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Troubles de l'attention : qui consulter et dans quel ordre ?
Difficultés de concentration, oublis, suspicion de TDAH : médecin, psychologue ou autre professionnel n'ont pas le même rôle. Repères pour s'orienter sans confondre diagnostic et accompagnement.

Vous avez du mal à vous concentrer, oubliez des rendez-vous ou perdez régulièrement le fil d'une tâche. Vous vous demandez s'il faut prendre rendez-vous avec un médecin, un psychologue, un neuropsychologue… ou essayer directement une approche comme la sophrologie ou l'hypnose.
Le choix n'est pas anodin, car ces professionnels n'ont pas le même rôle.
Une difficulté d'attention peut être liée au sommeil, à l'anxiété, à une dépression, à une fatigue persistante, à des médicaments, à une surcharge ou à un trouble neurodéveloppemental comme le TDAH. Avant de chercher une méthode pour « mieux se concentrer », il faut donc parfois comprendre ce qui provoque la difficulté.
La règle la plus utile est simple : plus le problème est récent, important, inexpliqué ou associé à d'autres symptômes, plus le premier interlocuteur doit être capable d'évaluer la situation sur le plan médical.
Commencez par décrire la difficulté avant de choisir un professionnel
« Je manque de concentration » reste une description très large.
Essayez de préciser ce qui se passe réellement.
Est-ce surtout :
- une attention qui décroche ?
- des oublis ?
- une difficulté à commencer ?
- des tâches laissées inachevées ?
- une impression de cerveau brouillé ?
- une fatigue ?
- des ruminations ?
- une désorganisation ancienne ?
Ces profils ne conduisent pas nécessairement vers la même orientation.
La première question : est-ce récent ou ancien ?
C'est l'un des meilleurs critères d'orientation.
Difficulté récente
Si vous étiez auparavant plutôt stable et que la concentration s'est dégradée depuis :
- quelques jours ;
- quelques semaines ;
- quelques mois,
il faut rechercher ce qui a changé.
Cela peut concerner :
- sommeil ;
- stress ;
- humeur ;
- traitement ;
- problème médical ;
- surcharge ;
- consommation de substances.
Difficulté ancienne
Si les problèmes existaient déjà :
- à l'école ;
- à l'adolescence ;
- au début de la vie professionnelle,
et apparaissent dans plusieurs contextes, une évaluation d'un trouble attentionnel durable peut devenir pertinente.
Cette distinction ne pose pas de diagnostic. Elle aide simplement à choisir la première porte d'entrée.
Le médecin traitant : souvent le meilleur premier repère
Le médecin traitant est particulièrement utile lorsque :
- la difficulté est nouvelle ;
- elle s'aggrave ;
- elle est importante ;
- elle s'accompagne de fatigue ;
- le sommeil est très perturbé ;
- un médicament a récemment changé ;
- vous avez d'autres symptômes physiques ;
- vous ne savez pas quelle piste explorer.
Son rôle peut être de :
- reprendre l'histoire des symptômes ;
- rechercher des causes médicales ;
- examiner les traitements ;
- évaluer l'humeur et l'anxiété ;
- demander des examens si nécessaire ;
- orienter vers un spécialiste.
Pourquoi ne pas commencer directement par un test TDAH en ligne ?
Parce qu'un test de dépistage ne permet pas de distinguer correctement toutes les causes possibles.
Des difficultés proches peuvent être observées avec :
- manque de sommeil ;
- anxiété ;
- dépression ;
- épuisement ;
- consommation de substances ;
- certaines maladies.
Un questionnaire peut aider à structurer une discussion, mais pas remplacer l'évaluation.
Qui pose le diagnostic de TDAH chez l'adulte ?
En France, la filière de soins du TDAH adulte reste en cours de structuration.
La HAS indique que l'évaluation diagnostique est conduite par des médecins spécialistes du trouble, notamment en psychiatrie ou en neurologie selon les situations, en coordination avec le médecin de premier recours et d'autres professionnels.
