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Méditation : une étude 2026 mesure enfin les expériences indésirables des pratiques brèves
Un essai randomisé portant sur 5 049 adultes compare des pratiques numériques de pleine conscience, d’autocompassion et de gratitude à une utilisation habituelle d’internet. Environ 4 % des participants rapportent une expérience pénible, mais la méditation n’augmente pas ce risque par rapport au groupe témoin.

La méditation est souvent présentée comme une pratique simple, accessible et presque toujours bénéfique.
Quelques minutes de respiration.
Un exercice de pleine conscience.
Une séance guidée sur une application.
Dans l’imaginaire collectif, le risque paraît faible.
Mais une question est longtemps restée étonnamment peu étudiée :
que se passe-t-il lorsqu’une pratique méditative provoque au contraire de l’inconfort, de la détresse ou une augmentation des émotions négatives ?
Une étude publiée le 14 septembre 2026 dans JMIR Mental Health apporte de nouvelles données à cette question.
Les chercheurs ont analysé un essai randomisé portant sur 5 049 adultes aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Les participants ont été répartis entre plusieurs pratiques numériques très brèves :
pleine conscience ;
autocompassion ;
gratitude ;
ou utilisation habituelle d’internet en guise de comparaison.
Les exercices méditatifs duraient 5 ou 10 minutes.
Dans l’ensemble de l’échantillon, 4,1 % des participants ont rapporté une expérience pénible pendant l’intervention.
Et 7,1 % ont présenté une augmentation de l’affect négatif entre avant et après l’activité.
Pris isolément, ces chiffres pourraient sembler inquiétants.
Mais la comparaison avec le groupe témoin change complètement l’interprétation.
Les personnes assignées à une pratique méditative n’étaient pas plus susceptibles de rapporter une expérience pénible que celles utilisant internet comme d’habitude.
Elles étaient même moins susceptibles de présenter une augmentation cliniquement pertinente de l’affect négatif.
Le résultat est donc beaucoup plus nuancé que « la méditation peut faire du mal » ou, à l’inverse, « la méditation est sans risque ».
La pratique testée semble globalement bien tolérée.
Mais certaines personnes vivent malgré tout une expérience difficile.
Et la durée semble compter : les séances de 10 minutes étaient associées à davantage d’expériences pénibles que celles de 5 minutes.
Quelle étude a été réalisée exactement ?
Il s’agit d’une analyse secondaire d’un essai randomisé contrôlé.
Les auteurs voulaient étudier les expériences indésirables associées à une pratique méditative ponctuelle et très brève.
L’échantillon comprenait des adultes américains et britanniques sélectionnés de manière à refléter les populations de ces deux pays sur plusieurs caractéristiques, notamment l’âge, le sexe et l’origine ethnique.
Au total, 5 049 personnes ont complété les mesures initiales et ont été réparties aléatoirement entre les différentes conditions.
Les participants pouvaient recevoir une pratique numérique de :
pleine conscience ;
autocompassion ;
gratitude ;
ou être invités à utiliser internet comme ils le faisaient habituellement.
Les exercices duraient soit 5 minutes, soit 10 minutes.
La question posée aux chercheurs était donc très précise.
Ils n’étudiaient pas une retraite de méditation de dix jours.
Ils n’évaluaient pas plusieurs mois de pratique quotidienne.
Ils ne comparaient pas différents enseignants.
Ils observaient ce qui pouvait se produire autour d’une brève pratique numérique unique.
Cette précision est essentielle pour comprendre la portée réelle des résultats.
Combien de personnes ont vécu une expérience pénible ?
Parmi les participants ayant répondu à la question correspondante, 204 sur 4 925, soit 4,1 %, ont indiqué avoir vécu une expérience pénible pendant l’intervention.
C’est environ une personne sur vingt-quatre.
Cette proportion montre qu’une pratique courte n’est pas systématiquement vécue comme agréable.
Mais elle ne permet pas encore de dire que la méditation a causé ces expériences.
Pour le savoir, il faut comparer avec le groupe témoin.
Les personnes assignées aux exercices méditatifs avaient pratiquement la même probabilité de rapporter une expérience pénible que celles utilisant internet normalement.
L’odds ratio était de 1,05, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 0,76 à 1,47.
La valeur de p était de 0,76.
Autrement dit, l’étude ne met pas en évidence d’augmentation statistiquement significative de ce risque avec les pratiques méditatives testées.
C’est une distinction fondamentale.
Une expérience négative qui survient pendant une méditation n’est pas automatiquement une expérience négative causée par la méditation.
