de travail et les violences constituaient la deuxième grande famille de facteurs.
Elles représentaient 24,8 % des facteurs associés chez les hommes et 31,2 % chez les femmes.
Les relations vécues comme délétères avec la hiérarchie, les collègues ou le collectif étaient les problèmes relationnels les plus souvent signalés.
Autrement dit, les données ne racontent pas principalement une histoire de personnes qui « ne savent plus gérer le stress ».
Elles racontent une histoire d’organisation du travail.
Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
Parce que la réponse apportée dépend directement de la manière dont on définit le problème.
Si l’on considère que le stress vient avant tout d’une mauvaise capacité individuelle à gérer ses émotions, la solution paraît simple : apprendre à se détendre, respirer davantage, méditer, faire du sport ou mieux dormir.
Ces outils peuvent réellement aider certaines personnes.
Mais ils ne modifient pas une charge de travail impossible.
Ils ne corrigent pas un management dysfonctionnel.
Ils ne restaurent pas des moyens manquants.
Ils ne mettent pas fin à des violences internes.
Ils ne redonnent pas automatiquement une marge de manœuvre à quelqu’un qui n’en possède plus.
L’INRS recommande pour cette raison de privilégier une prévention collective centrée sur le travail et son organisation.
Les approches de bien-être individuel peuvent avoir une place.
Elles ne doivent pas devenir un moyen de demander aux salariés de s’adapter indéfiniment à une situation qui reste pathogène.
Est-ce que la méditation, la sophrologie ou la relaxation peuvent quand même aider ?
Oui, mais il faut être précis sur ce qu’on leur demande.
Le rapport de Santé publique France n’évalue pas l’efficacité de la méditation, de la sophrologie, de l’hypnose ou d’autres pratiques de bien-être.
On ne peut donc pas utiliser cette publication pour affirmer qu’une de ces approches prévient ou traite la souffrance psychique liée au travail.
En revanche, certaines personnes utilisent ces pratiques pour apprendre à ralentir, mieux identifier leurs tensions, retrouver des moments de récupération ou développer des stratégies de régulation du stress.
Un sophrologue, un instructeur de méditation ou un hypnothérapeute peuvent éventuellement intervenir dans ce registre de soutien, selon les besoins et les préférences de la personne.
Mais leur rôle doit rester correctement situé.
Une pratique individuelle peut aider à mieux traverser une période difficile.
Elle ne prouve pas que l’environnement professionnel est devenu sain.
Quand faut-il plutôt consulter un psychologue ou un professionnel de santé ?
Lorsque la souffrance devient importante, durable ou qu’elle retentit fortement sur la vie quotidienne, un simple outil de détente peut être insuffisant.
Une fatigue qui ne récupère plus, une anxiété persistante, des troubles du sommeil sévères, une perte d’intérêt généralisée, des crises d’angoisse, une incapacité à travailler ou des symptômes dépressifs justifient une évaluation adaptée.
Un psychologue peut aider à comprendre la situation, évaluer le retentissement psychologique et travailler sur les difficultés rencontrées.
Un médecin peut rechercher d’autres causes possibles, évaluer la nécessité d’un arrêt ou d’un traitement et orienter si besoin.
Le service de prévention et de santé au travail possède lui aussi une place particulière lorsque le problème est lié au travail.
Ce recours est important car la réponse ne concerne pas seulement la santé de la personne.
Elle peut également concerner les conditions dans lesquelles elle exerce son activité.
Pourquoi la médecine du travail a-t-elle un rôle spécifique ?
Parce qu’elle peut relier la situation de santé au contexte professionnel.
Un praticien extérieur peut aider une personne à gérer son anxiété ou son épuisement.
Le service de prévention et de santé au travail peut en plus examiner les contraintes liées au poste, à l’organisation, au rythme, aux relations professionnelles ou au maintien dans l’emploi.
Cette articulation devient essentielle lorsqu’une personne se retrouve dans une boucle difficile : elle va mal à cause du travail, récupère un peu pendant un arrêt ou des congés, puis retrouve exactement les mêmes facteurs lorsqu’elle reprend.
