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Addiction aux jeux vidéo : quand parle-t-on de trouble du jeu vidéo ?
Jouer beaucoup ne signifie pas forcément être dépendant. Découvrez les critères du trouble du jeu vidéo, les signes de perte de contrôle et les repères pour demander de l'aide.

Les jeux vidéo peuvent prendre beaucoup de place sans pour autant constituer un trouble. Une période de jeu intense, une passion, une sortie très attendue ou plusieurs soirées passées avec des amis ne suffisent pas à parler d'« addiction aux jeux vidéo ».
La question devient différente lorsque la personne perd durablement la maîtrise de son comportement, donne au jeu une priorité croissante au détriment d'autres domaines importants et continue malgré des conséquences significatives.
La Classification internationale des maladies de l'Organisation mondiale de la Santé emploie alors le terme trouble du jeu vidéo (gaming disorder).
Le trouble du jeu vidéo est reconnu dans la CIM-11. Jouer souvent ou longtemps ne suffit pas à poser ce diagnostic : il faut notamment une perte de contrôle, une priorité croissante donnée au jeu, sa poursuite malgré des conséquences négatives et un retentissement significatif.
Que reconnaît réellement la CIM-11 ?
L'OMS décrit trois caractéristiques centrales :
- une altération du contrôle sur le jeu : difficulté à décider quand commencer, arrêter, réduire ou limiter une session ;
- une priorité croissante accordée au jeu, jusqu'à ce qu'il prenne le pas sur d'autres centres d'intérêt ou activités ;
- la poursuite ou l'intensification du jeu malgré des conséquences négatives.
Ces éléments doivent être suffisamment importants pour provoquer une altération significative de la vie personnelle, familiale, sociale, scolaire, universitaire ou professionnelle.
Le comportement est en principe observable sur une période d'au moins douze mois, même si un professionnel peut apprécier la situation différemment lorsque les manifestations sont particulièrement sévères.
Jouer beaucoup n'est donc pas un diagnostic
Le nombre d'heures ne suffit pas.
Une personne peut jouer longtemps tout en conservant :
- son sommeil ;
- ses études ou son travail ;
- ses relations ;
- d'autres loisirs ;
- la possibilité de réduire ou d'arrêter lorsqu'elle le souhaite.
À l'inverse, un temps de jeu moins spectaculaire peut devenir préoccupant lorsque la personne n'arrive plus à reprendre la main et que des conséquences s'accumulent.
Le repère le plus utile n'est donc pas « combien d'heures ? », mais plutôt : quelle liberté reste-t-il autour du jeu et quel impact ce comportement a-t-il sur le reste de la vie ?
Quels signes peuvent pousser à regarder la situation de plus près ?
Aucun signe isolé ne permet de poser soi-même un diagnostic.
En revanche, plusieurs éléments répétés peuvent justifier d'en parler avec un professionnel :
- des sessions régulièrement beaucoup plus longues que prévu ;
- des tentatives répétées de réduction qui échouent ;
- le jeu qui repousse fréquemment le sommeil ;
- des absences, retards ou difficultés scolaires ou professionnelles ;
- l'abandon progressif d'autres loisirs ;
- des conflits répétés avec l'entourage ;
- une place mentale du jeu devenue envahissante ;
- la poursuite du comportement alors que ses conséquences sont connues.
L'objectif n'est pas de transformer chaque passion en pathologie, mais de repérer une éventuelle perte durable de contrôle accompagnée d'un retentissement réel.
Pourquoi peut-il être difficile d'arrêter une session ?
Les jeux vidéo proposent souvent des objectifs successifs : terminer une partie, atteindre un niveau, progresser dans un classement, rejoindre des partenaires ou aller au bout d'une activité commencée.
Le contexte compte également. Pour certaines personnes, le jeu représente un loisir social important ; pour d'autres, il permet temporairement de s'éloigner de l'ennui, du stress ou de préoccupations difficiles.
Ces facteurs peuvent contribuer à prolonger une session sans qu'il soit nécessaire de réduire le phénomène à une explication simpliste sur la « dopamine » ou un « cerveau piraté ».
Comment reprendre de la marge lorsque le jeu prend trop de place ?
Lorsque la situation reste modérée, commencer par observer concrètement le comportement peut aider :
- mesurer pendant quelques jours le temps réellement consacré au jeu ;
- identifier les sessions qui débordent le plus souvent ;
- protéger en priorité le sommeil, les repas, les études ou le travail ;
- choisir une heure d'arrêt avant de commencer ;
- éviter de lancer une activité longue juste avant cette heure ;
- prévoir une transition après le jeu plutôt qu'un vide total ;
- maintenir d'autres loisirs et des relations hors jeu ;
- parler de la difficulté plutôt que de la cacher.
Une stratégie utile n'a pas besoin de ressembler à une interdiction punitive. Le but est de vérifier si des limites choisies peuvent réellement être tenues.
Quand demander de l'aide ?
Un avis professionnel devient particulièrement pertinent lorsque la personne n'arrive plus à modifier le comportement malgré plusieurs tentatives, ou lorsque le jeu altère nettement le sommeil, les relations, les études, le travail ou la santé psychologique.
Un médecin, un psychologue ou un professionnel formé en addictologie peut évaluer la situation dans son ensemble et rechercher d'éventuelles difficultés associées.
Le diagnostic de trouble du jeu vidéo ne repose pas sur un questionnaire en ligne ni sur le simple nombre d'heures affiché par une plateforme.
Comment Holia peut aider à s'orienter
Holia peut servir à explorer des professionnels et des ressources autour des comportements difficiles à contrôler, du stress, du sommeil ou d'autres besoins associés.
Pour une suspicion de trouble du jeu vidéo, l'orientation doit toutefois rester claire : l'évaluation clinique et la prise en charge relèvent de professionnels de santé ou de professionnels spécialisés, et non d'une méthode de bien-être présentée comme traitement équivalent.
Ce qu'il faut retenir
Le trouble du jeu vidéo existe bien dans la CIM-11, mais il concerne une minorité des personnes qui jouent.
Il repose surtout sur trois dimensions : perte de contrôle, priorité croissante donnée au jeu et poursuite malgré des conséquences, avec un retentissement significatif sur le fonctionnement quotidien.
Une pratique intensive n'est donc pas automatiquement pathologique. Lorsque la liberté de choisir diminue réellement et que la vie quotidienne se dégrade, une évaluation professionnelle devient pertinente.
Sources
- OMS - Trouble du jeu vidéo (ouvre un site externe)
- OMS - Clinical descriptions and diagnostic requirements for ICD-11 mental, behavioural and neurodevelopmental disorders (CDDR), 2024 (ouvre un site externe)
- OMS - Addictive behaviour / ICD-11 disorders due to addictive behaviours (ouvre un site externe)
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