Publié le Mis à jour le 12 min de lecture
Céphalées récurrentes
Maux de tête récurrents : migraine, céphalée de tension et autres causes ne se distinguent pas uniquement par l'intensité. Quels changements doivent conduire à consulter rapidement ?

Des maux de tête qui reviennent régulièrement peuvent correspondre à des situations très différentes.
Les plus fréquentes sont notamment :
- migraine ;
- céphalée de tension ;
- parfois une combinaison des deux.
Mais une céphalée peut aussi être secondaire à :
- infection ;
- médicament ;
- trouble visuel ;
- intoxication au monoxyde de carbone ;
- problème neurologique ;
- autre maladie.
Le mot céphalée signifie simplement :
douleur ressentie dans la région du crâne.
Ce n'est pas un diagnostic.
L'enjeu est donc moins de demander :
« pourquoi mon système nerveux devient-il hypersensible ? »
que de déterminer :
« quel type de céphalée ai-je, son profil a-t-il changé, et existe-t-il un signe d'alerte ? »
Qu'appelle-t-on des céphalées récurrentes ?
Ce sont des maux de tête qui reviennent à plusieurs reprises.
Ils peuvent apparaître :
- quelques fois par an ;
- chaque mois ;
- plusieurs fois par semaine ;
- presque quotidiennement.
Leur fréquence seule ne permet pas d'identifier leur cause.
Que faut-il noter pour comprendre ses maux de tête ?
Quelques informations sont particulièrement utiles :
Localisation
- un côté ;
- deux côtés ;
- derrière les yeux ;
- front ;
- tempes ;
- arrière du crâne.
Caractère
- pulsatile ;
- pression ;
- étau ;
- brûlure ;
- douleur explosive.
Durée
- quelques minutes ;
- quelques heures ;
- plusieurs jours.
Symptômes associés
- nausée ;
- vomissement ;
- photophobie ;
- phonophobie ;
- larmoiement ;
- nez qui coule ;
- fièvre ;
- trouble neurologique.
Contexte
- effort ;
- sommeil ;
- travail ;
- médicaments ;
- traumatisme ;
- période menstruelle ;
- environnement.
Cette description oriente beaucoup plus qu'une phrase comme :
« j'ai mal à la tête tout le temps ».
Quelles sont les principales céphalées dites primaires ?
Une céphalée primaire est une maladie dans laquelle le mal de tête constitue le problème principal.
Les grandes familles comprennent notamment :
- migraine ;
- céphalée de tension ;
- algies trigémino-autonomiques comme l'algie vasculaire de la face.
Comment reconnaître une migraine ?
La migraine est souvent :
- pulsatile ;
- modérée à sévère ;
- aggravée par les activités habituelles ;
- unilatérale, mais pas toujours.
Elle peut être accompagnée de :
- nausées ;
- vomissements ;
- sensibilité à la lumière ;
- sensibilité au bruit.
Certaines personnes ont une aura.
Voir : Migraines chroniques : comprendre les crises et leur prise en charge.
Qu'est-ce qu'une céphalée de tension ?
La céphalée de tension est souvent décrite comme :
- une pression ;
- un étau ;
- une douleur bilatérale.
Elle est généralement :
- légère à modérée ;
- non aggravée par une activité physique habituelle ;
- moins associée aux nausées que la migraine.
« Céphalée de tension » signifie-t-elle forcément muscles tendus ?
Non.
Le nom historique peut être trompeur.
Même si certaines personnes présentent une sensibilité des muscles de la tête ou du cou, la céphalée de tension n'est pas simplement :
« des cervicales contractées à cause du stress ».
C'est un type de céphalée primaire avec ses propres critères.
Peut-on avoir migraine et céphalée de tension ?
Oui.
Une même personne peut présenter plusieurs types de maux de tête.
Ameli recommande d'ailleurs, dans l'agenda des migraines, de noter aussi les céphalées non migraineuses.
Cela permet de ne pas compter automatiquement chaque journée douloureuse comme une migraine.
Qu'est-ce qu'une algie vasculaire de la face ?
L'algie vasculaire de la face est une céphalée primaire beaucoup plus rare.
Elle provoque généralement :
- douleur extrêmement intense ;
- unilatérale ;
- autour de l'œil ou de la tempe ;
- crises relativement courtes mais répétées.
Elle peut s'accompagner du même côté de :
- larmoiement ;
- œil rouge ;
- nez bouché ou qui coule ;
- chute de la paupière.
Elle nécessite un diagnostic médical car son traitement est spécifique.
Une douleur derrière les yeux signifie-t-elle migraine ?
Pas forcément.