Dans ce type de situation, travailler uniquement sur les symptômes sans agir sur l’exposition peut conduire à répéter le même scénario.
Est-ce que le burnout est toujours lié à une surcharge de travail ?
Non.
La charge de travail est le facteur le plus souvent cité dans les données 2022-2023, mais elle est loin d’être le seul.
Le déficit de reconnaissance, le manque de moyens, les changements organisationnels, les relations délétères ou les violences internes peuvent également participer à une souffrance importante.
Une personne peut même souffrir dans une situation de sous-charge lorsque son activité perd son sens, qu’elle est mise à l’écart ou qu’elle ne peut plus utiliser ses compétences.
C’est pour cela que la simple question « combien d’heures travaillez-vous ? » ne suffit pas.
Deux personnes travaillant le même nombre d’heures peuvent vivre des situations radicalement différentes selon leur autonomie, leur soutien social, leurs responsabilités, leur reconnaissance ou leur marge de décision.
Pourquoi le télétravail ne résout-il pas automatiquement le problème ?
Parce qu’un changement de lieu ne corrige pas nécessairement les déterminants organisationnels.
Le télétravail peut réduire certains trajets ou offrir davantage de souplesse.
Mais il peut aussi accentuer l’isolement, brouiller les frontières entre travail et vie personnelle ou rendre plus difficile la déconnexion.
Tout dépend de la manière dont il est organisé.
Le même raisonnement vaut pour de nombreuses mesures de qualité de vie au travail.
Installer une salle de repos ou proposer une application de méditation peut être utile.
Mais ces initiatives n’ont pas le même objectif qu’une véritable politique de prévention des risques psychosociaux.
L’INRS distingue précisément les démarches de bien-être des actions visant à supprimer ou réduire les facteurs de risque à leur source.
Que peut faire une personne qui commence à sentir qu’elle s’épuise ?
Le premier enjeu est de ne pas attendre nécessairement l’effondrement complet.
Des changements persistants peuvent servir de signal : sommeil perturbé, irritabilité inhabituelle, difficultés de concentration, anxiété avant de commencer la journée, impression de ne plus récupérer, retrait social ou perte de motivation.
Il peut être utile de documenter ce qui se passe.
Quand les symptômes apparaissent-ils ?
S’améliorent-ils pendant les jours sans travail ?
Quelles situations les aggravent ?
La charge est-elle devenue impossible ?
Existe-t-il un conflit, un manque de moyens ou une modification récente de l’organisation ?
Cette observation permet de mieux distinguer un problème général de santé mentale d’une difficulté fortement liée au travail.
Elle facilite aussi les échanges avec un médecin, un psychologue ou la santé au travail.
Que faire lorsqu’on ne peut pas simplement « changer de travail » ?
C’est une question essentielle, car les conseils simplistes deviennent rapidement culpabilisants.
Tout le monde ne peut pas démissionner.
Une personne peut avoir besoin de son salaire, avoir des responsabilités familiales, vivre dans un bassin d’emploi restreint ou simplement ne pas souhaiter abandonner un métier qu’elle aime à cause d’une organisation devenue difficile.
La prévention ne devrait donc pas reposer sur l’idée que chaque salarié doit résoudre seul son exposition.
Selon les situations, plusieurs acteurs peuvent être mobilisés : hiérarchie, ressources humaines, représentants du personnel, service de prévention et de santé au travail, médecin, psychologue ou dispositifs internes de soutien.
Le bon interlocuteur dépend de la nature du problème.
Ce qui compte est de ne pas réduire toutes les situations à une injonction personnelle à « mieux gérer son stress ».
Et si la souffrance devient une urgence ?
Une souffrance liée au travail peut parfois s’accompagner d’idées suicidaires ou d’une crise aiguë.
Dans ce cas, la priorité n’est plus le bien-être au travail.
Elle est la sécurité de la personne.
En France, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est gratuit et accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Il permet de parler avec des professionnels spécifiquement formés à l’évaluation, à l’écoute et à l’orientation des personnes en détresse.