Quelle différence entre expérience indésirable et effet indésirable ?
Les auteurs insistent précisément sur cette question.
Une expérience indésirable est quelque chose de pénible ou de désagréable rapporté pendant ou autour de la pratique.
Cela peut être une émotion difficile, une sensation inconfortable ou une détresse momentanée.
Un effet indésirable, au sens causal, suppose davantage.
Il faudrait pouvoir montrer que la pratique elle-même a provoqué le problème.
Cette distinction est importante dans toutes les recherches sur les interventions de bien-être.
Imaginez qu’une personne commence une séance de méditation alors qu’elle est déjà anxieuse.
Pendant cinq minutes, elle remarque davantage son anxiété.
Elle peut ensuite déclarer que l’expérience a été pénible.
Mais cela ne signifie pas nécessairement que la méditation a créé l’anxiété.
Elle a peut-être simplement rendu une expérience déjà présente plus visible.
À l’inverse, une pratique peut parfois déclencher ou amplifier un inconfort.
La seule chronologie ne permet pas toujours de trancher.
C’est justement l’intérêt d’un groupe témoin randomisé.
Qu’est-ce que l’étude montre sur les émotions négatives ?
Les chercheurs ont également mesuré l’évolution de l’affect négatif avant et après l’intervention.
Parmi les participants disposant des données nécessaires, 348 sur 4 908, soit 7,1 %, ont présenté une augmentation.
Mais une nouvelle fois, la comparaison avec le groupe témoin est essentielle.
Les personnes assignées à une pratique méditative avaient moins de risque de présenter une augmentation considérée comme cliniquement pertinente que celles utilisant internet normalement.
L’odds ratio était de 0,63, avec un intervalle de confiance de 0,50 à 0,80.
Le résultat était statistiquement significatif.
Il serait donc faux de présenter l’étude comme une démonstration que la méditation augmente globalement les émotions négatives.
Dans les conditions testées, c’est plutôt l’inverse qui apparaît lorsque l’on compare les groupes.
Mais une moyenne favorable n’efface pas les expériences individuelles difficiles.
Certaines personnes peuvent aller mieux.
D’autres ne ressentir aucun changement.
Et une minorité peut se sentir momentanément moins bien.
Pourquoi 10 minutes semblent-elles plus difficiles que 5 minutes ?
C’est l’un des résultats les plus intéressants de l’étude.
Les participants assignés à une pratique de 10 minutes avaient une probabilité significativement plus élevée de déclarer une expérience pénible que ceux assignés à 5 minutes.
L’odds ratio était de 1,42.
L’intervalle de confiance à 95 % allait de 1,07 à 1,89.
La différence était statistiquement significative.
Cela ne signifie pas que 10 minutes de méditation sont dangereuses.
Le risque absolu reste faible dans cette étude.
Mais le résultat suggère qu’une pratique plus longue peut augmenter l’exposition à ce qui se passe intérieurement.
Cinq minutes peuvent être faciles à traverser.
Dix minutes peuvent laisser davantage de temps aux pensées, sensations ou émotions difficiles pour apparaître.
Cette hypothèse est plausible.
L’étude ne permet cependant pas d’identifier avec certitude le mécanisme.
Elle ne permet surtout pas de tracer une courbe simple dans laquelle chaque minute supplémentaire augmenterait proportionnellement le risque.
Est-ce que cela signifie qu’il vaut mieux méditer seulement cinq minutes ?
Non.
Ce serait aller beaucoup trop loin.
L’étude compare uniquement des pratiques de 5 et 10 minutes dans un protocole numérique précis.
Elle ne teste pas 15, 20, 30 ou 45 minutes.
Elle ne teste pas des pratiquants expérimentés face à des débutants.
Elle n’évalue pas l’effet de plusieurs semaines d’apprentissage.
Elle ne compare pas une pratique autonome à un accompagnement par un instructeur.
Le résultat sur les 10 minutes doit donc être compris comme un signal de dose intéressant, pas comme une limite universelle.
Pour quelqu’un qui débute, commencer court peut néanmoins avoir du sens.
Une pratique brève permet d’observer comment elle est vécue avant d’augmenter progressivement la durée.
C’est une logique d’adaptation, pas une prescription scientifique de cinq minutes maximum.
Les trois pratiques avaient-elles le même risque ?
L’étude portait sur trois formats :
la pleine conscience ;
l’autocompassion ;
la gratitude.
Les résultats principaux publiés mettent surtout l’accent sur la comparaison globale entre les interventions méditatives et le contrôle ainsi que sur la durée de pratique.
