Après 60 ans, la vie peut exposer à des pertes successives : arrêt du travail, décès de proches, changements de santé, douleurs, départ des enfants, transformation du couple, déménagement, perte de mobilité, sentiment d’être moins utile ou peur de devenir dépendant. Il est humain que ces changements provoquent parfois de la tristesse.
Cette tristesse mérite d’être accueillie avec respect. Elle n’est pas un manque de volonté. Elle n’est pas non plus une faiblesse. Elle peut être une réaction à ce qui change, à ce qui manque, à ce qui ne reviendra pas exactement comme avant.
Mais il faut rester vigilant : chez les seniors, la dépression peut être masquée par des plaintes physiques, une fatigue, des douleurs, un sommeil perturbé, une perte d’appétit, un repli ou une irritabilité. Le danger, c’est de tout expliquer par l’âge et de laisser une souffrance s’installer en silence. Le vieillissement n’est pas censé transformer l’âme en vieux radiateur triste qu’on accepte de ne plus réparer.