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Qigong après 60 ans : ce que montre la méta-analyse 2026 sur la santé et la qualité de vie
Une méta-analyse de 22 essais randomisés portant sur 1 791 adultes de 60 ans et plus suggère que le Health Qigong peut améliorer la marche, l’équilibre, les symptômes dépressifs et la qualité de vie. Mais les résultats sont très hétérogènes et, face à un exercice classique, l’avantage est souvent faible ou absent.

Le Qigong peut-il réellement aider à mieux vieillir ?
Une revue systématique et méta-analyse publiée le 26 août 2026 dans Frontiers in Public Health apporte une réponse plutôt encourageante, à condition de ne pas aller plus loin que les données.
Les chercheurs ont regroupé 22 essais randomisés contrôlés portant sur 1 791 adultes âgés de 60 ans et plus.
Les résultats globaux suggèrent un bénéfice du Health Qigong sur plusieurs dimensions :
la distance parcourue en six minutes ;
l’équilibre ;
les symptômes dépressifs ;
et la qualité de vie.
En revanche, aucune amélioration significative n’est retrouvée sur les activités de la vie quotidienne.
Et lorsqu’on compare le Qigong à un exercice conventionnel, plusieurs avantages disparaissent.
C’est un point essentiel.
La publication ne montre pas qu’une pratique traditionnelle serait globalement supérieure à l’activité physique classique.
Elle suggère plutôt que le Qigong peut constituer une forme d’exercice douce et structurée, potentiellement intéressante pour certaines personnes âgées, avec des résultats qui ressemblent souvent à ceux obtenus avec d’autres formes d’activité physique.
Quelle étude a été publiée en 2026 ?
La revue a été menée par Shi-Han Liang et ses collègues et publiée dans la section vieillissement et santé publique de Frontiers in Public Health.
Les auteurs ont recherché les études disponibles dans sept bases de données jusqu’en mai 2025.
Ils ont identifié 1 301 références.
Après suppression des doublons et sélection, 22 essais randomisés ont été retenus.
L’ensemble représente 1 791 participants.
Pour être incluses, les études devaient concerner des adultes âgés d’au moins 60 ans et utiliser le Health Qigong comme intervention structurée principale.
Les comparateurs pouvaient être :
des soins habituels ;
une éducation à la santé ;
une activité non physique ;
un entraînement cognitif ;
ou un autre programme d’exercice.
Les chercheurs ont ensuite regroupé les résultats selon plusieurs dimensions physiques et psychologiques.
Qu’appelle-t-on exactement « Health Qigong » ?
Le terme mérite d’être précisé.
Le Qigong regroupe de nombreuses pratiques corporelles chinoises associant mouvements lents, respiration et attention.
La méta-analyse ne porte pas sur une méthode unique.
Les 22 essais utilisaient huit formes différentes de Qigong.
La plus fréquente était le Baduanjin, utilisé dans 12 études.
D’autres essais évaluaient notamment :
le Wuqinxi ;
le Yijinjing ;
le Liuzijue ;
le Dantian Qigong ;
le Wisdom Heart Qigong ;
ou des formes centrées davantage sur la respiration.
Ces pratiques ne sont pas interchangeables.
Certaines comportent davantage de mouvements.
D’autres mettent plus l’accent sur le souffle.
Certaines sont très répétitives.
D’autres sollicitent davantage les transferts de poids.
Parler de « l’effet du Qigong » simplifie donc un ensemble assez divers.
Pour un praticien en médecine chinoise, cette diversité est importante à garder en tête.
Qui étaient les participants ?
La population était elle aussi très hétérogène.
Certaines études concernaient des personnes âgées relativement en bonne santé.
D’autres incluaient des participants présentant :
un risque de chute ;
une fragilité ;
des douleurs chroniques ;
une arthrose du genou ;
des symptômes dépressifs ;
des maladies respiratoires chroniques ;
ou d’autres problèmes de santé.
La plupart des essais étaient menés en Asie.
Sept études provenaient de Chine continentale.
Sept de Hong Kong.
Deux de Taïwan.
Deux de Thaïlande.
Quelques études avaient été réalisées dans d’autres pays, notamment en Allemagne et en Espagne.
Cette répartition géographique compte.
Une pratique culturellement familière peut être mieux acceptée ou mieux intégrée dans certaines populations.
Les résultats ne doivent donc pas être automatiquement transposés à tous les seniors européens sans nuance.