Ils ne permettent pas de conclure simplement qu’une de ces trois pratiques serait systématiquement plus sûre ou plus risquée pour tout le monde.
C’est important, car les contenus mentaux mobilisés ne sont pas identiques.
Une pratique de pleine conscience peut inviter à observer les sensations ou les pensées présentes.
Une pratique d’autocompassion peut faire émerger des difficultés liées à l’image de soi ou à la souffrance.
Une pratique de gratitude dirige l’attention vers des expériences positives ou appréciées.
Ces différences peuvent compter individuellement.
Mais l’étude ne fournit pas une hiérarchie simple permettant de dire :
« cette technique est sûre, celle-ci ne l’est pas ».
Peut-on prédire qui risque de mal vivre une pratique ?
Partiellement.
Les chercheurs ont utilisé les caractéristiques mesurées avant l’intervention pour essayer de prédire deux résultats :
la survenue d’une expérience pénible ;
et l’augmentation de l’affect négatif.
Le modèle atteignait une aire sous la courbe, ou AUC, de 0,73 pour la prédiction d’une expérience pénible.
Pour l’augmentation de l’affect négatif, l’AUC était de 0,67.
Une AUC de 0,5 correspondrait à une prédiction proche du hasard.
Une valeur de 1 correspondrait à une discrimination parfaite.
Les performances observées sont donc intermédiaires.
Elles montrent qu’il existe probablement des caractéristiques individuelles utiles pour identifier les personnes plus susceptibles d’avoir une réaction difficile.
Mais nous sommes très loin d’un outil capable de dire avec certitude, avant une séance :
« cette personne aura un effet indésirable ».
Le résultat est surtout intéressant pour la recherche future.
Quelles personnes sont potentiellement plus vulnérables ?
La publication de septembre montre que les caractéristiques préalables permettent une certaine prédiction, sans pour autant proposer un outil clinique prêt à l’emploi.
Un autre travail publié par une partie de la même équipe en juin 2026 apporte un contexte intéressant.
Cette étude portait sur des programmes numériques de méditation plus longs et sur des personnes déjà en détresse psychologique.
Les chercheurs y avaient observé que des niveaux initiaux plus élevés de dépression, anxiété, solitude, évitement expérientiel et obstacles perçus à la méditation étaient associés à davantage d’expériences indésirables rapportées.
Ce résultat ne doit pas être fusionné avec l’essai de septembre.
Ce sont deux recherches différentes.
Mais ensemble, elles renforcent une idée raisonnable :
la réaction à la méditation dépend probablement autant de la personne et de son état initial que de la technique elle-même.
Il n’existe pas une pratique universellement vécue de la même façon.
Une expérience pénible signifie-t-elle qu’il faut arrêter immédiatement ?
Pas nécessairement.
Tout dépend de l’intensité, de la durée et du retentissement.
Être momentanément agacé, triste ou inconfortable pendant une pratique n’est pas automatiquement un signal de danger.
La méditation consiste parfois précisément à remarquer des sensations ou émotions que l’on évite habituellement.
Un certain inconfort peut donc apparaître sans être pathologique.
Mais il existe une différence entre :
observer une émotion difficile pendant quelques minutes ;
et constater une détresse importante qui persiste ou s’aggrave.
Une pratique n’a pas à devenir une épreuve que l’on s’impose parce qu’elle est supposée être bonne pour soi.
Si une personne ressent une forte panique, une désorganisation importante, des souvenirs traumatiques envahissants ou une aggravation durable de son état, interrompre l’exercice et demander un avis adapté peut être beaucoup plus raisonnable que « tenir jusqu’au bout ».
Quelle différence entre méditation guidée numérique et accompagnement humain ?
Elle est importante.
Dans l’étude, les pratiques étaient délivrées numériquement.
Cela facilite l’accès.
Mais l’application ne voit pas comment la personne réagit.
Elle ne remarque pas qu’un participant commence à paniquer.
Elle ne peut pas adapter immédiatement l’exercice à son histoire.
Elle ne peut pas proposer une autre technique si la pratique choisie devient inconfortable.
Un instructeur de méditation peut, lorsqu’il travaille de manière sérieuse, apporter cette adaptation.
Il peut commencer par des durées courtes.
Choisir une pratique moins centrée sur certaines sensations si nécessaire.
Encourager une pratique les yeux ouverts.
Introduire davantage de mouvement.
Ou recommander de ne pas poursuivre dans certaines circonstances.
La présence d’un instructeur ne garantit pas l’absence de réaction indésirable.
Mais elle peut rendre la pratique moins rigide et offrir un espace pour parler de ce qui se produit.