Le diagnostic repose sur beaucoup plus que l'inattention actuelle.
Il examine notamment :
- symptômes actuels ;
- histoire depuis l'enfance ;
- plusieurs contextes de vie ;
- retentissement ;
- diagnostics alternatifs ;
- troubles associés.
Le médecin généraliste a-t-il un rôle ?
Oui.
La HAS prévoit justement un rôle du médecin de premier recours pour :
- repérer ;
- conduire une première évaluation ;
- orienter ;
- participer au suivi.
Vous n'avez donc pas nécessairement besoin de savoir seul quel spécialiste choisir avant même le premier rendez-vous.
Quel rôle pour le psychiatre ?
Le psychiatre est un médecin spécialiste.
Il peut :
- réaliser une évaluation psychiatrique ;
- rechercher des troubles anxieux, dépressifs ou autres diagnostics associés ;
- participer au diagnostic d'un TDAH lorsqu'il possède la compétence nécessaire ;
- discuter un traitement médical lorsqu'il est indiqué ;
- coordonner une prise en charge.
Il peut être particulièrement pertinent lorsque les difficultés attentionnelles s'accompagnent :
- d'anxiété importante ;
- d'une dépression ;
- d'impulsivité ;
- de troubles de l'humeur ;
- d'autres difficultés psychiatriques.
Quel rôle pour le neurologue ?
Certains neurologues sont formés au diagnostic et à la prise en charge du TDAH chez l'adulte.
Une orientation neurologique peut également être pertinente lorsque le médecin souhaite explorer un contexte neurologique plus large.
Mais tous les neurologues ne sont pas spécialisés dans le TDAH.
La spécialité médicale ne suffit donc pas : il faut aussi regarder l'expérience du professionnel sur le trouble recherché.
Quel rôle pour le psychologue ?
Un psychologue peut intervenir à plusieurs niveaux.
Explorer les mécanismes qui perturbent l'attention
Lorsque la difficulté est liée à :
- anxiété ;
- ruminations ;
- perfectionnisme ;
- stress ;
- évitement ;
- épuisement émotionnel,
la psychothérapie peut agir sur les facteurs qui entretiennent le problème.
Accompagner un TDAH déjà diagnostiqué ou suspecté
Un psychologue formé peut travailler notamment sur :
- organisation ;
- procrastination ;
- régulation émotionnelle ;
- estime de soi ;
- stratégies comportementales ;
- psychoéducation.
Les approches cognitivo-comportementales font partie des interventions non médicamenteuses utilisées dans la prise en charge globale du TDAH adulte.
Le psychologue prescrit-il des médicaments ?
Non.
Il n'est pas médecin.
Si une question médicamenteuse se pose, elle doit passer par le parcours médical approprié.
Neuropsychologue : quelle place ?
Le neuropsychologue est généralement un psychologue spécialisé dans l'évaluation du fonctionnement cognitif.
Il peut proposer des bilans explorant notamment :
- attention ;
- mémoire ;
- fonctions exécutives ;
- vitesse de traitement.
Ce type d'évaluation peut apporter des informations intéressantes dans certaines situations.
Un bilan neuropsychologique suffit-il à diagnostiquer un TDAH ?
Il ne faut pas réduire le diagnostic à des tests cognitifs.
Le TDAH est évalué à partir :
- de l'histoire développementale ;
- des symptômes ;
- du retentissement ;
- des différents contextes ;
- des diagnostics différentiels.
Une personne peut réussir certains tests tout en présentant des difficultés importantes dans la vie quotidienne, ou obtenir de mauvaises performances pour d'autres raisons.
Le bilan neuropsychologique est donc un élément possible de l'évaluation, pas un test biologique du TDAH.
Et l'orthophoniste ?
L'orthophoniste intervient lorsqu'il existe certaines difficultés relevant de son champ, par exemple autour :
- du langage ;
- de la lecture ;
- de l'écriture ;
- de certains apprentissages.
Si les problèmes attentionnels apparaissent surtout pendant la lecture ou les études, il peut être important de vérifier qu'un trouble des apprentissages n'est pas également présent.