Le Qigong améliore-t-il la capacité de marche ?
Quatre essais, représentant 306 participants, ont utilisé le test de marche de six minutes.
Ce test mesure la distance qu’une personne peut parcourir en six minutes sur terrain plat.
Le groupe Qigong parcourait en moyenne 18,05 mètres de plus que les groupes comparateurs.
L’intervalle de confiance allait de 1,49 à 34,62 mètres.
Le résultat était statistiquement significatif.
Mais l’hétérogénéité atteignait 86 %.
Cela signifie que les études différaient beaucoup les unes des autres.
L’effet moyen de 18 mètres ne doit donc pas être interprété comme une amélioration attendue chez chaque personne.
Selon le contexte, l’âge, la condition physique ou le programme utilisé, le résultat peut être très différent.
Est-ce que 18 mètres de plus sont cliniquement importants ?
Pas nécessairement.
C’est une question différente de la significativité statistique.
Le fait qu’un résultat soit statistiquement significatif signifie qu’il est peu compatible avec une absence totale de différence dans le modèle utilisé.
Cela ne dit pas automatiquement si la différence est suffisamment grande pour changer la vie quotidienne.
La signification clinique d’un écart de 18 mètres dépend du profil de la personne et du contexte.
Pour quelqu’un très limité, une petite amélioration peut avoir davantage de valeur.
Pour une personne déjà autonome et active, elle peut être peu perceptible.
La méta-analyse ne fournit pas une réponse universelle sur ce point.
Le Qigong améliore-t-il l’équilibre ?
Cinq essais, regroupant 329 participants, ont évalué l’équilibre.
L’effet combiné était important :
SMD = 1,70, avec un intervalle de confiance de 0,54 à 2,87.
Le résultat était statistiquement significatif.
Mais l’hétérogénéité atteignait 95 %.
C’est extrêmement élevé.
Une seule valeur moyenne rassemble donc des études qui ne donnent pas toutes le même résultat.
Lorsque les auteurs retirent une étude particulièrement influente, l’hétérogénéité diminue mais reste encore élevée.
Il est donc raisonnable de dire que le Qigong peut améliorer certaines mesures de l’équilibre.
Il serait beaucoup moins rigoureux d’affirmer qu’il produit un effet important et reproductible chez tous les seniors.
Est-ce que cela signifie que le Qigong prévient les chutes ?
Non.
La méta-analyse évalue des tests d’équilibre.
Elle ne démontre pas directement une diminution du nombre de chutes.
Cette distinction est importante.
Un meilleur score sur une plateforme d’équilibre ou une échelle fonctionnelle peut être intéressant.
Mais la prévention des chutes dépend de nombreux facteurs :
force musculaire ;
vision ;
médicaments ;
aménagement du domicile ;
santé neurologique ;
chaussage ;
attention ;
et environnement.
Le Qigong peut participer à un programme de maintien de l’équilibre.
Il ne constitue pas à lui seul une garantie contre les chutes.
Que montre le test Timed Up and Go ?
Le Timed Up and Go, ou TUG, mesure le temps nécessaire pour se lever d’une chaise, marcher quelques mètres, faire demi-tour, revenir et se rasseoir.
C’est un test fonctionnel très utilisé chez les personnes âgées.
Dans la méta-analyse, le Qigong ne montrait pas d’avantage global clair sur le TUG par rapport aux groupes comparateurs.
Surtout, lorsqu’il était comparé à un autre programme d’exercice, la différence n’était pas significative.
C’est important parce que cela replace le Qigong dans une catégorie plus réaliste.
Il peut être utile comme activité physique douce.
Il ne semble pas systématiquement supérieur à un entraînement classique pour améliorer la mobilité fonctionnelle.
Le Qigong réduit-il les symptômes dépressifs ?
Dix essais, représentant 736 participants, ont évalué les symptômes dépressifs.
L’analyse globale retrouve un effet favorable :
SMD = -0,64, avec un intervalle de confiance de -1,07 à -0,20.
Le résultat était statistiquement significatif.
Mais l’hétérogénéité atteignait 87 %.
Une fois encore, les études sont très différentes.
Et surtout, l’analyse par type de comparateur change fortement la lecture.
Face à un groupe sans exercice, le Qigong semblait améliorer davantage les symptômes dépressifs.
Face à un programme d’exercice conventionnel, aucune différence significative n’était retrouvée.
