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stress anxieteStress & AnxiétéArt-thérapie

Publié le 30 septembre 2026 · 17 min de lecture

Dessin et art-thérapie chez l’enfant : que montre la méta-analyse 2026 sur l’anxiété ?

Une méta-analyse publiée en septembre 2026 rassemble 10 essais randomisés et 816 enfants de 5 à 12 ans. Les interventions fondées sur le dessin et les arts visuels semblent réduire l’anxiété à court terme, surtout dans des contextes médicaux ou liés à une procédure, mais l’hétérogénéité entre les études reste très élevée.

Illustration éditoriale sur une méta-analyse évaluant le dessin et les arts visuels pour réduire l’anxiété chez les enfants de 5 à 12 ans.

Sommaire

Les grandes étapes de ce guide.

  1. Qu’a exactement étudié la nouvelle méta-analyse ?
  2. Pourquoi le contexte médical compte-t-il autant ?
  3. Que signifie un effet de -2,70 ?
  4. Pourquoi une hétérogénéité de 96 % est-elle un problème ?
  5. Est-ce que le résultat disparaît lorsqu’on retire les études les plus fragiles ?
  6. Les dix études prouvent-elles l’efficacité de l’art-thérapie ?
  7. Pourquoi le dessin peut-il aider dans une situation anxiogène ?
  8. Dessiner seul à la maison produit-il le même effet ?
  9. Et à l’école ?
  10. Peut-on utiliser l’art-thérapie à la place d’un psychologue ?
  11. Quels signes doivent inciter à demander un avis professionnel ?
  12. Pourquoi cette méta-analyse est-elle plus intéressante que certaines études isolées ?
  13. Pourquoi les effets très importants doivent-ils rendre prudent ?
  14. Que montre une précédente méta-analyse ?
  15. Qu’est-ce que cela change pour les art-thérapeutes ?
  16. Et pour les parents ?
  17. Ce que cette étude change vraiment

Aller plus loin

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Voir aussi : Stress & Anxiété

Dessiner peut-il réellement aider un enfant anxieux ?

Une revue systématique et méta-analyse publiée le 16 septembre 2026 dans BMJ Paediatrics Open apporte une réponse encourageante, mais beaucoup plus précise que ne le laisserait entendre un simple titre sur « l’efficacité de l’art-thérapie ».

Les chercheurs ont identifié 10 essais randomisés portant sur 816 enfants âgés de 5 à 12 ans.

Les interventions étudiées reposaient sur le dessin ou d’autres formes d’arts visuels.

Dans l’analyse principale, huit essais comparaient ces activités à des soins habituels ou à des groupes ne recevant pas d’intervention artistique.

Ces huit études se déroulaient essentiellement dans des contextes médicaux ou liés à une procédure.

Le résultat moyen est spectaculaire sur le plan statistique :

SMD = -2,70, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de -3,73 à -1,68.

Cela signifie que les enfants des groupes utilisant le dessin ou les arts visuels présentaient, en moyenne, des scores d’anxiété nettement plus faibles juste après l’intervention que ceux des groupes comparateurs.

Mais une autre valeur est tout aussi importante :

I² = 96 %.

Ce chiffre traduit une très forte hétérogénéité entre les études.

Autrement dit, les essais ne racontent pas exactement la même histoire.

Le résultat général va dans une direction favorable, mais l’ampleur de l’effet varie énormément selon les protocoles, les contextes et les outils utilisés.

La conclusion des auteurs est donc beaucoup plus prudente que « l’art-thérapie soigne l’anxiété des enfants ».

Elle est plutôt la suivante :

les interventions fondées sur le dessin et les arts visuels peuvent réduire l’anxiété à court terme, surtout dans des situations médicales aiguës ou autour d’une procédure, mais les données actuelles ne permettent pas d’en déduire un effet unique et généralisable à tous les enfants et à tous les contextes.

Pour Holia, cette nuance est essentielle.