Elle peut être ressentie dans :
- migraine ;
- algie vasculaire ;
- certaines affections oculaires ;
- sinusite ;
- autres causes.
Une douleur oculaire intense et brutale avec vision floue peut constituer une urgence.
Les sinus provoquent-ils souvent des maux de tête chroniques ?
Beaucoup de « céphalées des sinus » sont en réalité des migraines.
Une vraie sinusite aiguë s'accompagne généralement d'autres signes :
- obstruction nasale ;
- écoulement ;
- douleur faciale ;
- parfois fièvre.
Une douleur frontale isolée ne permet pas de conclure à une sinusite chronique.
Les yeux peuvent-ils provoquer des céphalées ?
Certains troubles visuels peuvent favoriser :
- fatigue visuelle ;
- gêne ;
- maux de tête.
Mais une céphalée récurrente n'est pas automatiquement due :
- aux écrans ;
- au besoin de nouvelles lunettes.
Un bilan ophtalmologique peut être utile lorsque le contexte l'indique.
Les écrans provoquent-ils des céphalées ?
Ils peuvent contribuer chez certaines personnes par :
- fatigue visuelle ;
- exposition lumineuse ;
- posture prolongée ;
- réduction des pauses ;
- déclenchement d'une migraine.
Mais l'écran n'est pas une cause unique de toutes les céphalées.
Une bonne stratégie peut comprendre :
- pauses ;
- réglage de luminosité ;
- correction visuelle adaptée ;
- variation des tâches.
Les tensions de nuque peuvent-elles provoquer des maux de tête ?
Oui, certains tableaux cervicales peuvent contribuer à des céphalées.
Mais la relation est complexe.
La migraine elle-même peut provoquer une raideur cervicale, parfois avant la douleur de tête.
Ainsi :
« j'ai mal à la nuque quand j'ai mal à la tête »
ne prouve pas que la nuque est la cause.
Voir : Tensions dans la nuque.
Le bruxisme peut-il provoquer des céphalées ?
Une activité excessive des muscles masticateurs peut être associée à :
- douleur des tempes ;
- douleur de mâchoire ;
- céphalées au réveil.
Mais tous les maux de tête matinaux ne viennent pas du bruxisme.
Voir : Bruxisme et douleurs chroniques.
Le stress provoque-t-il des céphalées ?
Il peut favoriser certaines crises ou augmenter leur retentissement.
Le stress peut modifier :
- sommeil ;
- tension ;
- alimentation ;
- consommation de caféine ;
- attention portée aux symptômes.
Mais il ne doit pas être utilisé pour expliquer automatiquement un mal de tête nouveau.
Une personne stressée peut également avoir une migraine, une infection ou une cause secondaire.
Le manque de sommeil peut-il provoquer un mal de tête ?
Oui, il peut être un facteur favorisant.
Un sommeil irrégulier peut notamment déclencher des migraines chez certaines personnes.
Mais une céphalée au réveil associée à :
- ronflements ;
- pauses respiratoires ;
- somnolence diurne
peut aussi conduire à rechercher un trouble respiratoire du sommeil.
La déshydratation est-elle une cause fréquente ?
Elle peut provoquer ou favoriser un mal de tête.
Mais une céphalée qui revient régulièrement malgré une hydratation normale ne doit pas être réduite à :
« vous ne buvez pas assez ».
Hydratez-vous normalement sans utiliser l'eau comme traitement universel.
La caféine peut-elle déclencher ou soulager ?
Les deux sont possibles.
La caféine peut :
- améliorer certains traitements ;
- déclencher un mal de tête chez certaines personnes ;
- provoquer une céphalée de sevrage après arrêt brutal.
Une consommation très irrégulière ou importante peut compliquer l'analyse.
L'agenda permet parfois d'identifier votre propre relation.
Qu'est-ce qu'une céphalée par surconsommation médicamenteuse ?
C'est une cause importante de céphalée fréquente chez une personne qui avait déjà un trouble céphalalgique.
L'ICHD-3 la définit par :
- céphalées au moins 15 jours par mois ;
- utilisation excessive régulière de traitements de crise ;
- pendant plus de trois mois.
Le seuil dépend du médicament.
Il est notamment souvent de :
- 10 jours par mois pour triptans, opioïdes ou associations ;
- 15 jours par mois pour certains antalgiques simples ou AINS.
Pourquoi le nombre de jours est-il plus important que le nombre de comprimés ?
Parce que le risque dépend surtout de la fréquence d'utilisation.
Prendre un comprimé :
- lundi ;
- mardi ;
- mercredi
compte comme trois jours de traitement.
L'agenda doit donc noter :
- le médicament ;
- le nombre de jours de prise.
Faut-il arrêter brutalement tous les traitements si l'on suspecte une surconsommation ?