Est-ce que la méditation peut déclencher des problèmes psychologiques graves ?
La nouvelle étude ne permet pas de répondre à cette question pour toutes les formes de méditation.
Elle porte sur des exercices très courts, numériques, dans une population adulte générale américaine et britannique.
Elle ne permet pas d’évaluer correctement les événements rares qui peuvent survenir lors de pratiques intensives.
La littérature scientifique décrit depuis plusieurs années des expériences plus sévères chez une minorité de pratiquants, notamment dans certains contextes de pratique prolongée.
Mais leur fréquence exacte, leurs facteurs de risque et leur lien causal avec la méditation restent difficiles à déterminer.
Il faut donc éviter deux excès.
Le premier consiste à présenter toute expérience difficile comme la preuve que la méditation serait dangereuse.
Le second consiste à considérer que toute difficulté est normale, souhaitable ou simplement le signe que « la pratique fonctionne ».
Une réaction sévère mérite d’être prise au sérieux.
Les personnes souffrant d’anxiété ou de dépression doivent-elles éviter la méditation ?
Non comme règle générale.
De nombreuses interventions basées sur la pleine conscience ont été étudiées chez des personnes présentant des symptômes anxieux ou dépressifs.
Certaines peuvent en tirer un bénéfice.
Mais « peut être utile » n’équivaut pas à « convient à tout le monde dans toutes les circonstances ».
Une personne très anxieuse peut par exemple trouver difficile de rester immobile et de porter son attention sur son corps.
Une autre peut trouver cette même pratique particulièrement apaisante.
Le niveau de symptômes, l’histoire personnelle, la technique proposée, la durée et le contexte peuvent modifier l’expérience.
Lorsque les difficultés psychologiques sont importantes, il peut être préférable d’intégrer la méditation à un accompagnement plus large plutôt que de compter uniquement sur une application.
Un psychologue peut notamment aider lorsque les symptômes sont persistants ou fortement invalidants.
Pourquoi le groupe « internet habituel » est-il intéressant ?
Parce qu’il rappelle que les expériences négatives ne surviennent pas uniquement pendant la méditation.
Utiliser internet peut aussi exposer à du contenu anxiogène.
À des comparaisons sociales.
À des informations inquiétantes.
À de la frustration.
À de l’ennui.
Ou simplement à une humeur négative déjà présente.
Si l’on demandait uniquement aux personnes qui méditent si elles ont vécu un moment pénible, on pourrait facilement surestimer le rôle causal de la pratique.
L’existence d’un groupe témoin montre ici que les expériences de détresse brève font aussi partie de la vie ordinaire.
C’est probablement l’un des apports méthodologiques les plus intéressants de l’étude.
Pourquoi les recherches sur les effets indésirables sont-elles difficiles ?
Parce qu’il faut d’abord décider ce que l’on appelle un effet indésirable.
Est-ce une sensation désagréable pendant deux minutes ?
Une augmentation temporaire de tristesse ?
Une crise d’angoisse ?
Des troubles du sommeil pendant plusieurs jours ?
Une aggravation durable d’un trouble existant ?
Selon la définition utilisée, la fréquence peut changer énormément.
Il existe aussi un problème d’attribution.
Une personne peut traverser une période difficile pendant un programme de méditation pour des raisons totalement indépendantes.
À l’inverse, elle peut avoir une réaction réellement déclenchée par la pratique.
Sans groupe témoin ou analyse détaillée, il est difficile de séparer les deux.
C’est pour cela que les auteurs distinguent soigneusement expérience indésirable et effet indésirable causé par l’intervention.
Que nous apprend l’autre étude publiée en juin 2026 ?
Une deuxième étude publiée dans la même revue quelques mois auparavant complète utilement le tableau.
Elle analysait deux essais du programme numérique Healthy Minds chez des personnes présentant déjà une détresse psychologique.
Dans un premier échantillon de 315 étudiants, 27,9 % ont rapporté au moins une expérience indésirable au cours du programme et 6,7 % un certain retentissement fonctionnel.
Dans un deuxième échantillon, 10,1 % des participants ayant répondu ont rapporté au moins une expérience indésirable et 3 % un retentissement fonctionnel.
Mais là encore, un résultat change l’interprétation :
dans l’étude confirmatoire, la fréquence de ces expériences ne différait pas significativement entre les personnes ayant réellement effectué les méditations guidées et celles qui ne les avaient pas faites.
Les chercheurs soulignent donc qu’une expérience pénible survenant pendant un programme n’est pas nécessairement un dommage provoqué par la méditation.