Qu’a exactement étudié la nouvelle méta-analyse ?

Les auteurs ont recherché des essais randomisés dans six grandes bases de données scientifiques et éducatives.

Pour être incluses, les études devaient porter sur des enfants de 5 à 12 ans et évaluer une intervention reposant sur le dessin ou les arts visuels.

L’anxiété mesurée après l’intervention constituait le critère principal.

Les chercheurs ont ensuite séparé deux types de comparateurs.

Le premier groupe comprenait les essais comparant l’activité artistique à :

des soins habituels ;

une absence d’intervention artistique ;

ou d’autres conditions ne comportant pas une véritable activité artistique active.

Huit essais entraient dans cette catégorie.

Ils constituaient l’analyse quantitative principale.

Le deuxième groupe comprenait deux essais menés en milieu scolaire dans lesquels le groupe témoin recevait lui aussi une forme d’activité artistique active.

Ces deux études ont été analysées séparément.

Cette distinction est importante.

Comparer le dessin à l’absence d’activité n’est pas la même question que comparer deux interventions artistiques crédibles.

Pourquoi le contexte médical compte-t-il autant ?

Parce que les huit études de l’analyse principale ne portent pas sur l’anxiété infantile au sens large.

Elles sont principalement réalisées dans des environnements médicaux ou liés à une procédure.

C’est très différent d’un enfant présentant depuis plusieurs mois une anxiété scolaire, une phobie, un trouble anxieux généralisé ou une anxiété de séparation.

Une procédure médicale peut provoquer une anxiété intense mais transitoire.

L’enfant attend un examen, un soin ou une intervention.

Il peut avoir peur de la douleur, de l’inconnu, de l’environnement ou du matériel.

Dans ce type de situation, une activité de dessin peut occuper l’attention, offrir une forme d’expression, créer un sentiment de contrôle ou simplement rendre l’attente moins menaçante.

La méta-analyse suggère que cet effet peut être important.

Mais elle ne démontre pas qu’une activité artistique produit le même résultat lorsqu’un enfant souffre d’un trouble anxieux durable.

C’est probablement la limite d’interprétation la plus importante de l’étude.

Que signifie un effet de -2,70 ?

La valeur utilisée par les chercheurs est une différence moyenne standardisée, ou SMD.

Cette méthode est utilisée lorsque plusieurs études mesurent le même phénomène avec des échelles différentes.

Une étude peut utiliser une échelle d’anxiété de 0 à 20.

Une autre une échelle de 20 à 80.

Une autre encore une mesure remplie par le parent ou le professionnel.

On ne peut pas additionner directement les points.

Les chercheurs transforment donc les différences en unités standardisées.

En règle générale, une SMD autour de 0,2 est considérée comme petite, autour de 0,5 comme moyenne et autour de 0,8 comme importante.

Une valeur de -2,70 apparaît donc extrêmement élevée.

Mais ce chiffre ne signifie pas que l’anxiété a diminué de 270 %.

Il ne permet pas non plus de dire qu’un enfant donné ira « presque trois fois mieux ».

Il décrit une différence statistique entre groupes exprimée en unités d’écart-type.

Et lorsqu’un effet moyen aussi important apparaît dans un ensemble d’études très hétérogènes, il faut justement résister à la tentation de transformer ce chiffre en promesse clinique simple.

Pourquoi une hétérogénéité de 96 % est-elle un problème ?

Parce qu’elle indique que la variation des résultats ne s’explique probablement pas uniquement par le hasard d’échantillonnage.

Les études diffèrent beaucoup les unes des autres.

Les enfants ne vivent pas forcément les mêmes situations.

Les interventions artistiques peuvent varier.

Les durées et modalités peuvent être différentes.

Les échelles d’anxiété peuvent ne pas mesurer exactement la même chose.

Les groupes comparateurs peuvent eux aussi différer.

Un I² de 96 % est considéré comme très élevé.