Pas sans avis médical.
La stratégie dépend :
- du médicament ;
- du niveau de surconsommation ;
- de la migraine ou céphalée sous-jacente ;
- des traitements préventifs.
Le médecin peut organiser :
- réduction ;
- sevrage ;
- traitement de fond ;
- suivi.
Le but est d'éviter une spirale :
plus de céphalées → plus de médicaments → encore plus de céphalées.
Une céphalée fréquente signifie-t-elle qu'une tumeur cérébrale est probable ?
Non.
Les céphalées sont extrêmement fréquentes et les causes graves sont beaucoup plus rares.
Ameli indique que les maux de tête sont le plus souvent liés à :
- migraine ;
- céphalée de tension.
Mais certains profils nécessitent une évaluation urgente.
Quels changements doivent pousser à consulter dans les jours qui viennent ?
Ameli recommande de consulter lorsque :
- les céphalées s'aggravent progressivement sur plusieurs semaines ou mois ;
- elles deviennent différentes de votre profil habituel ;
- elles ne répondent plus au traitement habituel ;
- vous n'aviez jamais eu de céphalées auparavant et elles se répètent désormais.
Ce changement de profil est souvent plus important que la seule intensité.
Quand consulter dans la journée ?
Consultez dans la journée notamment si un mal de tête :
- est nouveau et intense ;
- s'accompagne de vomissements ;
- s'accompagne de douleurs musculaires ou fatigue importante ;
- s'accompagne de troubles de mémoire ;
- s'accompagne d'une baisse de vision ;
- survient dans un contexte inhabituel.
Quand appeler le 15 ou le 112 ?
Appelez sans attendre si le mal de tête :
- est soudain, violent, maximal dès le début ;
- s'accompagne de faiblesse ou paralysie ;
- s'accompagne de trouble de la parole ;
- s'accompagne de confusion ;
- s'accompagne d'une crise d'épilepsie ;
- suit un traumatisme crânien violent ;
- survient avec fièvre, vomissements et raideur de nuque ;
- s'accompagne brutalement de douleur oculaire intense et vision floue.
Ce sont des situations rares, mais elles doivent être connues.
Pourquoi le « coup de tonnerre » est-il particulier ?
Une céphalée en coup de tonnerre atteint une intensité maximale très rapidement.
Elle nécessite une évaluation urgente car elle peut notamment évoquer :
- hémorragie méningée ;
- autre problème vasculaire.
Même si la douleur diminue ensuite, elle ne doit pas être banalisée.
Le monoxyde de carbone peut-il provoquer des maux de tête récurrents ?
Oui.
C'est un diagnostic important à connaître car il peut toucher plusieurs personnes dans un même lieu.
Des symptômes peuvent inclure :
- céphalées ;
- vertiges ;
- fatigue ;
- nausées.
Ils peuvent apparaître davantage :
- dans un logement ;
- près d'un appareil à combustion défectueux ;
- puis s'améliorer en quittant les lieux.
Si plusieurs personnes présentent ces symptômes dans le même environnement, aérez, quittez les lieux et contactez les secours selon la situation.
Une hypertension artérielle provoque-t-elle souvent des maux de tête ?
Pas dans la plupart des hypertensions courantes.
Attribuer un mal de tête à :
« ma tension est un peu haute »
peut être trompeur.
Une hypertension très sévère avec atteinte d'organe peut en revanche s'accompagner de symptômes neurologiques ou autres et constitue une situation médicale.
Le traitement de l'hypertension ne doit pas être adapté seul selon la présence d'un mal de tête.
Comment le médecin pose-t-il le diagnostic ?
Ameli indique que, hors urgence, l'interrogatoire et l'examen clinique suffisent souvent.
Le médecin cherche notamment :
- profil de la douleur ;
- examen neurologique ;
- fréquence ;
- médicaments ;
- antécédents ;
- facteurs associés.
Il peut ensuite demander des examens si une cause secondaire est suspectée.
Faut-il systématiquement faire une IRM ?
Non.
Une migraine ou une céphalée de tension typique avec examen neurologique normal ne nécessite pas automatiquement une imagerie.
L'IRM ou le scanner sont demandés lorsque le contexte les justifie.
Pourquoi éviter l'imagerie de réassurance systématique ?
Parce qu'elle peut découvrir des anomalies sans lien avec la douleur et créer de nouvelles inquiétudes.
Un examen doit répondre à une vraie question clinique.
À quoi sert un agenda de céphalées ?
C'est l'un des outils les plus utiles.
Notez :
- jour avec céphalée ;
- durée ;
- caractère ;
- intensité ;
- symptômes associés ;
- traitement pris ;
- nombre de jours de médicaments ;
- menstruations si pertinent ;
- sommeil ;
- activité.