C’est probablement l’un des résultats les plus intéressants de la publication.
Il suggère que le bénéfice psychologique pourrait provenir en grande partie du fait de bouger régulièrement, de participer à une activité structurée ou de pratiquer en groupe.
Il n’est pas nécessaire d’invoquer un mécanisme spécifique au Qigong pour expliquer tout l’effet.
Peut-on dire que le Qigong traite la dépression ?
Non.
Les essais utilisent des échelles de symptômes dépressifs.
Ils ne montrent pas que le Qigong constitue un traitement autonome d’un trouble dépressif caractérisé.
Certaines études incluent des personnes présentant des symptômes ou un risque de dépression.
D’autres concernent des populations âgées avec différents problèmes de santé.
La réduction moyenne d’un score ne remplace pas une évaluation clinique.
Pour une personne présentant une souffrance psychologique importante, un psychologue ou un professionnel de santé reste un interlocuteur adapté.
Le Qigong peut éventuellement être utilisé comme activité complémentaire.
Il ne doit pas être présenté comme un substitut à une prise en charge nécessaire.
Qu’en est-il de la qualité de vie ?
Sept essais, regroupant 586 participants, ont évalué la qualité de vie.
L’effet moyen était favorable :
SMD = 0,76, avec un intervalle de confiance de 0,07 à 1,45.
Le résultat était statistiquement significatif.
Mais l’hétérogénéité atteignait 93 %.
Là encore, prudence.
La qualité de vie est également un critère très large.
Elle peut intégrer la santé physique, le bien-être psychologique, la vie sociale, l’autonomie ou la perception générale de sa santé.
Une même amélioration peut donc avoir des significations différentes selon l’échelle utilisée.
Les auteurs estiment néanmoins que c’est sur cette dimension que le Qigong pourrait avoir un intérêt particulier par rapport à un exercice conventionnel.
Ce signal reste intéressant, mais il doit être confirmé par des études plus homogènes.
Pourquoi la qualité de vie pourrait-elle bénéficier d’une pratique douce ?
Plusieurs explications sont possibles.
Le Qigong associe généralement mouvement, respiration et attention.
La pratique peut être peu intimidante pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude du sport.
Elle peut être réalisée en groupe.
Elle peut proposer une routine régulière.
Elle peut offrir une sensation de progression sans exiger des performances élevées.
Tous ces éléments peuvent contribuer à la qualité de vie.
Mais la méta-analyse ne permet pas de savoir exactement lequel joue le rôle principal.
Les auteurs évoquent des mécanismes de régulation corporelle et mentale.
Cela reste une interprétation.
Le résultat scientifique principal est simplement qu’une amélioration moyenne de la qualité de vie apparaît dans les études regroupées.
Les activités de la vie quotidienne s’améliorent-elles ?
Non.
Quatre essais, avec 140 participants, ont évalué les activités de la vie quotidienne.
Le résultat était pratiquement nul :
SMD = 0,01.
L’intervalle de confiance allait de -0,33 à 0,34.
La valeur de p était de 0,97.
Aucune différence n’apparaissait entre les groupes.
L’hétérogénéité était également nulle.
C’est un résultat particulièrement clair.
Dans les études disponibles, le Qigong ne montre pas d’amélioration mesurable des capacités quotidiennes de base.
Les auteurs proposent une explication possible :
beaucoup de participants étaient déjà relativement autonomes au départ.
Il restait donc peu de marge pour améliorer des tâches simples comme se laver, s’habiller ou se déplacer dans la maison.
Mais cette hypothèse ne change pas le constat :
aucun bénéfice sur les activités de la vie quotidienne n’est démontré dans cette analyse.
Le Qigong fait-il mieux que l’exercice classique ?
Sur la plupart des critères, pas clairement.
C’est probablement le message le plus utile pour le public.
Le Qigong fait souvent mieux que :
l’absence d’exercice ;
une activité passive ;
ou les soins habituels seuls.
Mais lorsqu’il est comparé à un autre exercice structuré, l’écart se réduit fortement.
Pour les symptômes dépressifs, par exemple, l’avantage disparaît face à l’exercice.
Pour le TUG, le Qigong ne montre pas de supériorité.
Les auteurs estiment qu’un avantage pourrait exister sur certains aspects de la qualité de vie ou de l’équilibre.
Mais les données sont encore très hétérogènes.
Cela ne rend pas le Qigong inutile.