Cela ne signifie pas que la méta-analyse est inutile.

Cela signifie que son chiffre global doit être utilisé comme une synthèse d’un ensemble très variable, et non comme une estimation universelle.

Deux enfants dans deux contextes différents ne doivent donc pas être censés obtenir exactement le même bénéfice parce que la moyenne statistique est forte.

Les auteurs eux-mêmes soulignent que l’effet ne peut pas être généralisé sous la forme d’une seule valeur valable pour tous les contextes pédiatriques.

Est-ce que le résultat disparaît lorsqu’on retire les études les plus fragiles ?

Non, et c’est un point plutôt rassurant.

Les chercheurs ont réalisé plusieurs analyses de sensibilité.

Ils ont notamment retiré les études une par une pour vérifier si une seule publication expliquait l’essentiel du résultat.

Ils ont également répété l’analyse en excluant les essais considérés comme présentant un risque de biais élevé.

Dans les deux cas, la direction générale de l’effet restait favorable aux interventions de dessin et d’arts visuels.

Cela suggère que le résultat ne dépend pas uniquement d’une étude spectaculaire.

En revanche, l’hétérogénéité restait importante.

La question n’est donc pas seulement :

« existe-t-il probablement un signal favorable ? »

La réponse semble plutôt oui.

La question plus difficile devient :

« quelle est réellement l’ampleur de cet effet, dans quel contexte et pour quels enfants ? »

Et sur ce point, les données restent beaucoup moins précises.

Les dix études prouvent-elles l’efficacité de l’art-thérapie ?

Pas exactement.

C’est une distinction importante dans le contexte Holia.

Le titre de la publication parle de drawing and visual art interventions.

Autrement dit, des interventions fondées sur le dessin et les arts visuels.

La publication est indexée dans PubMed sous le terme Art Therapy, mais cela ne signifie pas que les dix protocoles correspondent tous à une séance d’art-thérapie telle qu’elle serait proposée par un professionnel formé.

Une activité artistique peut être animée dans un service hospitalier, proposée comme distraction, intégrée à une préparation à un soin ou encadrée dans un protocole de recherche.

Une séance avec un art-thérapeute peut quant à elle inclure un cadre thérapeutique plus structuré, une relation avec le praticien, un objectif individualisé et une utilisation de la création comme médiation.

Ces situations ne sont pas automatiquement équivalentes.

Il serait donc excessif pour un praticien de dire :

« une méta-analyse prouve que mes séances réduisent massivement l’anxiété des enfants ».

La publication soutient un constat plus limité :

des interventions structurées de dessin et d’arts visuels peuvent diminuer l’anxiété à court terme chez certains enfants, surtout dans des contextes médicaux ou procéduraux.

Pourquoi le dessin peut-il aider dans une situation anxiogène ?

La méta-analyse évalue l’efficacité, pas un mécanisme biologique unique.

Plusieurs explications sont néanmoins plausibles.

Dessiner mobilise l’attention.

Lorsqu’un enfant concentre son regard et ses gestes sur une feuille, il peut consacrer moins de ressources à anticiper ce qui lui fait peur.

L’activité peut aussi créer une forme de structure dans un environnement inhabituel.

L’enfant choisit une couleur.

Une forme.

Un personnage.

Il produit quelque chose.

Cette petite marge d’action peut compter dans une situation où beaucoup de décisions sont prises par les adultes.

Le dessin offre aussi un mode d’expression non verbal.

Certains enfants peuvent avoir du mal à expliquer précisément ce qui les inquiète.

Créer une image peut offrir une autre voie pour représenter une peur, une situation ou une émotion.

Enfin, l’activité artistique peut simplement être agréable.

Cette dimension n’est pas secondaire.

Une expérience positive placée dans un contexte anxiogène peut modifier le vécu immédiat sans qu’il soit nécessaire d’imaginer un mécanisme thérapeutique complexe.

Mais ces explications restent des mécanismes possibles.

