Publié le 17 min de lecture
Prévention cardio-neurovasculaire : ce que change la loi 2026 pour les kinésithérapeutes
La loi du 27 juillet 2026 renforce la prévention cardio-neurovasculaire en France et autorise explicitement les masseurs-kinésithérapeutes à mesurer la pression artérielle dans ce cadre. À partir du 1er octobre, ils pourront aussi réaliser Mon bilan prévention. Ce que cela change vraiment en pratique.

Le rôle des kinésithérapeutes dans la prévention vient de franchir une nouvelle étape.
La loi du 27 juillet 2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neurovasculaires inscrit désormais explicitement dans le Code de la santé publique qu’un masseur-kinésithérapeute peut mesurer la pression artérielle d’un patient dans une démarche de prévention des risques cardio-neurovasculaires.
Quelques jours plus tard, un arrêté publié au Journal officiel a confirmé une autre évolution importante : à partir du 1er octobre 2026, les masseurs-kinésithérapeutes pourront également réaliser les rendez-vous Mon bilan prévention, jusque-là ouverts aux médecins, infirmiers, pharmaciens et sages-femmes.
Ces deux changements sont proches dans le temps et vont dans la même direction, mais ils ne doivent pas être confondus.
La loi ne transforme pas le kinésithérapeute en médecin généraliste.
Elle ne lui attribue pas un nouveau pouvoir de diagnostic médical de l’hypertension ou des maladies cardiovasculaires.
Elle consolide en revanche une place déjà importante dans le repérage des facteurs de risque, l’activité physique, la lutte contre la sédentarité, l’accompagnement des changements d’habitudes et l’orientation vers les professionnels adaptés.
Pour les patients comme pour les professionnels, la question utile est donc moins de savoir si « les kinés peuvent désormais dépister les maladies cardiovasculaires » que de comprendre où commence et où s’arrête leur rôle dans cette nouvelle organisation de la prévention.
Que prévoit exactement la loi du 27 juillet 2026 ?
La loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 crée un cadre national beaucoup plus structuré autour des maladies cardio-neurovasculaires.
Elle inscrit dans le Code de la santé publique le principe d’une stratégie nationale pluriannuelle, élaborée avec les organismes de recherche, les professionnels de santé, les usagers et les autres acteurs concernés.
Cette stratégie doit définir des priorités en matière de prévention, de dépistage et d’organisation des parcours de soins.
Le texte vise également à réduire les inégalités sociales et territoriales de prévention, de diagnostic et de prise en charge.
Ce point n’est pas anodin.
Les maladies cardio-neurovasculaires restent la deuxième cause de mortalité en France après les cancers. Selon les données de mortalité 2024 publiées par Santé publique France, les maladies de l’appareil circulatoire ont provoqué 136 081 décès, soit 21,2 % de l’ensemble des décès cette année-là.
La prévention n’est donc pas présentée comme une simple campagne d’information ponctuelle.
Elle devient un axe organisé de politique de santé publique.
Quels facteurs de risque sont désormais explicitement ciblés ?
La loi modifie également le contenu des rendez-vous de prévention.
Elle prévoit que ces rendez-vous sensibilisent aux principaux facteurs de risque cardio-neurovasculaire, parmi lesquels figurent notamment :
- le tabagisme ;
- l’excès de consommation d’alcool ;
- la sédentarité ;
- l’obésité ;
- le cholestérol ;
- le diabète ;
- la maladie rénale chronique ;
- l’hypertension artérielle.
Le texte prévoit aussi qu’un dépistage des maladies cardio-neurovasculaires et des maladies cardiaques structurelles soit proposé lors des rendez-vous de prévention, avec une évaluation clinique et biologique.
Il précise par ailleurs que cette évaluation doit tenir compte des déterminants propres au risque cardio-neurovasculaire des femmes.
Ce dernier point est important car certains facteurs de risque peuvent être sous-estimés lorsqu’on applique une lecture trop uniforme du risque cardiovasculaire.