Au contraire.
Si ses effets sont comparables à ceux d’un exercice classique, il peut être intéressant pour les personnes qui préfèrent cette forme de pratique et qui sont plus susceptibles de la maintenir.
Pourquoi l’adhésion à une activité compte-t-elle autant ?
Parce qu’un programme parfait sur le papier ne sert pas à grand-chose s’il est abandonné.
Chez les personnes âgées, l’activité physique régulière doit pouvoir s’intégrer durablement dans la vie.
Certaines personnes aiment marcher.
D’autres préfèrent la gymnastique.
Certaines apprécient le yoga.
D’autres peuvent être plus attirées par le Qigong.
Une pratique lente, répétitive et peu compétitive peut être rassurante pour quelqu’un qui ne se reconnaît pas dans une salle de sport.
La préférence personnelle n’est donc pas un détail.
Elle peut déterminer si l’activité est réellement pratiquée semaine après semaine.
La méta-analyse ne mesure pas directement cette préférence.
Mais elle montre que le Qigong peut produire des résultats comparables à d’autres exercices sur plusieurs critères.
Cela donne du sens au choix de l’activité en fonction de ce que la personne est prête à faire régulièrement.
Existe-t-il une « dose idéale » ?
Les auteurs ont réalisé des analyses de sous-groupes.
Les résultats les plus favorables sur les symptômes dépressifs et la qualité de vie apparaissaient davantage dans les programmes comportant :
au moins trois séances par semaine ;
une durée totale d’au moins douze semaines ;
et des séances de moins de 60 minutes.
Les auteurs présentent cette combinaison comme potentiellement intéressante.
Mais il faut être très prudent.
Ces résultats viennent d’analyses de sous-groupes.
Ils ne proviennent pas d’un essai randomisé comparant directement plusieurs doses de Qigong.
On ne peut donc pas conclure que « trois séances par semaine pendant douze semaines » constituent une prescription optimale scientifiquement établie.
C’est plutôt une hypothèse à tester.
Les séances étaient-elles toutes courtes ?
Non.
Dans les essais inclus, les séances duraient généralement 40 à 60 minutes.
Certaines étaient plus courtes.
D’autres pouvaient atteindre 90 minutes.
La fréquence allait d’environ deux séances par semaine à une pratique quotidienne.
La durée totale des programmes variait également.
Cette diversité contribue probablement à l’hétérogénéité des résultats.
Un programme de quinze minutes quatre fois par semaine n’est pas équivalent à une séance d’une heure deux fois par semaine.
Pour un senior qui débute, la durée doit surtout être adaptée à sa capacité et à son niveau de fatigue.
Quelle est la qualité des études incluses ?
C’est une faiblesse importante de la revue.
Sur les 22 essais :
3 étaient considérés à faible risque de biais ;
3 à risque élevé ;
et 16 à risque incertain.
Seulement 10 études décrivaient correctement la dissimulation de l’allocation.
Neuf mentionnaient un aveuglement des évaluateurs.
Ce profil méthodologique n’est pas catastrophique.
Mais il ne correspond pas à une littérature particulièrement robuste.
Il est également difficile d’aveugler les participants à une intervention comme le Qigong.
Une personne sait généralement si elle participe à des exercices de Qigong ou non.
Cela peut influencer certains critères subjectifs comme la qualité de vie ou l’humeur.
Pourquoi l’hétérogénéité est-elle aussi élevée ?
Plusieurs raisons sont probables.
Les formes de Qigong diffèrent.
Les populations diffèrent.
Les pays diffèrent.
Les comparateurs diffèrent.
Les durées diffèrent.
Les participants n’ont pas tous les mêmes problèmes de santé.
Les outils de mesure ne sont pas toujours identiques.
Pour la qualité de vie, l’hétérogénéité atteint 93 %.
Pour l’équilibre, 95 %.
Pour les symptômes dépressifs, 87 %.
Pour la marche de six minutes, 86 %.
Ces valeurs très élevées signifient qu’il est dangereux de transformer les résultats moyens en prédictions individuelles.
La bonne question n’est pas :
« de combien le Qigong va-t-il améliorer mon équilibre ? »
Elle est plutôt :
« existe-t-il suffisamment de données pour considérer cette activité comme raisonnable et potentiellement utile ? »
À cette question, la réponse est plus favorable.
Peut-on généraliser les résultats aux seniors français ?
Avec prudence.