La méta-analyse ne permet pas de dire lequel explique l’essentiel de l’effet observé.

Dessiner seul à la maison produit-il le même effet ?

L’étude ne permet pas de le savoir.

C’est une extrapolation tentante mais non démontrée.

Les essais portent sur des interventions structurées menées dans des contextes précis.

Ils ne comparent pas systématiquement :

un enfant qui dessine spontanément chez lui ;

un enfant accompagné par ses parents ;

un atelier artistique de loisir ;

et une séance avec un art-thérapeute.

Il est tout à fait possible qu’un enfant trouve naturellement du réconfort dans le dessin.

Mais la nouvelle publication n’autorise pas à quantifier cet effet dans la vie quotidienne.

Elle ne fournit pas non plus de durée idéale, de fréquence universelle ou de type de dessin supérieur.

La conclusion pratique la plus raisonnable est que le dessin peut constituer un outil simple et intéressant pour certains enfants.

Il ne faut pas transformer cette possibilité en protocole automatique.

Et à l’école ?

C’est précisément là que les données deviennent plus difficiles à interpréter.

Deux des dix essais étaient réalisés en milieu scolaire.

Mais ils utilisaient des comparateurs artistiques actifs.

Autrement dit, les enfants du groupe contrôle participaient eux aussi à une forme d’activité artistique.

Les auteurs ont donc choisi de ne pas mélanger ces résultats avec les huit études médicales comparant l’intervention à des contrôles non artistiques ou à des soins habituels.

Ce choix méthodologique est pertinent.

Si deux groupes créent tous les deux, la question n’est plus :

« l’art fait-il mieux que l’absence d’art ? »

Elle devient :

« une forme particulière d’intervention artistique fait-elle mieux qu’une autre ? »

Les données scolaires restent donc insuffisantes pour conclure qu’une activité de dessin possède un effet généralisable sur l’anxiété de tous les enfants à l’école.

Peut-on utiliser l’art-thérapie à la place d’un psychologue ?

Pas lorsqu’un enfant présente une souffrance psychologique importante nécessitant une évaluation adaptée.

Le dessin et les arts visuels peuvent être utilisés comme support.

Une art-thérapie peut également s’intégrer à un accompagnement.

Mais une activité créative n’est pas un substitut automatique à une prise en charge psychologique.

Une anxiété durable qui perturbe fortement le sommeil, l’école, les relations sociales ou la vie familiale mérite d’être évaluée.

Un psychologue peut aider à distinguer une inquiétude normale d’une difficulté plus importante et proposer une prise en charge adaptée au contexte de l’enfant.

Dans certains cas, plusieurs approches peuvent coexister.

L’art peut devenir un moyen d’expression ou un complément.

La question n’est pas de choisir entre « dessin » et « psychologie ».

Elle est de déterminer le niveau d’aide réellement nécessaire.

Quels signes doivent inciter à demander un avis professionnel ?

Une peur ponctuelle avant un soin ou une rentrée scolaire n’a pas la même signification qu’une anxiété qui envahit progressivement la vie quotidienne.

Il peut être utile de demander un avis lorsque l’enfant :

évite régulièrement l’école ou certaines activités à cause de sa peur ;

présente des crises d’angoisse répétées ;

souffre de troubles du sommeil persistants ;

exprime des inquiétudes difficiles à contrôler ;

développe de nombreux symptômes physiques en contexte anxieux ;

se replie fortement ;

ou voit son fonctionnement quotidien clairement perturbé.

Cela ne signifie pas automatiquement qu’il existe un trouble anxieux.

Mais ces situations méritent davantage qu’une simple stratégie de distraction.

L’article publié en 2026 s’intéresse surtout à une anxiété à court terme.

Il ne doit pas être utilisé pour banaliser des difficultés persistantes.

Pourquoi cette méta-analyse est-elle plus intéressante que certaines études isolées ?

Parce qu’elle réunit uniquement des essais randomisés.