La grossesse, certaines complications obstétricales ou des événements hormonaux peuvent par exemple participer à l’histoire du risque cardiovasculaire d’une femme.
La loi ne détaille pas à elle seule la manière dont chaque professionnel intervient dans chacune de ces dimensions.
Elle crée un cadre général, ensuite décliné selon les compétences propres de chaque profession.
Qu’est-ce qui change précisément pour les kinésithérapeutes ?
La modification la plus directe pour les masseurs-kinésithérapeutes tient en une phrase ajoutée à l’article L. 4321-1 du Code de la santé publique.
Le texte indique désormais qu’ils sont autorisés à mesurer la pression artérielle de patients dans une démarche de prévention des risques cardio-neurovasculaires.
Juridiquement, cette formulation est intéressante.
Elle ne crée pas une nouvelle spécialité.
Elle sécurise explicitement un acte simple de prévention au sein du champ professionnel du kinésithérapeute.
En pratique, cela permet au professionnel d’intégrer la mesure de la pression artérielle à une démarche de repérage, notamment lorsqu’il accompagne une personne autour de l’activité physique, de la sédentarité, de la réadaptation ou d’un changement d’habitudes.
Si une mesure apparaît anormale ou préoccupante, la logique reste celle de l’orientation vers un professionnel habilité à établir le diagnostic médical et à organiser la prise en charge nécessaire.
Est-ce que cela signifie qu’un kiné peut diagnostiquer une hypertension ?
Non.
La loi autorise explicitement la mesure de la pression artérielle dans un objectif de prévention.
Elle n’ajoute pas au champ de compétence du masseur-kinésithérapeute un diagnostic médical d’hypertension artérielle.
Cette nuance est fondamentale.
Une pression artérielle élevée mesurée ponctuellement n’est pas, à elle seule, un diagnostic d’hypertension.
La valeur peut varier selon les conditions de mesure, le repos préalable, le stress, l’heure de la journée, la position, la taille du brassard ou d’autres facteurs.
Le diagnostic d’hypertension repose sur une démarche médicale structurée, pouvant nécessiter plusieurs mesures, de l’automesure à domicile ou une mesure ambulatoire sur 24 heures selon la situation.
La nouvelle disposition facilite donc le repérage.
Elle ne transfère pas au kinésithérapeute la responsabilité du diagnostic médical, de la prescription d’un traitement antihypertenseur ou de la décision d’examens complémentaires.
Pourquoi donner cette possibilité aux kinésithérapeutes ?
La prévention cardiovasculaire ne se limite pas aux médicaments ou aux consultations médicales.
L’activité physique, la sédentarité, le poids, le tabac, l’alimentation, le sommeil et de nombreux comportements quotidiens participent au risque global.
Or les kinésithérapeutes rencontrent régulièrement des patients pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois.
Cette répétition crée des occasions d’observer une évolution fonctionnelle, d’échanger sur l’activité physique, la fatigue, l’essoufflement ou les habitudes de vie et de repérer certains facteurs de risque qui n’auraient pas nécessairement été évoqués ailleurs.
Le kinésithérapeute occupe également une place particulière dans l’accompagnement de l’activité physique.
Il intervient auprès de personnes très différentes : patients douloureux, personnes âgées, personnes atteintes de maladies chroniques, patients après chirurgie ou accident, personnes reprenant une activité ou ayant perdu confiance dans leurs capacités physiques.
La possibilité de mesurer la pression artérielle s’intègre donc assez naturellement à cette culture du mouvement, de l’effort et de la surveillance clinique.
Mais elle ne prend son sens que si elle débouche sur une action adaptée : rassurer lorsque la situation est normale, répéter la mesure si nécessaire dans le cadre approprié, conseiller une consultation médicale ou orienter rapidement en présence d’un signal préoccupant.
Qu’est-ce que Mon bilan prévention change à partir du 1er octobre 2026 ?
La deuxième évolution importante ne vient pas directement de la loi du 27 juillet.
Elle vient de l’arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux professionnels pouvant réaliser les rendez-vous de prévention, à leur contenu et à leur tarification.