Par ailleurs, environ 90 % des personnes ayant rapporté une expérience indésirable déclaraient malgré tout être contentes d’avoir appris à méditer.
Cela illustre bien la complexité du sujet.
Une pratique peut comporter des moments difficiles sans être vécue globalement comme négative.
Qu’est-ce que cela change pour un instructeur de méditation ?
Cela devrait surtout encourager une approche moins automatique.
Proposer la méditation ne consiste pas uniquement à donner une durée et un fichier audio.
Un instructeur peut expliquer dès le départ qu’une pratique ne produit pas toujours du calme.
Il peut demander comment la personne réagit.
Adapter la durée.
Éviter de valoriser la souffrance comme une preuve de progression.
Et connaître ses limites professionnelles.
Un instructeur de méditation n’a pas vocation à diagnostiquer ou traiter seul un trouble psychiatrique.
Lorsqu’une pratique fait émerger une détresse importante, une coordination avec un professionnel de santé mentale peut être nécessaire.
Cette prudence ne rend pas la méditation suspecte.
Elle la traite simplement comme une pratique réelle, avec des bénéfices possibles et des réactions variables.
Que peut retenir quelqu’un qui médite seul avec une application ?
D’abord qu’un inconfort ponctuel n’est pas exceptionnel.
Ensuite, qu’il n’existe aucune obligation de poursuivre une séance coûte que coûte.
Commencer par quelques minutes peut être une bonne manière d’observer sa réaction.
Changer de type de pratique est possible.
Marcher lentement ou porter attention à des sons peut être plus facile que rester immobile les yeux fermés.
Il est également possible d’ouvrir les yeux, de bouger ou d’arrêter.
Le but n’est pas de réussir une performance méditative.
Si l’expérience devient régulièrement pénible, augmente l’anxiété ou laisse un malaise durable, il est raisonnable de chercher un accompagnement plutôt que de simplement augmenter la dose.
Peut-on dire que la méditation est sûre ?
On peut dire quelque chose de plus précis.
Les pratiques numériques très brèves testées dans cette étude n’ont pas augmenté le risque d’expérience pénible par rapport à une utilisation habituelle d’internet.
Elles étaient même associées à une probabilité plus faible d’augmentation cliniquement pertinente de l’affect négatif.
C’est rassurant pour ce type de pratique.
Mais « sûre » ne veut jamais dire qu’aucune personne ne vivra une réaction difficile.
Dans cette étude, 4,1 % des participants ont rapporté une expérience pénible.
Et 7,1 % ont présenté une augmentation de l’affect négatif, tous groupes confondus.
Le résultat encourage donc une vision équilibrée.
La méditation brève ne semble pas particulièrement dangereuse.
Elle n’est pas pour autant une expérience émotionnellement neutre pour tout le monde.
Ce que cette étude change vraiment
Pendant longtemps, le débat sur les effets indésirables de la méditation a souvent opposé deux discours.
D’un côté :
« la méditation est naturelle et sans risque ».
De l’autre :
« les effets indésirables sont beaucoup plus fréquents qu’on ne le dit ».
L’étude de septembre 2026 aide à sortir de cette opposition.
Sur plus de 5 000 adultes, une minorité rapporte effectivement une expérience pénible.
Mais cette fréquence n’est pas supérieure à celle observée chez des personnes utilisant internet normalement.
Les pratiques méditatives testées sont même associées à moins d’augmentation significative des émotions négatives.
En parallèle, les séances de 10 minutes produisent davantage d’expériences pénibles que celles de 5 minutes.
Et certaines caractéristiques individuelles permettent de prédire partiellement qui risque de moins bien réagir.
Le message devient donc beaucoup plus utile :
la méditation brève est généralement bien tolérée, mais elle ne doit pas être présentée comme une pratique universellement agréable ni proposée de manière identique à tout le monde.
Pour Holia, c’est précisément la nuance importante.
Une pratique de bien-être gagne en crédibilité lorsqu’elle reconnaît aussi ses limites, ses variations individuelles et les situations où un accompagnement différent peut être nécessaire.
Sources et références
- PubMed - Adverse Experiences in Brief Meditation Practices: Randomized Controlled Trial (ouvre un site externe)
- JMIR Mental Health - Adverse Experiences in Brief Meditation Practices (ouvre un site externe)
- DOI - 10.2196/95628 (ouvre un site externe)
- PubMed - Prevalence and Predictors of Self-Reported Adverse Experiences in Digital Meditation Training (ouvre un site externe)
- PubMed Central - Article intégral de l’étude de juin 2026 (ouvre un site externe)
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