La majorité des études provient de Chine, Hong Kong, Taïwan ou Thaïlande.
Le Qigong y possède une histoire culturelle et sociale différente de celle qu’il peut avoir en France.
Cela peut influencer :
la familiarité avec les mouvements ;
les attentes ;
la qualité de l’enseignement ;
la motivation ;
ou l’intégration dans la vie quotidienne.
Quelques essais européens existent.
Mais ils sont minoritaires.
Il est donc raisonnable de considérer que les résultats sont encourageants.
Il est moins raisonnable de supposer que la même taille d’effet sera automatiquement retrouvée dans un cours français.
Est-ce que le Qigong convient à tous les seniors ?
Non automatiquement.
Le mot « doux » ne signifie pas « sans contrainte ».
Certaines formes comportent des flexions de genoux.
Des transferts de poids.
Des mouvements répétés des bras.
Des rotations.
Ou des postures maintenues.
Une personne présentant une douleur importante, une limitation articulaire ou un problème d’équilibre marqué peut avoir besoin d’adaptations.
Les auteurs soulignent eux-mêmes que l’état initial modifie probablement les effets.
Chez certaines personnes présentant des problèmes articulaires importants, certains mouvements doivent être adaptés.
La progression doit donc tenir compte de la fonction réelle, pas seulement de l’âge.
Que peut apporter un praticien ?
Un praticien en médecine chinoise qui enseigne ou intègre le Qigong à son accompagnement peut aider à adapter :
l’amplitude ;
la vitesse ;
la durée ;
les positions ;
et la progression.
Mais il doit aussi être clair sur les limites de la pratique.
Le Qigong n’est pas un traitement universel du vieillissement.
Il ne remplace pas une rééducation lorsqu’elle est nécessaire.
Il ne remplace pas une prise en charge psychologique d’une dépression.
Il ne remplace pas un programme médical pour une maladie chronique.
Sa place peut être celle d’une activité complémentaire favorisant le mouvement régulier, l’attention corporelle et éventuellement le bien-être.
Le Qigong peut-il remplacer la marche ou le renforcement musculaire ?
Pas comme règle générale.
Les recommandations d’activité physique chez les personnes âgées insistent sur plusieurs composantes :
endurance ;
force musculaire ;
équilibre ;
mobilité.
Le Qigong peut contribuer à certaines d’entre elles.
Mais il n’apporte pas nécessairement un stimulus suffisant de renforcement musculaire ou d’endurance chez toutes les personnes.
Une pratique bien construite peut donc être associée à :
de la marche ;
des exercices de force ;
des activités fonctionnelles ;
ou d’autres formes de mouvement.
Le but n’est pas de choisir un seul outil.
Il est de maintenir une activité suffisamment variée et régulière.
Ce que la méta-analyse 2026 change vraiment
Cette publication donne une image plus utile du Qigong que les discours simplistes.
Oui, des bénéfices apparaissent.
Sur 22 essais randomisés et 1 791 participants, le Qigong est associé à une meilleure distance de marche, de meilleurs scores d’équilibre, moins de symptômes dépressifs et une meilleure qualité de vie.
Mais les effets sont extrêmement hétérogènes.
Et lorsqu’on compare le Qigong à un exercice conventionnel, la différence disparaît souvent.
Les activités de la vie quotidienne ne s’améliorent pas.
La majorité des essais présente un risque de biais incertain.
Et la plupart ont été conduits dans des contextes asiatiques.
La meilleure lecture n’est donc ni :
« le Qigong est une méthode supérieure pour bien vieillir » ;
ni :
« puisque ce n’est pas mieux que l’exercice, cela ne sert à rien ».
Elle est plus simple.
Le Qigong semble être une forme d’activité physique douce et structurée capable de contribuer au vieillissement actif, avec des bénéfices potentiels sur plusieurs dimensions, mais sans supériorité clairement établie sur les autres formes d’exercice.
Pour une personne qui apprécie cette pratique et la maintient régulièrement, cela peut déjà être une raison suffisante de l’intégrer à son quotidien.
Sources et références
- PubMed - Effects of Health Qigong on quality of life, physical function, and mental health in older adults (ouvre un site externe)
- Frontiers in Public Health - Article intégral (ouvre un site externe)
- PubMed Central - Article intégral (ouvre un site externe)
- DOI - 10.3389/fpubh.2026.1916466 (ouvre un site externe)
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