Cet arrêté entre en vigueur le 1er octobre 2026.
À partir de cette date, les masseurs-kinésithérapeutes rejoignent officiellement les médecins, sages-femmes, infirmiers et pharmaciens parmi les professionnels pouvant réaliser Mon bilan prévention.
Ce rendez-vous existe déjà depuis 2024.
Son objectif est de proposer, à plusieurs moments de la vie, un temps spécifiquement consacré à la prévention plutôt qu’au traitement d’un problème déjà installé.
Pour les kinésithérapeutes, il s’agit donc d’un nouveau cadre formalisé et rémunéré pour exercer un rôle de prévention plus large que celui d’une séance de rééducation classique.
Qui peut bénéficier de Mon bilan prévention ?
Le dispositif concerne quatre tranches d’âge :
| Tranche d’âge | Moment du parcours |
|---|---|
| 18 à 25 ans | Entrée dans l’âge adulte |
| 45 à 50 ans | Milieu de vie |
| 60 à 65 ans | Approche de la retraite et prévention des maladies chroniques |
| 70 à 75 ans | Vieillissement, autonomie et prévention |
Le patient n’a pas besoin d’être déjà suivi pour une maladie cardiovasculaire.
L’intérêt du dispositif est précisément de faire le point avant qu’un problème ne soit nécessairement diagnostiqué.
Le bilan peut être réalisé auprès d’un professionnel de santé habituel ou d’un professionnel proposant ce type de rendez-vous.
L’Assurance Maladie prévoit également un annuaire sur Santé.fr pour identifier les professionnels participant au dispositif.
Que se passe-t-il pendant le bilan ?
L’Assurance Maladie prévoit une durée d’environ 30 à 45 minutes.
Le rendez-vous est organisé en trois grandes étapes.
La première consiste à repérer les risques individuels à partir des informations données par le patient, d’un autoquestionnaire et d’une fiche d’aide au repérage.
La deuxième consiste à choisir avec la personne un ou deux sujets prioritaires de prévention.
Il ne s’agit donc pas de parcourir mécaniquement une liste interminable de risques.
Le professionnel et le patient identifient ensemble les éléments sur lesquels une action semble à la fois utile et réaliste.
La troisième étape est la rédaction d’un plan personnalisé de prévention.
Ce document formalise les objectifs retenus, les obstacles éventuels, les actions concrètes à mettre en place et les ressources ou professionnels vers lesquels la personne peut être orientée.
Le plan et la fiche de repérage sont transmis au médecin traitant, sauf opposition du patient.
Le suivi reste donc organisé dans une logique de parcours coordonné.
De quoi peut-on parler pendant Mon bilan prévention ?
Le champ est beaucoup plus large que le seul risque cardiovasculaire.
L’Assurance Maladie cite notamment :
les antécédents médicaux et familiaux, l’alimentation, l’activité physique, la sédentarité, les addictions, le risque de maladies chroniques, les dépistages, la vaccination, le suivi bucco-dentaire, les variations de poids, le sommeil, la santé mentale, les conditions de travail, la vie sociale ou encore certaines situations de violence.
Pour un kinésithérapeute, l’activité physique et la sédentarité constituent naturellement des portes d’entrée importantes.
Mais le professionnel n’est pas obligé de rester sur ce seul terrain.
Le principe du bilan est justement de regarder la situation globale de la personne, puis d’orienter lorsqu’un sujet dépasse son propre champ d’intervention.
Cette capacité d’orientation est essentielle.
Un bon bilan de prévention n’est pas un rendez-vous où un seul professionnel prétend tout prendre en charge.
C’est un rendez-vous où les risques sont repérés, hiérarchisés et reliés aux bons interlocuteurs.
Combien ce bilan est-il rémunéré ?
À partir du 1er octobre 2026, le tarif prévu est de 30 euros en métropole et 31,50 euros dans les départements et régions d’outre-mer.
Pour les masseurs-kinésithérapeutes, le code de facturation prévu est RDI.