C’est un niveau méthodologique plus solide qu’une série de témoignages ou qu’une simple comparaison avant-après sans groupe témoin.

La revue a également enregistré son protocole dans PROSPERO sous le numéro CRD420261288781.

Les chercheurs ont utilisé l’outil Cochrane RoB 2 pour évaluer le risque de biais.

Ils ont séparé les essais selon le type de comparateur.

Et ils ont réalisé des analyses de sensibilité.

Tout cela améliore la qualité de l’interprétation.

Mais une méta-analyse ne rend pas automatiquement parfaites les études qu’elle rassemble.

Elle dépend toujours de la qualité, de la taille et de la comparabilité des essais disponibles.

Ici, le nombre total reste limité à 10 essais et l’hétérogénéité est extrêmement élevée.

Le niveau de confiance doit donc rester proportionné à ces limites.

Pourquoi les effets très importants doivent-ils rendre prudent ?

Parce que les interventions psychologiques ou comportementales produisent rarement des effets énormes et parfaitement reproductibles dans tous les contextes.

Un SMD de -2,70 attire forcément l’attention.

Mais plus un résultat paraît spectaculaire, plus il faut regarder la structure des études.

Les comparateurs sont-ils actifs ?

Les échantillons sont-ils importants ?

Les participants savent-ils dans quel groupe ils se trouvent ?

Les évaluateurs peuvent-ils être aveugles ?

Le contexte favorise-t-il un effet immédiat particulièrement fort ?

Dans une intervention de dessin, il est pratiquement impossible de cacher à l’enfant s’il participe ou non à l’activité.

Les attentes, l’attention reçue et l’expérience générale peuvent donc contribuer au résultat.

Ce n’est pas une raison pour considérer l’effet comme faux.

C’est une raison pour éviter d’attribuer toute la différence à une propriété spécifique de « l’art » isolée de tout le reste.

Que montre une précédente méta-analyse ?

Une méta-analyse publiée en 2024 avait déjà examiné l’art-thérapie et l’anxiété chez les enfants et adolescents.

Elle regroupait six études et 422 participants.

Elle retrouvait elle aussi une réduction statistiquement significative de l’anxiété, avec une SMD de -1,42.

Mais son hétérogénéité atteignait 94 %.

Le nouveau travail de 2026 inclut davantage d’essais, se concentre sur les 5 à 12 ans et distingue plus clairement les types de comparateurs et les contextes.

Il retrouve donc un signal cohérent avec la littérature précédente.

Mais il retrouve aussi exactement le même problème :

les études sont très différentes les unes des autres.

La répétition d’un signal favorable est intéressante.

La répétition d’une très forte hétérogénéité l’est tout autant.

Elle indique que la recherche doit maintenant mieux préciser quelle intervention fonctionne dans quelle situation plutôt que simplement demander si « l’art-thérapie fonctionne ».

Qu’est-ce que cela change pour les art-thérapeutes ?

La publication constitue un argument en faveur de l’intérêt potentiel des médiations visuelles chez l’enfant.

Elle peut aussi encourager les collaborations dans les environnements pédiatriques où l’anxiété liée aux soins est fréquente.

Mais elle ne devrait pas servir à formuler des promesses trop larges.

Un discours professionnel rigoureux peut expliquer que :

les activités de dessin et d’arts visuels ont montré des résultats favorables sur l’anxiété à court terme dans plusieurs essais randomisés ;

les données sont particulièrement présentes autour de contextes médicaux ou de procédures ;

et les résultats ne permettent pas encore d’affirmer une efficacité identique pour tous les troubles anxieux, tous les âges ou toutes les formes d’art-thérapie.

Cette précision ne diminue pas la pratique.

Elle aide au contraire à distinguer ce que la recherche soutient réellement de ce que l’on aimerait pouvoir en conclure.

Et pour les parents ?

Le message peut rester très simple.