Après quelques semaines, l'agenda peut révéler :
- migraine probable ;
- céphalée fréquente ;
- surconsommation ;
- changement de profil.
Faut-il chercher tous ses déclencheurs ?
Non.
Une recherche excessive peut conduire à éliminer :
- aliments ;
- écrans ;
- sport ;
- sorties ;
- bruit
sans preuve qu'ils causent réellement les crises.
Cherchez surtout les facteurs qui se répètent clairement.
La vie ne doit pas devenir un protocole d'évitement permanent.
Quels traitements existe-t-il ?
Ils dépendent entièrement du diagnostic.
Migraine
Traitement de crise et parfois traitement de fond.
Céphalée de tension
Antalgique ponctuel selon les recommandations et prévention de la surconsommation.
Algie vasculaire de la face
Traitements spécifiques prescrits médicalement.
Cause secondaire
Traitement de la cause.
D'où l'intérêt d'identifier le type de céphalée avant d'empiler les solutions.
Le paracétamol ou l'ibuprofène peuvent-ils être pris souvent ?
Ils peuvent être utilisés dans certaines situations selon les contre-indications et recommandations.
Mais une prise trop fréquente peut contribuer à une céphalée par surconsommation médicamenteuse.
Si vous avez besoin d'un traitement plusieurs jours chaque semaine, parlez-en au médecin plutôt que d'augmenter simplement les prises.
La relaxation peut-elle aider ?
Elle peut être utile lorsque :
- stress ;
- tension ;
- anxiété
augmentent le retentissement.
Une sophrologue ou un sophrologue peut proposer des outils de relaxation.
Mais cela ne remplace jamais l'évaluation d'une céphalée :
- nouvelle ;
- progressive ;
- neurologique ;
- inhabituelle.
Quand un psychologue peut-il être utile ?
Les céphalées fréquentes peuvent provoquer :
- peur de la prochaine crise ;
- évitement ;
- anxiété ;
- retentissement professionnel ;
- humeur dépressive.
Un psychologue peut travailler ces dimensions.
La TCC peut notamment aider sur :
- stratégies d'adaptation ;
- anxiété ;
- hypervigilance.
Elle ne remplace pas le diagnostic neurologique.
Les massages ou l'ostéopathie peuvent-ils aider ?
Si vous avez également :
- gêne cervicale ;
- tension musculaire ;
une approche manuelle peut apporter un confort.
Vous pouvez consulter un masseur bien-être ou un ostéopathe comme complément lorsque le cadre est rassurant.
Mais un mal de tête ne doit pas être attribué automatiquement à :
- cervicale « bloquée » ;
- crâne « mal aligné » ;
- tension fasciale.
Comment distinguer céphalée récurrente et migraine chronique ?
Céphalées récurrentes
Terme descriptif très large :
« j'ai souvent mal à la tête ».
Migraine chronique
Diagnostic précis :
- au moins 15 jours de céphalée par mois ;
- plus de trois mois ;
- au moins 8 jours migraineux.
Cette différence permet d'éviter de transformer toute céphalée fréquente en migraine chronique.
Une grille pratique avant la consultation
Combien de jours par mois ?
Comptez les jours, pas seulement les crises.
Quel type de douleur ?
Pulsatile ? pression ? brutale ?
Quels symptômes accompagnent ?
Nausées ? lumière ? larmoiement ? fièvre ?
Quels médicaments prenez-vous ?
Et surtout : combien de jours par mois ?
Le profil a-t-il changé ?
C'est l'une des informations les plus importantes.
Comment utiliser Holia en complément ?
Le médecin reste prioritaire pour une céphalée nouvelle, fréquente ou atypique.
Une fois le diagnostic clarifié, Holia peut aider sur certaines dimensions complémentaires :
- psychologue pour anxiété et retentissement ;
- sophrologue pour relaxation ;
- ostéopathe pour une gêne cervicale associée, sans prétendre traiter la cause neurologique ;
- masseur bien-être pour un objectif de détente.
Vous pouvez aussi chercher un praticien près de chez vous.
Sources et références
- Assurance Maladie - Mal de tête : définition et causes (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Mal de tête : comment être soulagé et quand consulter ? (ouvre un site externe)
- Assurance Maladie - Céphalées : consultation médicale et traitement (ouvre un site externe)
- ICHD-3 - Medication-overuse headache (ouvre un site externe)
- ICHD-3 - Chronic migraine (ouvre un site externe)
Explorer ce sujet
La page dédiée à ce vécu sur Holia, et quelques guides proches pour prolonger la lecture.
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