Le bilan est pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour les personnes appartenant aux tranches d’âge concernées, sans avance de frais.
Il ne peut être facturé qu’une seule fois par personne et par tranche d’âge, quel que soit le type de professionnel ayant réalisé le rendez-vous.
Aucun dépassement d’honoraires n’est autorisé.
L’Assurance Maladie précise également qu’aucun acte ou majoration ne peut être facturé en plus du bilan par le masseur-kinésithérapeute. Des frais de déplacement peuvent toutefois être facturés lorsque le bilan est réalisé à domicile, selon les règles conventionnelles applicables.
Est-ce que Mon bilan prévention devient une séance de kiné ?
Non.
Le rendez-vous possède son propre objectif, sa propre durée et son propre cadre de facturation.
Il ne s’agit pas d’une séance de rééducation à laquelle on ajouterait quelques questions de prévention.
Cette séparation est importante.
Une séance de masso-kinésithérapie répond à un objectif thérapeutique ou fonctionnel défini dans le cadre de la prise en charge.
Mon bilan prévention est un temps dédié au repérage, à la priorisation des risques et à la construction d’un plan de prévention.
Les deux peuvent concerner la même personne.
Ils ne remplissent pas la même fonction.
La mesure de la pression artérielle est-elle réservée au bilan de prévention ?
Le texte de la loi est plus large.
Il autorise le masseur-kinésithérapeute à mesurer la pression artérielle dans une démarche de prévention des risques cardio-neurovasculaires.
La formulation n’est pas limitée au seul dispositif Mon bilan prévention.
Le bilan constitue évidemment un contexte particulièrement adapté à cette mesure.
Mais la compétence inscrite dans le Code de la santé publique ne disparaît pas en dehors de ce rendez-vous spécifique.
Cela peut par exemple avoir un intérêt chez une personne reprenant une activité physique, présentant plusieurs facteurs de risque ou signalant des antécédents cardiovasculaires.
Le professionnel doit toutefois rester dans le cadre de ses compétences et orienter si la situation nécessite une évaluation médicale.
Que doit faire un kinésithérapeute face à une valeur élevée ?
La nouvelle loi ne crée pas un protocole unique applicable à toutes les situations.
Il faut distinguer une valeur inhabituellement élevée découverte chez une personne sans symptôme d’une situation pouvant évoquer une urgence.
Une mesure anormale isolée peut justifier une nouvelle mesure réalisée dans de bonnes conditions puis, selon le résultat et le contexte, une orientation vers le médecin traitant.
À l’inverse, une pression artérielle très élevée associée à des symptômes inquiétants tels qu’une douleur thoracique, un déficit neurologique brutal, une difficulté respiratoire importante, une confusion ou un malaise impose une réponse urgente adaptée.
Le rôle du professionnel n’est donc pas simplement de lire un chiffre.
Il est d’interpréter la situation dans les limites de son champ, d’identifier les signes d’alerte et d’orienter correctement.
Est-ce que cette loi concerne uniquement les kinésithérapeutes ?
Non.
La loi du 27 juillet 2026 est beaucoup plus large.
Elle organise une stratégie nationale de prévention cardio-neurovasculaire qui traverse plusieurs moments de la vie.
Elle renforce le contenu des rendez-vous de prévention.
Elle crée un rendez-vous de dépistage précoce, notamment de l’hypercholestérolémie familiale, dans l’année suivant le sixième anniversaire de l’enfant, réalisé par un médecin spécialement formé.
Elle introduit également des mesures dans le champ de la santé au travail et de l’information à l’école.
Les services de prévention et de santé au travail voient leur rôle renforcé autour de la sensibilisation aux facteurs de risque et du dépistage.
Des actions annuelles d’information sur les facteurs de risque sont aussi prévues dès l’école élémentaire, selon des modalités qui doivent être précisées.
Le texte permet par ailleurs aux pharmaciens de mesurer eux aussi la pression artérielle dans une démarche de prévention des risques cardio-neurovasculaires.