Si un enfant aime dessiner, utiliser cette activité pour l’aider à traverser une situation stressante est une stratégie raisonnable et peu contraignante.

Avant un rendez-vous.

Pendant une attente.

Après une expérience difficile.

Ou simplement pour lui donner un autre moyen d’exprimer ce qu’il ressent.

Il n’est pas nécessaire de lui demander de « dessiner son anxiété » ou d’interpréter chaque couleur utilisée.

Le dessin peut aussi rester un espace libre.

En revanche, lorsqu’une anxiété dure, s’aggrave ou perturbe fortement la vie quotidienne, il ne faut pas demander à l’activité artistique de porter seule une responsabilité qui dépasse son rôle.

Ce que cette étude change vraiment

La publication de 2026 apporte un signal plutôt convaincant sur une question précise.

Chez des enfants de 5 à 12 ans, des interventions structurées de dessin ou d’arts visuels peuvent réduire l’anxiété à court terme, surtout autour de soins et de procédures médicales.

Dix essais randomisés et 816 enfants sont désormais réunis dans la même synthèse.

L’effet moyen observé est très important.

Les analyses de sensibilité ne font pas disparaître la direction favorable du résultat.

Mais l’hétérogénéité atteint 96 %.

Et les données scolaires ne sont pas directement comparables aux études médicales.

La meilleure conclusion n’est donc pas que « l’art-thérapie traite l’anxiété de l’enfant ».

Elle est plus intéressante :

le dessin semble constituer un outil prometteur pour réduire certaines formes d’anxiété immédiate chez l’enfant, mais la recherche doit encore préciser les contextes, les modalités et le rôle exact de l’accompagnement professionnel.

Pour Holia, c’est exactement le type de résultat utile.

Une approche peut avoir une place réelle sans qu’il soit nécessaire de lui attribuer davantage que ce que les études démontrent.

À retenir

Une revue systématique et méta-analyse publiée le 16 septembre 2026 dans BMJ Paediatrics Open a regroupé 10 essais randomisés portant sur 816 enfants âgés de 5 à 12 ans. Huit essais menés principalement dans des contextes médicaux ou liés à une procédure comparaient des interventions fondées sur le dessin ou les arts visuels à des soins habituels ou à des contrôles non artistiques. L’analyse retrouve une réduction importante de l’anxiété à court terme, avec une différence moyenne standardisée de -2,70 (IC 95 % -3,73 à -1,68). Cependant, l’hétérogénéité entre les études est extrêmement élevée, avec un I² de 96 %, ce qui signifie que l’ampleur de l’effet varie fortement selon les essais. Les analyses retirant une étude à la fois ou excluant les études à haut risque de biais ne modifient pas la direction générale favorable, mais l’hétérogénéité persiste. Deux études scolaires utilisant des comparateurs artistiques actifs ont été analysées séparément. Les résultats soutiennent donc surtout l’intérêt potentiel du dessin et des arts visuels pour réduire une anxiété immédiate dans certains contextes pédiatriques. Ils ne démontrent pas qu’une séance d’art-thérapie traite tous les troubles anxieux de l’enfant ni que toutes les formes d’intervention artistique produisent le même effet.

Sources et références

  • PubMed - Drawing and visual art interventions for anxiety in children aged 5-12 (ouvre un site externe)
  • DOI - BMJ Paediatrics Open, 10.1136/bmjpo-2026-004752 (ouvre un site externe)
  • PubMed Central - Article intégral (ouvre un site externe)
  • Meta-analyse 2024 - The effects of art therapy interventions on anxiety in children and adolescents (ouvre un site externe)
Luc Michault

À propos de l'auteur

Luc Michault · Fondateur de Holia

Luc Michault est le fondateur de Holia, développeur web et spécialiste SEO. Depuis plus de 14 ans, il conçoit des sites, applications et plateformes numériques en travaillant sur leur architecture technique, leur expérience utilisateur, leur organisation éditoriale et leur visibilité en ligne.

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