L'orientation dépend alors du contexte clinique.
Quel rôle pour l'ergothérapeute ?
L'ergothérapeute travaille sur le fonctionnement dans les activités quotidiennes et l'adaptation de l'environnement.
Dans certaines prises en charge, il peut aider à :
- structurer des tâches ;
- adapter l'espace ;
- développer des stratégies concrètes ;
- réduire les obstacles dans la vie quotidienne.
Sa place dépend du besoin identifié et de l'organisation du parcours de soins.
Lorsque le sommeil semble être le problème principal
Si vous dormez mal depuis plusieurs semaines et que la concentration s'est dégradée ensuite, le sommeil mérite d'être pris au sérieux.
Commencez par :
- décrire les nuits ;
- observer la somnolence ;
- rechercher ronflement, réveils ou insomnie ;
- en parler à un médecin si cela persiste.
Une stratégie de concentration ne remplace pas la prise en charge d'un trouble du sommeil.
Voir aussi : Attention et sommeil : pourquoi une mauvaise nuit change tout ?.
Lorsque le stress ou l'anxiété prennent beaucoup de place
Si votre attention décroche surtout parce que votre cerveau reste occupé par :
- inquiétudes ;
- ruminations ;
- vigilance ;
- peur de l'erreur,
un psychologue peut être particulièrement adapté.
Le problème principal n'est alors pas forcément l'attention elle-même.
Il peut s'agir d'une attention captée par l'anxiété.
L'article Pourquoi le stress réduit-il la capacité de concentration ? détaille ce mécanisme.
Lorsque la fatigue et l'épuisement dominent
Une fatigue persistante peut avoir de nombreuses causes.
Avant de conclure à un trouble attentionnel, il faut parfois regarder :
- sommeil ;
- charge de travail ;
- santé physique ;
- humeur ;
- médicaments ;
- récupération.
Le médecin traitant constitue alors une bonne première porte d'entrée.
Si le contexte est professionnel, la médecine du travail peut également devenir importante.
Sophrologue : quelle place réelle ?
Un sophrologue peut proposer des exercices autour :
- de la respiration ;
- du relâchement ;
- de la gestion du stress ;
- de la préparation à certaines situations.
Cela peut avoir un intérêt complémentaire si votre objectif est :
- créer une pause ;
- diminuer la tension ;
- préparer un examen ;
- structurer une routine de retour au calme.
Mais la sophrologie ne diagnostique ni ne traite médicalement un TDAH.
Elle ne doit pas remplacer l'évaluation lorsqu'un trouble est suspecté.
Hypnothérapeute : quelle place ?
Un hypnothérapeute peut être recherché lorsque stress, ruminations ou habitudes prennent beaucoup de place.
L'hypnose peut éventuellement être utilisée comme outil complémentaire de détente ou de focalisation.
Mais elle n'est pas une méthode diagnostique du TDAH et ne remplace pas une prise en charge médicale ou psychologique nécessaire.
Et le coaching ?
Le coaching peut être intéressant lorsque la difficulté porte surtout sur :
- organisation ;
- priorités ;
- routines ;
- gestion de projet ;
- méthodes de travail.
Il peut être particulièrement utile pour transformer un objectif flou :
« Je dois être plus organisé »
en comportements observables :
- calendrier ;
- système de tâches ;
- plages de concentration ;
- routines.
La limite
Un coach n'est pas le professionnel chargé d'évaluer :
- TDAH ;
- dépression ;
- trouble anxieux ;
- maladie neurologique.
S'il existe une souffrance clinique ou un doute diagnostique, le parcours de santé doit rester prioritaire.
Faut-il consulter plusieurs professionnels ?
Parfois, oui.
Une prise en charge peut associer :
- médecin traitant ;
- spécialiste du TDAH ;
- psychologue ;
- éventuellement autre professionnel selon les besoins.
La HAS décrit justement la prise en charge du TDAH adulte comme multimodale et multidisciplinaire.