La place donnée aux kinésithérapeutes est donc une composante d’un dispositif beaucoup plus large.
Pourquoi cette évolution est-elle cohérente avec les enjeux de santé publique ?
La prévention cardiovasculaire se joue en grande partie avant l’apparition d’un événement grave.
L’AVC ou l’infarctus sont souvent la conséquence visible d’un risque qui s’est construit pendant plusieurs années.
Hypertension, tabac, diabète, cholestérol, sédentarité, excès de poids ou maladie rénale peuvent évoluer longtemps sans provoquer de symptôme évident.
Plus le repérage intervient tôt, plus il existe de possibilités d’agir.
La logique de la loi consiste donc à multiplier les occasions de prévention et à ne pas réserver ce travail à la consultation médicale ponctuelle.
Cela ne signifie pas que tous les professionnels ont les mêmes compétences.
Cela signifie que plusieurs professions peuvent participer au repérage, au conseil, à l’éducation en santé et à l’orientation.
Dans cette logique, le kinésithérapeute présente un intérêt particulier parce qu’il intervient précisément sur l’un des déterminants majeurs du risque : le mouvement.
Quelle place pour l’activité physique dans la prévention cardio-neurovasculaire ?
L’activité physique régulière participe à la prévention de nombreuses maladies chroniques.
À l’inverse, la sédentarité et l’inactivité physique font partie des facteurs de risque cardio-neurovasculaire explicitement cités par les autorités sanitaires.
Pour certaines personnes, le conseil « bougez davantage » est pourtant difficile à appliquer.
La douleur, la peur de l’effort, la perte de condition physique, les séquelles d’une maladie, l’âge ou un handicap peuvent rendre la reprise complexe.
Le kinésithérapeute peut alors aider à traduire une recommandation générale en progression fonctionnelle réaliste.
Cela peut signifier retrouver de la capacité de marche, reprendre progressivement un effort, travailler l’équilibre, diminuer la peur du mouvement ou mieux comprendre ses limites.
La prévention prend ici une forme très concrète.
Elle ne repose pas uniquement sur une information.
Elle repose aussi sur la capacité réelle de la personne à modifier son comportement.
Cette nouvelle compétence change-t-elle la frontière entre prévention et soin ?
Elle la rend surtout plus visible.
Les kinésithérapeutes participaient déjà à la prévention à travers l’activité physique, l’éducation du patient, la prévention des récidives, la lutte contre la perte d’autonomie ou l’accompagnement de maladies chroniques.
La loi de 2026 ne crée donc pas ce rôle à partir de rien.
Elle lui donne de nouveaux outils et une reconnaissance explicite.
La mesure de la pression artérielle devient clairement inscrite dans le Code de la santé publique.
Mon bilan prévention crée de son côté un temps dédié, standardisé et rémunéré.
La frontière avec le soin médical n’est pas supprimée.
Elle devient au contraire importante à comprendre.
Le kinésithérapeute peut repérer, conseiller et orienter.
Le médecin conserve son rôle dans le diagnostic médical, l’évaluation étiologique, la prescription des examens nécessaires et la décision thérapeutique lorsque la situation l’exige.
Qu’est-ce que cela change pour les patients ?
Pour le public, le changement le plus visible sera probablement l’accès à davantage de professionnels pour réaliser un bilan de prévention.
Une personne de 45 à 50 ans qui consulte régulièrement un kinésithérapeute pourra, à partir du 1er octobre 2026, choisir de réaliser ce bilan avec lui s’il propose le dispositif.
Cela peut faciliter l’accès à la prévention pour des personnes qui consultent peu leur médecin lorsqu’elles se sentent en bonne santé.
Le rendez-vous peut faire émerger des sujets qui n’auraient jamais été abordés pendant une séance classique : pression artérielle, tabac, activité physique, vaccination, sommeil, santé mentale ou dépistages à jour.
L’intérêt ne se mesure pas au nombre de problèmes trouvés.
Un bilan peut aussi confirmer que plusieurs habitudes sont favorables et aider la personne à conserver ce qui fonctionne déjà.