En cas de danger immédiat ou de risque suicidaire imminent, les services d’urgence peuvent être contactés au 15 ou au 112.
Cette distinction est importante sur une plateforme de bien-être.
Une pratique complémentaire peut avoir sa place dans de nombreuses situations.
Elle ne doit jamais retarder l’accès à une aide urgente lorsque la sécurité est en jeu.
Pourquoi le sujet devient-il encore plus important en 2026 ?
Parce que la santé mentale au travail est désormais explicitement intégrée aux priorités nationales.
Le Plan Santé au travail 2026-2030, lancé en juin 2026, prévoit notamment de renforcer la prévention des risques psychosociaux et la promotion de la santé mentale en entreprise.
L’objectif affiché est de proposer une offre plus claire et coordonnée aux entreprises et aux acteurs de la prévention.
La publication du rapport MCP quelques semaines plus tard fournit des données utiles pour comprendre pourquoi cette priorité est nécessaire.
Les risques observés ne se limitent pas à certains secteurs spectaculaires ou à quelques situations exceptionnelles.
Ils traversent de nombreux métiers et plusieurs niveaux de responsabilité.
Qu’est-ce que cela change pour les professionnels du bien-être ?
Cela devrait surtout changer la manière de présenter leur rôle.
Lorsqu’une personne consulte pour du stress professionnel, un praticien peut être tenté de concentrer tout le travail sur les symptômes : respiration, détente, sommeil, récupération, gestion émotionnelle.
Ces dimensions peuvent avoir une vraie valeur.
Mais le professionnel doit aussi être capable de reconnaître lorsqu’un problème dépasse ce cadre.
Si une personne décrit une surcharge chronique, une violence interne, une pression organisationnelle intense ou une souffrance psychique majeure, l’objectif ne peut pas être de la rendre simplement plus résistante à cette exposition.
Un accompagnement sérieux consiste aussi à savoir dire :
« ce que vous ressentez mérite peut-être d’être évalué dans le contexte de votre travail, pas seulement géré individuellement. »
C’est précisément là que les approches complémentaires gagnent en crédibilité.
Non lorsqu’elles prétendent tout résoudre.
Mais lorsqu’elles connaissent leur place dans un parcours plus large.
Ce que les nouvelles données changent vraiment
Le rapport publié par Santé publique France en 2026 ne découvre pas que le travail peut faire souffrir.
Son apport principal est de documenter avec précision les situations repérées par la médecine du travail entre 2019 et 2023.
Il montre une souffrance psychique plus fréquemment signalée chez les femmes.
Il révèle un gradient socioprofessionnel inhabituel, avec des niveaux plus élevés chez les cadres et professions intermédiaires que chez les ouvriers.
Il met en évidence des différences entre secteurs.
Mais surtout, il montre que les facteurs associés sont presque toujours organisationnels, relationnels ou éthiques.
C’est probablement la donnée la plus importante à retenir.
La récupération individuelle compte.
Le soutien psychologique compte.
Les outils de gestion du stress peuvent compter.
Mais aucune technique de relaxation ne peut, à elle seule, réparer une organisation qui surcharge durablement les personnes, dégrade les relations ou les prive de moyens pour faire correctement leur travail.
La prévention de la souffrance psychique au travail commence donc par une question très concrète :
qu’est-ce qui, dans le travail réel, doit changer pour que la personne puisse aller mieux durablement ?
Sources et références
- Santé publique France - Programme de surveillance épidémiologique des maladies à caractère professionnel en France, résultats des Quinzaines MCP 2019-2023 (ouvre un site externe)
- Santé publique France - Présentation du bilan MCP 2019-2023 (ouvre un site externe)
- Santé publique France - Souffrance psychique et épuisement professionnel (ouvre un site externe)
- INRS - Prévenir les risques psychosociaux (ouvre un site externe)
- Ministère du Travail - Risques psychosociaux (ouvre un site externe)
- Ministère du Travail - Plan Santé au travail 2026-2030 (ouvre un site externe)
- Ministère de la Santé - Numéro national de prévention du suicide 3114 (ouvre un site externe)
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