Le problème n'est donc pas d'avoir plusieurs interlocuteurs.
Il est de comprendre qui fait quoi.
Comment éviter de multiplier les rendez-vous au hasard ?
Avant chaque prise de rendez-vous, posez une question :
« Qu'est-ce que j'attends précisément de ce professionnel ? »
Par exemple :
Médecin
« Je veux comprendre pourquoi ma concentration s'est dégradée récemment. »
Psychiatre ou neurologue formé
« Je veux explorer la possibilité d'un TDAH adulte. »
Psychologue
« Je veux travailler mon anxiété, ma procrastination et mon fonctionnement quotidien. »
Sophrologue
« Je cherche une pratique complémentaire de relaxation et de gestion du stress. »
Cette clarification évite de demander au mauvais professionnel quelque chose qui n'appartient pas à son champ.
Quels documents préparer pour une suspicion de TDAH ?
Sans transformer le rendez-vous en enquête exhaustive, vous pouvez préparer :
- exemples actuels précis ;
- difficultés scolaires anciennes ;
- bulletins ou commentaires lorsqu'ils existent ;
- retentissement professionnel ;
- difficultés familiales ou organisationnelles ;
- traitements ;
- sommeil ;
- antécédents ;
- questionnaires déjà remplis, en précisant qu'ils ne sont pas diagnostiques.
Si un proche connaît bien votre fonctionnement depuis longtemps, son témoignage peut parfois être utile dans l'anamnèse.
Quand consulter rapidement ?
Une baisse de concentration doit être évaluée rapidement lorsqu'elle :
- apparaît brutalement ;
- s'accompagne de confusion ;
- survient avec un trouble neurologique nouveau ;
- est associée à une forte dégradation de l'état général ;
- accompagne une souffrance psychique aiguë.
Dans ces situations, ne cherchez pas d'abord un praticien de bien-être.
Tableau d'orientation simple
| Situation dominante | Première orientation à envisager |
|---|---|
| Concentration récemment dégradée ou cause inconnue | Médecin traitant |
| Suspicion de TDAH adulte | Médecin traitant puis médecin spécialiste du trouble |
| Anxiété, ruminations, procrastination | Psychologue |
| Besoin d'un bilan cognitif dans un parcours d'évaluation | Neuropsychologue selon indication |
| Difficultés d'apprentissage ou langage associées | Professionnel adapté, notamment orthophoniste selon contexte |
| Organisation professionnelle sans trouble clinique au premier plan | Coach |
| Gestion du stress complémentaire | Sophrologue ou autre pratique de bien-être |
| Recherche d'une approche complémentaire par hypnose | Hypnothérapeute, sans remplacer le parcours de soins |
Ce tableau est un outil d'orientation, pas une prescription ni un diagnostic.
Quelle première étape choisir si vous hésitez encore ?
Si vous ne savez vraiment pas vers qui vous tourner, choisissez le médecin traitant.
Il est particulièrement adapté pour faire un premier tri entre :
- cause médicale ;
- trouble du sommeil ;
- souffrance psychique ;
- effet médicamenteux ;
- suspicion de trouble neurodéveloppemental.
Ensuite seulement, l'orientation devient plus précise.
Sources et références
- Haute Autorité de santé - Trouble du neurodéveloppement / TDAH : repérage, diagnostic et prise en charge des adultes - Note de cadrage (ouvre un site externe) (consulté le 2026-09-01)
- Inserm - Minute d'attention : c'est quoi le TDAH ? (ouvre un site externe) (consulté le 2026-09-01)
- Assurance Maladie - Comprendre les troubles anxieux de l'adulte (ouvre un site externe) (consulté le 2026-09-01)
- Assurance Maladie - Quand consulter en cas de troubles de la mémoire ? (ouvre un site externe) (consulté le 2026-09-01)
- Haute Autorité de santé - MEDIKINET (méthylphénidate), TDAH chez l'adulte : place dans la stratégie thérapeutique (ouvre un site externe) (consulté le 2026-09-01)
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