Qu’est-ce que cela change pour les kinésithérapeutes ?
Pour la profession, l’évolution est plus profonde qu’un nouvel acte de facturation.
Elle confirme progressivement un élargissement du rôle du kinésithérapeute dans le parcours de santé.
Le professionnel n’intervient plus uniquement après une lésion, une chirurgie ou l’apparition d’une limitation fonctionnelle.
Il peut aussi être mobilisé en amont, dans une logique de prévention et de maintien de la santé.
Cela suppose néanmoins de nouvelles exigences.
Mesurer correctement la pression artérielle, connaître les principaux facteurs de risque, savoir conduire un entretien de prévention, distinguer ce qui relève de son champ et savoir orienter deviennent des compétences concrètes à maîtriser.
L’Assurance Maladie met d’ailleurs à disposition une plateforme de formation en ligne consacrée à Mon bilan prévention.
La reconnaissance d’un rôle plus large implique donc aussi une responsabilité plus large dans la qualité du repérage et de l’orientation.
Faut-il y voir une révolution de la profession ?
Probablement pas au sens où le cœur de la kinésithérapie changerait du jour au lendemain.
La rééducation, la récupération fonctionnelle, le mouvement et l’accompagnement des limitations restent au centre de la profession.
Mais la séquence réglementaire de l’été 2026 est significative.
En quelques semaines, le législateur a inscrit noir sur blanc la possibilité de mesurer la pression artérielle dans un objectif de prévention, puis le Gouvernement a intégré les masseurs-kinésithérapeutes au dispositif Mon bilan prévention.
Ces deux mesures donnent une traduction concrète à une évolution plus générale : la prévention est de moins en moins pensée comme l’affaire d’un seul professionnel.
Elle devient une responsabilité coordonnée entre plusieurs acteurs du parcours de santé.
Ce que les textes de 2026 changent vraiment
La nouveauté ne tient pas au fait que les kinésithérapeutes découvriraient soudain la prévention cardiovasculaire.
Ils y contribuaient déjà par l’activité physique, la réadaptation, l’éducation et le suivi fonctionnel.
Le changement est surtout juridique et organisationnel.
Depuis la loi du 27 juillet 2026, la mesure de la pression artérielle par un masseur-kinésithérapeute dans une démarche de prévention cardio-neurovasculaire est explicitement inscrite dans le Code de la santé publique.
Et à partir du 1er octobre 2026, les kinésithérapeutes pourront réaliser Mon bilan prévention auprès des personnes âgées de 18 à 25 ans, 45 à 50 ans, 60 à 65 ans et 70 à 75 ans.
Cela renforce leur capacité de repérage et d’accompagnement.
Cela ne leur confère pas pour autant le diagnostic médical d’une hypertension ou d’une maladie cardiovasculaire.
La logique est donc celle d’un parcours mieux distribué : davantage d’occasions de repérer les risques, davantage de professionnels mobilisés, mais des rôles qui restent complémentaires.
Sources et références
- Légifrance - Loi n° 2026-668 du 27 juillet 2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neurovasculaires (ouvre un site externe)
- Légifrance - Arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Mon bilan prévention par les masseurs-kinésithérapeutes (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Le masseur-kinésithérapeute pourra proposer Mon bilan prévention dès le 1er octobre (ouvre un site externe)
- Santé publique France - Maladies cardiovasculaires et accident vasculaire cérébral (ouvre un site externe)
- Santé publique France - Grandes causes de mortalité en France en 2024 (ouvre un site externe)
- Ministère de la Santé - Maladies cardiovasculaires (ouvre un site externe)
Explorer ce sujet
La page dédiée à ce vécu sur Holia, et quelques guides proches pour prolonger la lecture.
Approches associées
Des méthodes souvent explorées autour de ce vécu, pour prolonger la lecture sans multiplier les pistes.
Trouver un accompagnement face à la charge mentale
Indiquez votre ville pour découvrir les professionnels disponibles près de chez vous.